Nader Abbassi est le directeur artistique
et chef de l’orchestre de l’Opéra du Caire. Ses compositions
jonglent entre le classique et le moderne, d'où leur charme.
C'est la raison pour laquelle Renée Auphan, directrice de
l’Opéra de Marseille, l’a sélectionné pour accompagner l'orchestre
philharmonique de ce dernier, le 18 mai. C’était une occasion
exceptionnelle pour Abbassi : « L’Opéra de Marseille
est un opéra célèbre. Il est aussi beaucoup plus admiré que
l’Opéra Garnier ».
Sûr de ses capacités de chef d’orchestre
et de compositeur, Abbassi a accepté sans hésiter cette invitation.
Il a magistralement dirigé L’Amour sorcier de Manuel
De Falla, création pour orchestre philharmonique, et Sifonia
Flamenca, sous la conduite de Mark Foster, œuvre composée
par Juan Carmona pour orchestre classique et ensemble flamenco.
Juan Carmona est l’un des guitaristes les plus créatifs de
la nouvelle génération flamenco. « Cette création,
pour orchestre philharmonique, est une création originale
de flamenco traditionnel, pour guitares avec orchestre symphonique
moderne. Cette création composée de quatre mouvements avait
besoin d’une étude approfondie, puisque c’était la première
fois qu'elle était jouée ». Abbassi ajoute :
« Son originalité réside dans le fait qu’elle est
une combinaison de deux guitares, deux percussions, avec une
chanteuse et deux danseurs de flamenco. Le tout est accompagné
par l’orchestre philharmonique de l’Opéra de Marseille. C’est
un mélange de classique et de moderne ».
Quant à L’Amour sorcier de Manuel
De Falla, cette musique espagnole traditionnelle est connue
et appréciée du public français. Ce ballet de De Falla raconte
l'histoire de Candelas, une gitane tourmentée par le spectre
d'un ancien amant. Falla s'inspire ici d'un chant de forge
gitan, imitant avec réalisme le son des tambourins, pots et
casseroles frappés. Ici, l'élément espagnol atteint le summum
de l'universalité. Abbassi se demandait pourquoi avoir choisi
un chef d'orchestre égyptien pour un concert aux rythmes espagnols.
Mais le fait est qu'Egyptiens et Espagnols ont un goût, un
rythme et une harmonie semblables, qui portent un même cachet
oriental.
Que le concert soit réussi et qu’il réussisse
à remporter l'estime d'un public amateur de musique classique,
c’est ce qui importe en fin de compte pour Abbassi qui doit
à sa facilité d’improvisation et sa sensibilité aux rythmes
les plus divers, dont ceux de la musique arabo-andalouse,
sa position d’accompagnateur et sa réputation d’excellent
interprète.
Maestro dynamique, Abbassi se préparera dès son retour de
Marseille à la nouvelle saison avec l’orchestre de l’Opéra
du Caire. Fin mai, à la Grande salle de l’Opéra du Caire,
il accompagnera le pianiste Omar Khaïrat dans The Best
of the Season. En juillet, il accompagnera l’orchestre
dans une tournée à Oman, avec la troupe de danse moderne de
Walid Aouni. Il achèvera ses tournées en octobre puis dirigera
l’orchestre lors de six concerts au Mexique et quatre autres
en Allemagne. Un programme chargé.