La
nouvelle Cour des sports a donné, le 7 mai dernier, sa toute
première décision en réglant le litige en Masri à Ahli.
Elle a ainsi mis un terme à la polémique qui a duré depuis plusieurs
semaines.
Tout
a commencé après que la fédération égyptienne eut décidé d'obliger
Masri à jouer contre Ahli à huis clos en raison
de la violence de ses supporters lors du match face à Baladiyet
Al-Mahalla, en 17e journée du championnat, il y a un mois.
Ce match, qui devait initialement avoir lieu le mardi 6 avril
à l'occasion de la 18e journée du Championnat national, a en
effet été reporté à plusieurs reprises en raison des différends
entre la Fédération Egyptienne de Football (FEF) et Masri.
L'affaire a pris de l'ampleur après que Masri eut, en
signe de protestation, porté le différend devant les juridictions
nationales et l'Assemblée du peuple.
Cette
crise a marqué d'une manière flagrante l'absence d'un système
de règlement des conflits dans le domaine sportif. Ce qui a
poussé la FEF à créer la Cour des sports pour qu'elle tranche
l'affaire. Celle-ci a finalement décidé que la rencontre se
déroulerait le 11 mai (résultats non communiqués) dans le Stade
de Port-Saïd, c'est-à-dire chez Masri, avec public, mais
tout en lui infligeant une amende de 50 000 L.E.
Cette
importante décision marque l'entrée en vigueur de la Cour des
sports en Egypte, instance dont la création était fortement
demandée par les directives de la Fédération Internationale
de Football (FIFA). Auparavant, clubs et joueurs recouraient
à la FEF, qui était souvent juge et partie, et parfois même
au système judiciaire national qui tranchait sans tenir compte
de la particularité des règles sportives. Mais avec la naissance
de cette instance indépendante, tous les litiges relatifs au
football seront de la compétence exclusive de la Cour des sports,
et tout club enfreignant cette règle sera exposé à de lourdes
sanctions, telle la relégation en division inférieure.
La
composition de la cour comprend un magistrat, Ahmad Al-Zeind,
qui en est aussi le président, et des experts sportifs :
Abdel-Aziz Al-Chafi (vice-président), Kamal Ali et Chérif Khachaba
(membres). Cette cour est également compétente pour formuler
des recommandations sur la gestion du football égyptien. Ses
membres examinent d'ailleurs actuellement ses statuts avant
d'établir de nouvelles règles du jeu qui seront probablement
appliquées lors de la prochaine saison. « La création
de cette cour est un premier pas vers la mise en place d'une
organisation efficace du football en Egypte », a déclaré
Essam Abdel-Moneim, le président de la FEF. « Désormais
nous possédons une instance compétente et appropriée aux conflits
de la discipline, ce qui lui permettra de trancher les litiges
en ayant une parfaite connaissance des causes et circonstances »,
ajoute-t-il.
La
présence de cette cour s'est révélée indispensable à toutes
les grandes nations du football dans le monde et sa composition
mixte lui apporte légitimité et crédibilité. Sa création en
Egypte est une avancée remarquable, mais beaucoup de travail
reste à faire avant que le pays ne soit doté d'une organisation
moderne de la discipline.
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