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Coupe du monde 2010 . Les rapports techniques des comités d'inspection de la FIFA favorisent l'Afrique du Sud pour l’organisation de l'événement. Mais l'Egypte et le Maroc ont encore de bons arguments à faire valoir avant le vote du 15 mai.
Derniers instants pour convaincre
La Fédération International de Football (FIFA) a publié le 4 mai, sur son site officiel, les rapports du comité d'inspection qui s'est rendu dans les 5 pays candidats à l’organisation de la Coupe du monde 2010. Ils placent l'Afrique du Sud en première position, suivie par l'Egypte, qui devance à la surprise générale le Maroc, pourtant perçu comme le plus grand rival des Sud-Africains. Le comité d'inspection, présidé par le Belge Jan Peeters, constate que « l'Afrique du Sud a le potentiel d'organiser une excellente Coupe du monde ». Et malgré les réserves émises sur les questions sécuritaires, le rapport affirme que les Sud-Africains sauront remédier à cette lacune en temps voulu. L'Egypte et le Maroc sont capables d'organiser « une très bonne Coupe du monde ». Quant à la Tunisie, elle a le potentiel d'organiser une « bonne Coupe du monde », alors que la Libye « rencontrerait de très grandes difficultés » si elle accueillait l'événement. En clair, ces deux derniers pays apparaissent comme exclus de la course, d'autant plus que la FIFA a refusé l'idée d'une organisation conjointe présentée par la Tunisie et la Libye. « Les dépenses et préparations sont doubles, alors que le revenu est le même. Il y a au moins trois pays dans le continent qui sont capables d'organiser seuls la Coupe du monde, je ne vois donc aucune raison de faire une organisation conjointe », a déclaré Sepp Blatter, le président de la FIFA.
Le comité d'inspection a constaté dans son rapport que l'Afrique du Sud est le pays le plus à même d’accueillir le Mondial. Selon le document, les infrastructures sont prêtes, le public est passionné, le financement est bon et le soutien du gouvernement est important. L'Egypte et le Maroc manquent quant à eux d’infrastructures, ce qui est très pénalisant pour les membres du comité. En effet, le rapport détaillé, composé de 94 pages, mentionne que l'Egypte ne possède pas à ce jour de stades pour accueillir la Coupe du monde et que beaucoup de travail est encore nécessaire pour une telle ambition. Quant au Maroc, les inspecteurs ont exprimé leur inquiétude au sujet des trois stades qui leur ont été présentés en février 2000, alors que le pays était candidat pour la Coupe du monde 2006, et qui n'ont toujours pas été achevés. Et cela ajouté au fait que « la population a exprimé son enthousiasme avec modestie ». Face à ces observations, le responsable du dossier marocain, Saad Kettani, a vivement réagi. « Ce rapport comporte beaucoup de contradictions et ne reflète pas la réalité des choses. Je doute même que le but est de nous démoraliser et de troubler nos supporters. Mais cela ne fonctionnera pas », dit-il.
La réaction égyptienne a été plus calme. « Les inspecteurs ont sous-estimé nos capacités, mais il nous reste encore une chance de donner une bonne image de notre pays aux membres du comité exécutif de la FIFA », a déclaré Hicham Azmi, le responsable du dossier égyptien. L'Egypte a fait parvenir un commentaire sur le rapport de la FIFA comprenant la modification de certaines informations. Le rapport déclare en effet que l'Egypte va se doter d'un métro, alors qu'il est en service depuis 1987, mais qu'une nouvelle ligne est actuellement en construction. C'est justement sur ces précisions que l'Egypte compte insister lors de la présentation finale de son dossier, le 14 mai à Zurich. Elle compte également préciser qu'elle est le seul pays d'Afrique à posséder deux satellites, ce qui prouve ses importantes capacités de communication.
Un autre élément, celui de la sécurité, sera décisif pour l'obtention de l'organisation de la Coupe du monde 2010. « Les délégués de la FIFA sont parfaitement conscients des risques engendrés par l'organisation d’une Coupe du monde. Ces pays vont faire leur maximum pour protéger leurs visiteurs », a déclaré Mohamad bin Hammam, vice-président de la FIFA et président de la Fédération asiatique. Une Coupe du monde est susceptible de constituer une cible pour les terroristes et la FIFA ne peut se risquer à organiser le plus important événement footballistique dans un pays à hauts risques. C'est justement là le point fort de l'Egypte, considéré comme le « paradis de la sécurité » dans une région très perturbée. Le Maroc est aussi un pays « sûr », selon le rapport des inspecteurs, même s'il est actuellement pointé du doigt en raison de certains de ses ressortissants impliqués dans les attentats terroristes de Madrid, le 11 mars dernier.
De son côté, Blatter a déclaré que rien n'est encore gagné et que les rapports techniques n'obligent pas les 24 électeurs. « Il s'agit d'une élection, et dans une élection les décisions sont prises en grande partie avec le cœur, ou l'esprit, et pas toujours en fonction des documents présentés par un groupe », a déclaré le président de la FIFA. Des déclarations qui invitent donc les candidats à redoubler d'efforts pour faire pencher la balance en leur faveur. On se rappelle encore des élections pour l’organisation du Mondial 2006, où l'Afrique du Sud était le grand favori avant d'être battue par l'Allemagne. L'histoire pourrait bien se répéter.
Karim Farouk
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En Bref
Egypte
Boutros Boutros-Ghali, qui devait présider la délégation égyptienne lors de la présentation finale du dossier de candidature pour l'organisation du Mondial 2010, prévue le 14 mai à Zurich (Suisse), s'est excusé dimanche de ne pouvoir remplir sa mission. L’ex-secrétaire général de l'Onu a invoqué des motifs d'ordre personnel.

Tunisie
Un dialogue de sourds s'est instauré, le week-end dernier, entre la Fédération Internationale de Football (FIFA) et la Tunisie, candidate pour coorganiser le Mondial 2010 avec la Libye. Tandis que la Tunisie a affirmé samedi qu'elle ne retirerait pas son dossier malgré le rejet d'une coorganisation par la FIFA, le patron du football mondial, Joseph Blatter, a déclaré dimanche qu'elle avait menacé de retirer sa candidature si son projet de coorganisation était refusé.

Maroc
Les journées sont plus longues au Maroc qu'en Afrique du Sud en juin-juillet, a affirmé samedi une association marocaine de météorologie, en appui à la candidature marocaine pour l'organisation du Mondial 2010 de football, qui devrait se dérouler à cette période de l'année. A Rabat, le jour atteint 14 heures et demie le 21 juin, au solstice d'été boréal, alors qu'il n'est que de 10 heures et demie à Pretoria à cette date du solstice d'hiver austral. Selon l'association, la longueur du jour dans le royaume donne une dynamique et une diversité aux différentes activités sociales, culturelles et touristiques.

Afrique du Sud
Danny Jordaan, responsable de la candidature sud-africaine à l'organisation du Mondial 2010, s'est réjoui mercredi des conclusions du rapport technique de la Fédération Internationale de Football (FIFA) tout en soulignant que son pays avait « encore du travail à faire ». « L'Afrique du Sud a le potentiel pour organiser une excellente Coupe du monde », selon le rapport rendu public le 4 mai du groupe d'inspection des cinq candidats à l'organisation du Mondial 2010.
 

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