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Proche-Orient .
Après le rejet par le Likoud de son plan de désengagement,
Sharon a reporté une visite à Washington prévue pour la
mi-mai afin de peaufiner une nouvelle initiative, proche
de la précédente. Mais pour les Palestiniens, les nouveautés
risquent d'être insignifiantes. |
D'une
manœuvre à l'autre |
| Gaza,
De
notre correspondant — |
| Les
manchettes de la presse israélienne ont été sensationnelles :
Le Likoud s'est désengagé de Sharon ... L'impasse
de Sharon ... Sharon après la déroute : nous
prendrons des résolutions décisives et difficiles.
Quant aux
journaux palestiniens, leurs titres n'étaient pas moins
évocateurs : Sharon lutte pour sa survie après une
défaite cinglante ... Après sa déroute où va Sharon ...
Sharon et l'impasse.
Le dimanche
3 mai, 59 % des membres du Likoud ont rejeté le plan
de désengagement proposé par le premier ministre, contre
39 % pour, avec la participation de plus de 99 000
personnes représentant 51 % des 193 000 adhérents
à ce parti de droite.
La question
qui se pose est de savoir s'il s'agit vraiment d'une défaite
cinglante infligée à Sharon par son parti. Y a-t-il en
Israël une personne ou un clan plus à droite, plus rigide
et pus obstiné dans son refus et dénégation des droits
nationaux du peuple palestinien et son droit à un Etat
indépendant et viable que Sharon ? Ce dernier n'est-il
pas connu parmi les Israéliens comme le père légitime
de la colonisation dans les territoires palestiniens ?
Selon Talab
Al-Saneh, député arabe à la Knesset, « Sharon
croyait en proposant son plan de désengagement pouvoir
contourner le bloc du Likoud à la Knesset opposé au plan ».
Mais les résultats ont prouvé que le Likoud est un parti
extrémiste de droite sans le moindre programme politique
de paix avec les Palestiniens. « Sharon tente
de proposer un plan de rechange pour rester maître de
la situation », affirme le député. Car
le premier ministre israélien compte mettre au point un
nouveau plan de séparation d'avec les Palestiniens d'ici
trois semaines. Sharon l'a annoncé lors de la réunion
hebdomadaire du Conseil des ministres, tout en soulignant
que le gouvernement devra ensuite se prononcer par vote.
Depuis son échec, le chef du gouvernement israélien a
entamé des consultations avec les ministres du Likoud
et d'autres membres de la majorité pour tenter de sortir
de l'impasse, alors que le président américain George
W. Bush a réitéré son appui sans réserve pour ce plan,
dont la démarche est soutenue par l'Union européenne,
la Russie et l'Onu. En attendant de mettre la dernière
main à la nouvelle mouture, M. Sharon a préféré annoncer
dimanche l'annulation de sa visite aux Etats-Unis prévue
la semaine prochaine, au cours de laquelle il devait,
selon les médias, s'entretenir avec le président Bush.
Selon les commentateurs, M. Sharon a annulé cette rencontre
pour ne pas arriver les mains vides devant le président
américain. |
Réaction de l'opposition
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« Ce
moment est donc opportun à une action politique arabe
et internationale », affirme Al-Saneh. D'autre
part, les partis d'opposition israéliens sont entrés en
action après avoir constaté l'irresponsabilité du Likoud
et sa non-représentativité dans l'opinion israélienne.
Celle-ci appuie en effet le plan de Sharon que rejette
le Likoud. D'où toutes sortes de spéculations et d'alliances.
Depuis son échec, Sharon a entamé des consultations avec
les ministres du Likoud et d'autres membres de la majorité
pour tenter de sortir de l'impasse. Mais il ne dispose
pas d'une majorité au gouvernement pour faire adopter
son nouveau plan. Le ministre de la Justice, Yossef Lapid,
chef du parti centriste laïc Shinouï (15 députés sur 120),
a réaffirmé dimanche que sa formation ne resterait pas
dans la coalition si « le plan de séparation était
gelé ». Les « durs » du Likoud,
de leur côté, ont annoncé qu'ils ne permettraient pas
au premier ministre de passer outre le vote des membres
de son parti. « Le premier ministre va présenter
un plan avec quelques modifications mineures en espérant
que le gouvernement actuel l'adoptera, sinon il n'hésitera
pas à changer de majorité », a indiqué un proche
de Sharon, qui a requis l'anonymat. Ce responsable faisait
ainsi allusion à la possibilité de former un gouvernement
avec l'opposition travailliste. Mais un éventuel vote
au cabinet s'annoncerait serré. Sur les 23 ministres,
12 au plus devraient soutenir le plan, contre neuf à 11
qui devraient s'y opposer. Il reste que les partis d'oppositions
et les travaillistes en particulier sous la direction
de Shimon Pérès, qui souhaitent intégrer le gouvernement,
n'ont pas de solution de rechange. Dans les milieux politiques
israéliens, toutes les formules sont bonnes, que ce soit
un mini désengagement ou un désengagement réduit convenant
au Likoud. Selon ce dernier, le nombre de colonies évacuées
tombera à 17, contre 20 dans le plan initial. Quant au
nombre de points de peuplement en Cisjordanie d'où Israël
doit se retirer, ils se réduiront à 2 ou 3. Rien de bien
neuf donc.
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Rejet palestinien
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Lorsqu'Ariel
Sharon a proposé au président George W. Bush le 14 avril
dernier le plan de retrait unilatéral, la partie palestinienne
s'y est opposée énergiquement. Ceci parce que le désengagement
qui a eu la bénédiction de Washington allait maintenir
l'occupation par Israël de la Cisjordanie. Il prévoyait
d'annexer les grands blocs de colonies de la Cisjordanie
à l'Etat hébreu, l'évacuation de 4 colonies dans le nord,
à savoir les petites colonies dites informelles, celles
de Ghoneim, Kedim, Homache et Sanour, l'évacuation de
20 colonies à Gaza (c'est-à-dire toutes les colonies)
contre le maintien du contrôle total par Israël des frontières
terrestres et des espaces aérien et maritime de Gaza.
Le peuple
palestinien, lui, a perdu ses illusions. En face du Conseil
législatif palestinien (Parlement) se dresse le monument
au soldat inconnu, situé sur la rue Omar Al-Mokhtar que
sillonnent les gens modestes. Les jeunes y prennent l'air
après la prière de l'après-midi. La discussion va bon
train sur les événements en Israël, liés au retrait de
Gaza. Un
jeune, Bassel Nassar, raconte une histoire populaire qui,
selon lui, s'applique tout à fait à la situation actuelle
et surtout au plan de désengagement, même modifié, qu'entend
appliquer le premier ministre Ariel Sharon. C'est l'histoire
d'un Israélien qui va se plaindre au rabbin du fait qu'il
vit dans une chambre exiguë avec sa femme et ses trois
enfants. Le rabbin lui dit d'y ajouter un âne et de revenir
le voir deux semaines après. Le moment venu, l'Israélien
fait valoir que la vie est devenue de plus en plus difficile
et qu'il ne peut guère rester dans les lieux. Comme réponse,
le rabbin lui dit d'ajouter une chèvre dans son logement.
Deux semaines après, même manège, la famille vit beaucoup
plus à l'étroit. Une vache vient ensuite leur tenir compagnie ...
et ainsi de suite. L'existence devenue impossible, le
rabbin conseille de faire sortir l'âne et un peu plus
de confort est alors obtenu. C'est ensuite au tour de
la chèvre d'être renvoyée, puis celui de la vache. Et
le plaignant de dire que, débarrassé de ses animaux, il
se sent tout à fait reposé. Cette histoire drôle résume
pour ces Palestiniens les initiatives que propose Israël
pour résoudre le conflit. Il ne présente effectivement
rien de nouveau et fait tout son possible pour placer
les Palestiniens dans des conditions de vie très difficiles,
voire insupportables. Une fois les Palestiniens arrivés
au seuil de l'explosion, un nouveau plan est dévoilé avec
comme intention apparente de régler la situation, mais
dont l'objectif essentiel est le retour à la case départ.
C'est-à-dire le retour à l'occupation comme principe. |
Mohamed
Moustapha |
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