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La publication
la semaine dernière par des journaux américains d'images troublantes
de torture pratiquée par l'armée américaine en Iraq continue
à provoquer de vives réactions en Egypte. Tandis que le président
américain George W. Bush, exprimait ses « vives regrets »
vis-à-vis des actes de torture qui ont eu lieu dans la prison
d'Abou-Gharib
près de Bagdad, la presse locale tirait à boulets rouges sur
les Etats-Unis dénonçant la « barbarie » de
l'armée américaine. Ces développements ont donné lieu à une
controverse entre l'ambassade américaine au Caire et plusieurs
journaux égyptiens. Dans un communiqué publié cette semaine,
l'ambassade accuse plusieurs journaux égyptiens, dont les hebdomadaires
Al-Moussawar, Al-Osboue et le quotidien d'opposition
Al-Wafd, organe d'expression du parti du néo-Wafd,
d'avoir publié des photos provenant d'un site Internet pornographique
en les faisant passer pour des images de viol de femmes iraqiennes
par des soldats américains. « La publication de ces
photos pornographiques, surmontées de manchettes, alléguant
que des soldats américains seraient impliqués dans des actes
de viol est une violation fondamentale de l'intégrité journalistique.
Une simple vérification de l'authenticité des photos diffusées
sur Internet aurait pu révéler qu'il s'agit de fausses »,
souligne la communiqué. L'ambassade rappelle que les Américains
ont été choqués par les images de torture diffusées par la chaîne
de télévision américaine CBS et que le président américain
a déclaré son dégoût. Le communiqué de l'ambassade n'a fait
qu'exacerber l'hostilité des journalistes égyptiens. « Les
Américains veulent-ils qu'on publie seulement les photos diffusées
dans leurs médias. Il existe des centaines de photos sur la
torture pratiquée par l'armée américaine dans la prison d'Abou-Gharib »,
explique Moustapha Bakri, rédacteur en chef de l'hebdomadaire
Al-Osboue. Et d'ajouter : « L'ambassade
américaine n'a-t-elle pas écouté les aveux du secrétaire à la
Défense, Donald Rumsfeld, qui a affirmé avoir vu des photos
encore plus accablantes que celles parvenues à l'opinion publique
et qu'il souhaitait que celles-ci ne soient pas transmises aux
médias ». Bakri assure que les photos qui ont été publiées
dans son journal proviennent non pas d'un site pornographique
mais d'un site de la résistance iraqienne : www. Basra.com.
Le quotidien Al-Wafd, quant à lui, demande aux Etats-Unis
au nom du peuple arabe de sortir de l'Iraq et d'arrêter les
crimes contre l'humanité au lieu de soulever un faux débat.
« La plus grande armée de la terre s'est mise en mouvement
pour détruire une nation et assassiné son peuple sans raison
valable portant un coup dur à la sécurité, à la stabilité et
aux droits de l'homme », affirme Abbass Al-Tarabili,
rédacteur en chef d'Al-Wafd. « Jusqu'à maintenant
aucun lien n'a été démontré entre l'Iraq et les attaques du
11 septembre. En plus, il s'est avéré qu'il n'y a pas d'armes
de destruction massive dans ce pays ».
Des controverses
éclatent périodiquement entre l'ambassade américaine au Caire
et la presse locale en raison de la position hostile de cette
dernière à l'égard des politiques américaines dans la région.
Le Syndicat des journalistes a refusé récemment un don de 1 250
millions de dollars fourni par l'aide américaine et destiné
à former des journalistes et ce pour protester contre la politique
américaine en Iraq. « L'ambassade américaine veut imposer
des restrictions sur la presse égyptienne. Les photos qui ont
été publiées dans les médias américains sont plus troublantes
que celles diffusées dans la presse égyptienne », affirme
Ahmad Moussa, membre du Conseil d'administration du Syndicat
des journalistes.
Les réactions contre
la torture pratiquée par l'armée américaine en Iraq ne se limitent
pas à la presse. Le mufti de la République, Ali Gomaa, a dénoncé
cette semaine « les sévices infligés par les troupes
américaines aux prisonniers iraqiens ». « Ces
actes ne sont qu'un aspect de la domination du faible par le
plus fort. L'occupation américaine ne respecte ni les droits
de l'homme ni la légalité internationale ». Plusieurs
organisations des droits de l'homme se sont mobilisées. L'Organisation
arabe des droits de l'homme (basée au Caire) a émis un rapport
dans lequel elle condamne les agissements américains. « Ces
photos ne sont qu'un exemple de ce qui se passe dans les quatre
coins de l'Iraq », assure l'organisation qui affirme
que les forces américaines lui ont refusé l'accès aux prisons
iraqiennes. « Les actes de torture pratiqués par l'armée
américaine constituent une flagrante violation du droit international
et de la convention de Genève sur les prisonniers de guerre.
Ce sont des crimes contre l'humanité. C'est pour punir des crimes
similaires que des tribunaux ont été créés en Yougoslave et
en Somalie », affirme l'Organisation arabe des droits
de l'homme dans son rapport. Elle demande aux Nations-Unies
et à la Croix-Rouge d'envoyer des équipes d'enquête pour rechercher
la vérité et surtout pour visiter les prisons et aider le peuple
iraqien à reconstruire son pays.
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