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Le
rejet par le Likoud du plan de séparation unilatéral proposé
par le premier ministre israélien Ariel Sharon, n'était pas
une surprise. Des indices indiquaient l'existence à l'intérieur
du Likoud d'un courant fanatique, partisan de la terre biblique
d'Israël, totalement opposé à tout abandon de la moindre parcelle — aussi
minime soit elle — des terres arabes occupées. Les
sondages d'opinion avaient indiqué l'existence d'une majorité
opposée au plan Sharon au sein du Likoud.
Malgré ce refus
cinglant, les Etats-Unis ont renouvelé leur appui au plan de
séparation de Sharon, estimant qu'il constitue le seul moyen
pratique du règlement de la cause palestinienne. Alors qu'elle
a apporté au premier ministre israélien toutes sortes de soutiens,
l'Administration américaine n'a prêté aucune attention à la
voix palestinienne appelant à un retour à la Feuille de route,
comme base de règlement politique global.
Les débats en cours
entre les différentes parties concernées montrent que l'obstacle
majeur à un règlement politique au Proche-Orient se trouve dans
le soutien aveugle apporté par les Etats-Unis à la politique
d'Israël. Que celle-ci soit ou non en faveur de la paix. Pire
encore, le veto américain au Conseil de sécurité de l'Onu est
toujours prêt à être utilisé pour assurer à l'Etat hébreu la
protection juridique nécessaire. Là, l'usage de ce droit est
entièrement dédié à défendre les vues israéliennes, aux dépens
des objectifs de la paix et de la stabilité dans la région.
Ainsi, les Etats-Unis ont intervenu à plusieurs reprises pour
empêcher l'adoption de résolutions visant à protéger le peuple
palestinien contre le vol de ses terres et le viol de ses droits
les plus élémentaires.
Nous nous trouvons
aujourd'hui devant une situation sans précédent dans l'histoire :
l'unique superpuissance au monde use de tout son poids politique
et de ses privilèges juridiques pour la protection des desseins
et des politiques d'un Etat d'occupation. Tout se passe comme
si c'était Israël qui dispose du droit de veto au Conseil de
sécurité. Les statistiques des Nations-Unies indiquent que l'organisation
internationale a adopté depuis 1948 quelque 807 résolutions
en faveur de la question palestinienne. Aucune d'entre elles
n'a été appliquée. Sans compter les multiples vetos américains
au Conseil de sécurité contre toute résolution qui va à l'encontre
des intérêts d'Israël.
Fort de ce soutien,
le gouvernement Sharon ne s'est jamais engagé à respecter les
résolutions internationales.
Conséquence de
cette situation paradoxale : les Etats-Unis ne réclament
plus à Israël d'appliquer la légitimité internationale au sujet
de la question palestinienne. Ils cherchent, au contraire, les
moyens d'appliquer les visions israéliennes les plus extrémistes.
Notamment celles qui dénient l'existence d'un peuple palestinien
sur la terre de la Palestine, épousant ainsi l'ancienne conviction
sioniste : « La Palestine est une terre sans peuple.
elle est pour un peuple sans terre ».
De là, il n'est
pas exagéré de dire que l'Administration américaine est en grande
partie responsable de tout ce que le gouvernement israélien
commet d'agressions et d'attaques contre le peuple palestinien,
qu'elle est responsable de la tragédie qui se poursuit dans
les territoires palestiniens occupés affectant les droits du
peuple palestinien et accentuant la haine et la méfiance à l'égard
des politiques américaines dans la région.
Malgré ces évidences,
l'Administration américaine se demande toujours quelles sont
les raisons de la haine et de la réprobation dans le monde arabe
à l'égard de la politique de Washington. Il lui suffit de se
référer aux écrits des Israéliens eux-mêmes pour en savoir la
réponse. En effet, plusieurs écrivains israéliens considèrent
les assurances accordées par Bush à Sharon comme une garantie
de la poursuite du conflit entre Israéliens et Palestiniens,
et non comme un moyen de le régler. Ils estiment aussi que l'entente
Bush-Sharon aura des conséquences incalculables sur la sécurité
et la stabilité du Moyen-Orient.
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