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L'Amérique est-elle toujours un parrain de la paix ?
Par Ibrahim Nafie

Ibrahim Nafie Le rejet par le Likoud du plan de séparation unilatéral proposé par le premier ministre israélien Ariel Sharon, n'était pas une surprise. Des indices indiquaient l'existence à l'intérieur du Likoud d'un courant fanatique, partisan de la terre biblique d'Israël, totalement opposé à tout abandon de la moindre parcelle — aussi minime soit elle — des terres arabes occupées. Les sondages d'opinion avaient indiqué l'existence d'une majorité opposée au plan Sharon au sein du Likoud.

Malgré ce refus cinglant, les Etats-Unis ont renouvelé leur appui au plan de séparation de Sharon, estimant qu'il constitue le seul moyen pratique du règlement de la cause palestinienne. Alors qu'elle a apporté au premier ministre israélien toutes sortes de soutiens, l'Administration américaine n'a prêté aucune attention à la voix palestinienne appelant à un retour à la Feuille de route, comme base de règlement politique global.

Les débats en cours entre les différentes parties concernées montrent que l'obstacle majeur à un règlement politique au Proche-Orient se trouve dans le soutien aveugle apporté par les Etats-Unis à la politique d'Israël. Que celle-ci soit ou non en faveur de la paix. Pire encore, le veto américain au Conseil de sécurité de l'Onu est toujours prêt à être utilisé pour assurer à l'Etat hébreu la protection juridique nécessaire. Là, l'usage de ce droit est entièrement dédié à défendre les vues israéliennes, aux dépens des objectifs de la paix et de la stabilité dans la région. Ainsi, les Etats-Unis ont intervenu à plusieurs reprises pour empêcher l'adoption de résolutions visant à protéger le peuple palestinien contre le vol de ses terres et le viol de ses droits les plus élémentaires.

Nous nous trouvons aujourd'hui devant une situation sans précédent dans l'histoire : l'unique superpuissance au monde use de tout son poids politique et de ses privilèges juridiques pour la protection des desseins et des politiques d'un Etat d'occupation. Tout se passe comme si c'était Israël qui dispose du droit de veto au Conseil de sécurité. Les statistiques des Nations-Unies indiquent que l'organisation internationale a adopté depuis 1948 quelque 807 résolutions en faveur de la question palestinienne. Aucune d'entre elles n'a été appliquée. Sans compter les multiples vetos américains au Conseil de sécurité contre toute résolution qui va à l'encontre des intérêts d'Israël.

Fort de ce soutien, le gouvernement Sharon ne s'est jamais engagé à respecter les résolutions internationales.

Conséquence de cette situation paradoxale : les Etats-Unis ne réclament plus à Israël d'appliquer la légitimité internationale au sujet de la question palestinienne. Ils cherchent, au contraire, les moyens d'appliquer les visions israéliennes les plus extrémistes. Notamment celles qui dénient l'existence d'un peuple palestinien sur la terre de la Palestine, épousant ainsi l'ancienne conviction sioniste : « La Palestine est une terre sans peuple. elle est pour un peuple sans terre ».

De là, il n'est pas exagéré de dire que l'Administration américaine est en grande partie responsable de tout ce que le gouvernement israélien commet d'agressions et d'attaques contre le peuple palestinien, qu'elle est responsable de la tragédie qui se poursuit dans les territoires palestiniens occupés affectant les droits du peuple palestinien et accentuant la haine et la méfiance à l'égard des politiques américaines dans la région.

Malgré ces évidences, l'Administration américaine se demande toujours quelles sont les raisons de la haine et de la réprobation dans le monde arabe à l'égard de la politique de Washington. Il lui suffit de se référer aux écrits des Israéliens eux-mêmes pour en savoir la réponse. En effet, plusieurs écrivains israéliens considèrent les assurances accordées par Bush à Sharon comme une garantie de la poursuite du conflit entre Israéliens et Palestiniens, et non comme un moyen de le régler. Ils estiment aussi que l'entente Bush-Sharon aura des conséquences incalculables sur la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient.

 

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