Les
ministres arabes des Affaires étrangères réunis depuis samedi
au Caire ont achevé lundi les projets de résolutions sur la
question palestinienne, l'Iraq et les réformes qu'ils doivent
présenter au sommet de Tunis. Les dates de la tenue du sommet,
les 22 et 23 mai, ont été confirmées par le secrétaire général
de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui a indiqué que les ministres
étaient parvenus à un consensus sur le projet de réforme de
la Ligue arabe. La réunion a été entourée d'une discrétion totale,
notamment sur la question des réformes démocratiques à introduire
dans le monde arabe. Les organisateurs veillant à verrouiller
les informations afin, ont-ils dit, d'empêcher les fuites et
« éviter toute confusion ».
Le
prochain sommet arabe remplacera celui qui devait se tenir fin
mars à Tunis. Alors, la Tunisie avait brutalement interrompu
la préparation de ce sommet en invoquant une décision « souveraine »
et de profondes divergences entre les participants, notamment
sur les réformes démocratiques qui doivent être conduites dans
les pays arabes.
Les
ministres soumettront à leurs chefs d'Etat un projet de résolution
demandant au président américain George W. Bush de respecter
ses engagements en faveur d'un « Etat palestinien viable »
et un autre condamnant l'assassinat de dirigeants palestiniens
par Israël. « Les dirigeants arabes demandent au président
Bush de respecter les engagements découlant de sa vision de
l'édification d'un Etat palestinien viable, aux côtés d'Israël,
et de considérer que tout ce qui concerne le statut final (des
territoires occupés par Israël) fera l'objet de négociations
entre les deux parties ». En même temps, les pays arabes
se déclarent « prêts à participer à tout effort de lutte
contre le terrorisme ».
Le
projet sur le conflit israélo-palestinien passe sous silence
la date de 2005 pour la création d'un Etat palestinien avancée
par le président Bush, qui l'estime désormais irréaliste. Mais
M. Moussa a réaffirmé que la renonciation des Etats-Unis à cette
date est une « affaire très grave » et une
« manière inacceptable de se jouer du processus de paix ».
Il a soutenu que la date de 2005 faisait partie de la Feuille
de route. Le sort de ce plan de paix parrainé par le quartette
formé des Etats-Unis, de l'Union européenne, de la Russie et
de l'Onu, est incertain depuis la décision du premier ministre
israélien, Ariel Sharon, d'appliquer un plan de séparation unilatéral
entre Israéliens et Palestiniens.
Par
ailleurs, Moussa a affirmé que l'initiative de paix avec Israël
présentée au sommet arabe de Beyrouth (2002) est « une
position stratégique arabe immuable ». Cette initiative
propose l'établissement de relations normales entre les pays
arabes et Israël contre le retrait de l'Etat hébreu des territoires
arabes occupés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est.
Sur
le conflit en Iraq, les ministres ont préparé un texte condamnant
fermement les sévices infligés à des détenus iraqiens. Le projet
de résolution qui sera soumis au sommet « va demander
au Conseil de sécurité de mettre fin le plus rapidement possible
à l'occupation américaine, d'accorder un rôle plus important
à l'Onu et de créer une troïka arabe pour assurer
le suivi de la situation en Iraq ». Cette « troïka »
serait formée de l'actuel président du sommet arabe (Tunisie),
de son prédécesseur (Bahreïn) et de son successeur (l'Algérie).
La résolution recommanderait aussi la participation des pays
arabes à la reconstruction de l'Iraq.
Moussa
a écarté l'envoi de troupes arabes en Iraq pour le maintien
de la paix. « La question n'a pas été posée »,
a-t-il dit. Mais, selon des sources arabes, cette question sur
laquelle les pays arabes divergent devrait revenir sur le tapis
au plus haut niveau devant le sommet de Tunis.
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