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Monde
arabe . Secrétaire général adjoint du Hezbollah
chiite libanais, Naïm Qassem répond aux accusations d'Israël
de soutenir le Hamas palestinien et évoque les liens de son
parti avec l'Iran et la Syrie.
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« Le
Hezbollah continuera
à soutenir la résistance palestinienne » |
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Beyrouth,
De
notre envoyée spéciale — |
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Al-Ahram Hebdo :
Le premier ministre israélien Ariel Sharon a menacé vendredi
d’assassiner le secrétaire général du Hezbollah, Hassan
Nasrallah, qu’il accuse d’avoir financé l’attaque palestinienne
contre le port
israélien d’Ashdod ...
Naïm Qassem :
Toutes les opérations palestiniennes contre Israël sont effectuées
par les Palestiniens eux-mêmes. Ceux-ci n’ont besoin de personne
pour le faire. Cependant, nous ne nions pas notre soutien, qui
se poursuivra, aux Palestiniens mais je n’en dirais pas plus
sur ses détails et son contenu. Ce soutien ne signifie pas que
chaque acte de résistance contre l’occupation israélienne a
un lien avec le Hezbollah. Notre soutien aux Palestiniens
est légitime, mais la résistance elle-même est entièrement palestinienne.
Cette résistance des Palestiniens est héroïque, car c'est fait
au nom de tous les Arabes et les musulmans.
Quant aux menaces proférées par
Israël contre le secrétaire général, elles n’ont rien de nouveau.
Ces menaces ont toujours été lancées par Israël qui avait essayé
par le passé d’assassiner Hassan Nasrallah. Ces menaces ne nous
surprennent pas car elles font partie de la politique d’agression
et d’occupation d’Israël. Pour y faire face, notre parti a pris
toutes les mesures nécessaires. Nous n’avons pas peur de ces
menaces. Au contraire, elles renforcent notre détermination.
Nous sommes de toute manière prêts à faire face à toute bêtise
israélienne.
— Après l'opération-suicide d'Ashdod, Israël a assassiné
cheikh Ahmad Yassine, le leader du mouvement de la résistance
palestinienne (Hamas). Quelles en sont les raisons et
quelles répercussions sur la question palestinienne ?
— Israël a assassiné
cheikh Yassine parce qu’il se trouvait devant un dilemme
provoqué par ses projets expansionnistes. Ceux-ci avaient déclenché
des réactions palestiniennes hostiles qui ont empêché Israël
d’obtenir ce qu’il veut par la voie des armes et des agressions.
Le premier ministre Ariel Sharon pensait que la politique d'assassinat
et d'agression peut faire plier le peuple palestinien et pousser
certains d'entre eux à renoncer à leurs terres au profit d’Israël.
Mais il a constaté l’échec de sa politique en raison de l’unité
palestinienne autour de l’Intifada, qui s’est poursuivie sans
qu'Israël ne puisse l’arrêter, malgré la promesse de Sharon
de l'écraser en cent jours.
Cet échec a poussé Sharon à assassiner
cheikh Yassine dans l’espoir de changer la donne, et de créer
une nouvelle situation lui permettant d’atteindre ses objectives.
Mais cet acte criminel ne fera qu'approfondir
le dilemme de Sharon. Il prouve qu’Israël ne peut coexister
pacifiquement avec personne et que l’Intifada se poursuivra.
Maintenant, tous les scénarios sont possibles. Mais le plus
probable est que l'assassinat va approfondir encore plus le
dilemme de Sharon et ne résoudra rien. Car l’assassinat du cheikh
Yassine a davantage resserré les rangs palestiniens autour de
l’Intifada et prouvé aux yeux des Palestiniens qu’Israël est
criminel.
— Le Hezbollah a promis de poursuivre la
résistance contre Israël en raison de son occupation des fermes
de Chebaa, au Sud-Liban. Persiste-t-il dans cette position malgré
le dernier échange de prisonniers effectué avec l'Etat hébreu
et qui devrait être suivi par un nouvel échange ?
— Puisque les fermes de Chebaa
sont toujours occupées, la résistance va continuer. Nous appliquons
cette résistance à travers des opérations militaires effectuées
de temps à autre. Et elle se poursuivra jusqu'à la libération
des fermes de Chebaa.
— Israël et les Etats-Unis accusent le Hezbollah
de recevoir ses ordres de l'Iran et d'obtenir des armes de la
République islamique à travers la Syrie ...
— Les relations entre l’Iran
et le Hezbollah sont excellentes, car l'Iran est le pays
qui soutient les causes des peuples de la région comme celles
des peuples palestinien et libanais jusqu’à ce qu’ils obtiennent
leur libération. Nous, nous avons besoin de tout soutien politique,
iranien ou autre. Quant à l'assistance militaire, cela est notre
affaire et nous avons plusieurs moyens d’obtenir des armes,
qui ne proviennent pas forcément d'un seul pays ou d'un seul
endroit.
D'autre part, nous entretenons d'excellentes
relations avec la Syrie, car elle représente, elle aussi, une
protection réelle pour la résistance palestinienne et libanaise.
Dire que les armes à destination du Hezbollah transitent
par la Syrie n'est que pures allégations. Notre parti est capable
de se procurer des armes par différents moyens et de différentes
sources.
— Comment expliquez-vous la décision de la Tunisie
de reporter le sommet arabe et comment voyez-vous la solution
à la question des réformes qui, selon Tunis, a justifié l’ajournement
du sommet ?
— Malheureusement, les sommets
arabes ne pourront apporter des réalisations importantes aux
peuples arabes. Le report du sommet n’était pas une surprise,
car il y avait des signes avant-coureurs. En effet, il y avait
deux courants de pensée parmi les pays arabes. Le premier veut
appliquer les réformes selon la méthode américaine pour satisfaire
les Etats-Unis. Le deuxième veut appliquer des réformes, mais
de manière indépendante. D’une façon générale, je ne m’attends
pas à ce que le prochain sommet arabe ou tout autre sommet parvienne
à une position commune et efficace. Les sommets arabes ont toujours
cherché le plus petit dénominateur commun. Ils ont toujours
cherché des termes généraux dont plusieurs interprétations sont
possibles. Nous n’avons jamais constaté l’efficacité de la Ligue
arabe, comme c’est le cas par exemple de l’Union européenne.
Par conséquent, le report ou la tenue du sommet n’apporte rien
car ce sont les actes qui font avancer notre région, servent
nos questions comme la cause palestinienne et l'occupation américaine
en Iraq, et mettent à profit les capacités de nos peuples.
De toute façon, nous considérons
la réforme comme nécessaire. C'est un processus permanent. Que
cette réforme soit une demande américaine est une catastrophe
en soi. Qu'elle soit appliquée selon la méthode américaine est
une catastrophe encore plus grave. La réforme doit émaner de
l’intérieur et répondre à des besoins internes. Les dirigeants
arabes doivent prendre en compte les demandes de leur peuple
et des forces vives de la nation, même si la Ligue arabe ne
parvient pas à une position commune. Chaque gouvernement doit
procéder à des réformes qui rendent la liberté à son peuple.
— Pensez-vous que les actes de violence qui se poursuivent
en Iraq cherchent à semer la discorde entre les chiites et les
sunnites ?
— Oui, bien sûr. Celui qui
observe bien ces actes de violence peut définir les différentes
parties qui profitent de cette situation de violence, à leur
tête les forces d'occupation qui sont pourtant responsables
de la sécurité du pays.
Nous savons qu'il existe une minorité
portant des idées erronées et qui cherche à travers la violence
à semer le désordre en Iraq. Mais nous sommes convaincus que
le peuple iraqien est suffisamment conscient du danger et qu'il
saura déjouer ces plans qui vont à l'encontre de ses intérêts.
— Pensez-vous que l’occupation américaine de l’Iraq n'est
qu'un début pour cibler d’autres pays arabes, comme la Syrie
ou le Liban ?
— Le président George W. Bush
a clairement indiqué qu’il veut changer l’idéologie du monde
arabe. Je pense que toute la région est ciblée, non seulement
le Liban et la Syrie, mais aussi l’Arabie saoudite et l'Egypte,
chacun suivant son poids et selon les intérêts américains.
— Vos relations avec la Libye sont tendues depuis plusieurs
années en raison de l'affaire de disparition du chef spirituel
des chiites libanais, Moussa Al-Sadr. N'y a-t-il pas de solution
à cette situation qui a trop duré ?
— Le régime libyen, et à sa
tête le colonel Moammar Kadhafi, a une responsabilité directe
dans cette disparition. C'est une question sensible. Les resplibyens,
Kadhafi en tête, doivent avoir le courage de faire toute la
lumière sur cette affaire.
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Propos recueillis
par
Chérine Abdel-Azim
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