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Réserves naturelles . L'incendie des îles de Salouga et de la Gazelle à Assouan en décembre dernier a détruit de nombreux arbres rares. Pour éviter une autre catastrophe, un réseau hydraulique de maîtrise du feu va être mis en place, associé à une campagne de prévention auprès de la population.

L'épreuve du feu

Assouan,
De notre envoyée spéciale —

Mieux vaut tard que jamais. Trois mois après leur embrasement et suite aux enquêtes menées par le Parquet général, les responsables à l'Agence Egyptienne pour les Affaires de l'Environnement (AEAE) ont décidé de créer un réseau de maîtrise des incendies dans les réserves naturelles de Salouga (42 feddans) et de la Gazelle (13 feddans), à Assouan. « Le ministre de l'Environnement a débloqué 450 000 L.E. pour l'installation de ce réseau de contrôle des incendies à l'intérieur de ces réserves riches en arbres rares. D'autres réseaux seront créés dans des réserves du même genre pour éviter que ne se renouvellent de telles tragédies », explique Wahid Salama, le directeur général du secteur des réserves naturelles au sein de l'AEAE. Chaque gouvernorat sera chargé de leur installation, en coopération avec les responsables des réserves naturelles. 1 400 mètres de tuyaux reliés à un réservoir seront disposés de façon à encercler toute la réserve sinistrée. Une réaction qui était urgente. L'incendie qui s'est déclaré le 22 décembre a provoqué la disparition d'environ 90 % des arbres de l'île de la Gazelle et s'est étendu jusqu'à l'île Salouga pour y détruire un feddan. L'origine du sinistre, comme l'a précisé le Parquet général, a été le brûlage des déchets de l'hôtel Basma.


Un précédent en juin 2002

L'incendie a été éteint par les pompiers du gouvernorat d'Assouan après une lutte de plus de huit heures. Il a brûlé 750 arbres, dont diverses espèces d'Acacia. Fort heureusement, la station d'observation et de recensement des oiseaux migrateurs, elle aussi détruite, ne contenait pas d'équipements. Elle avait été construite en coopération avec le gouvernement polonais et dépendait du SEEN (South East European Bird Migration Network). Aujourd'hui, les responsables polonais s'attellent à la reconstruire et comptent l'achever avant la fin de la période de migrations, prévue le 15 mai. « Les dommages ont été estimés à 18 millions de L.E. Ils seront payés par l'hôtel qui a provoqué l'incendie. Nous cherchons d'ores et déjà à planter des arbres du même genre que ceux qui ont été brûlés. Mais ils avaient plus de cinquante ans. Il faudra attendre longtemps pour que la réserve ne soit vraiment reboisée », explique Mahmoud Hassib, président de la réserve.
Cet incendie n'est pas le premier du genre. Il y a un peu plus d'un an, en juin 2002, le feu provoqué par l'élimination des déchets de l'hôtel Isis s'est en effet propagé dans ces îles. Mais causant des dégâts plus modestes (47 arbres brûlés), estimés à 500 000 L.E., et qui n'ont pas incité les responsables à éviter un tel incident dans le futur. « Les dégâts ont été modestes et ne nous ont pas fait réfléchir », explique Wahid Salama. Un incendie qui dévasterait 90 % de l'île de Gazelle était à l'époque inconcevable.

Recherches scientifiques

Les îles de Salouga (cataracte en nubien), de La Gazelle (une espèce d'arbre aujourd'hui disparue de l'île ressemblait aux pattes de gazelle ) ainsi que quatre autres îles, dont une grande partie est submergée, ont été déclarées réserves naturelles scientifiques en 1986 par la décision ministérielle n°928. Depuis, elles représentent une mine d'informations pour les étudiants et chercheurs étrangers ou égyptiens de la faculté des sciences de l'Université d'Assouan. Fort heureusement, malgré l'incendie, la réserve naturelle n'a pas perdu son intérêt, puisque les recherches se poursuivent. « Des Italiens étudiaient depuis presque un mois une espèce d'insectes qu'on ne trouve que sur les Acacias. C'est par le nombre des chercheurs étrangers présents ici que l'on réalise l'importance de notre réserve », remarque Hassib. D'ailleurs, les responsables déploient d'énormes efforts pour sensibiliser la population à l'importance scientifique et environnementale des parcs naturels. Des cours sont donnés aux écoliers leur expliquant les différentes espèces d'arbres, d'oiseaux et d'insectes qui y vivent. Il existe également un petit musée des espèces animales et végétales disparues ou menacées d'extinction dans la région d'Assouan. Mais ce qui s'applique sur les îles de Salouga et de la Gazelle l'est également dans d'autres réserves, notamment en ce qui concerne la sensibilisation de la population et des rangers (gardiens des réserves naturelles), en coopération avec les responsables des parcs internationaux. « Former les gardiens de réserves est primordial. C'est pourquoi nous coopérons avec des pays comme l'Angleterre et les Etats-Unis pour mettre en place des stages de sensibilisation », conclut Salama.

Racha Hanafi
 

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