Economie
. Dans le budget 2004/5, les revenus sont inférieurs
aux dépenses. Le déficit atteint 8 % du PIB. Le projet
discuté cette semaine par le Conseil consultatif révèle
que les finances de l'Etat sont mal en point.
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Budget
record et déséquilibre persistant |
177 43
milliards de L.E. C'est le montant du budget présenté
par le ministère des Finances pour l'année prochaine,
qui commence en juillet 2004. Ce chiffre révèle une
hausse des dépenses publiques de 11,2 %, comparées
à l'année précédente. « C'est le plus grand
budget établi jusqu'aujourd'hui », souligne
le ministre des Finances, Medhat Hassanein, devant le
Conseil consultatif où le budget a été discuté pendant
deux jours, samedi et dimanche derniers. Il sera évidemment
approuvé (il n'a jamais été refusé) ; les membres
du Conseil consultatif ainsi que ceux du Parlement n'utilisent
jamais le droit de censure qui peut mener à la démission
du ministre des Finances), mais se limitent simplement
à illustrer leurs contestations sous forme de remarques
relatives au budget.
Les salaires des fonctionnaires de l'Etat représentent
57,56 milliards de L.E., soit 24 % du budget, vu
que le gouvernement continue à les augmenter annuellement
de 10 %. Cependant, ce chiffre n'est pas équitablement
réparti, comme le note le rapport du comité financier
et économique au sein du Conseil consultatif, dont l'Hebdo
a reçu une copie. « Les chiffres disponibles
révèlent un déséquilibre considérable dans la structure
des salaires au profit de certaines classes appartenant
aux institutions publiques, au Secteur public des affaires
ainsi qu'aux journaux officiels ».
Même si le montant des salaires est en hausse, son importance
relative baisse. En revanche, le service de la dette
publique s'accroît en termes absolus et en importance
relative. Ainsi, le gouvernement devra rembourser l'année
prochaine une tranche de 50,211 milliards de L.E., un
montant qui représente 28,3 % de l'ensemble des
dépenses. Ce fardeau devient de plus en plus lourd,
puisque le gouvernement dépend surtout de la dette intérieure
dont le taux des intérêts s'élève à 9 %. « Le
ministère des Finances est en train d'améliorer la gestion
de la dette », se défend Abdel-Fattah Al-Guébali,
conseiller du ministre. Or, cette amélioration de la
gestion ouvre une porte sur l'enfer, puisqu'elle signifie
avoir recours plus à la dette extérieure, dans un contexte
de dépréciation continue de la monnaie nationale. Cette
dernière a perdu en 2003 25 % de sa valeur.
Dans ce même contexte de dépréciation, le gouvernement
a dû énormément augmenter les allocations à la subvention
de 4,9 milliards de L.E. à 11,6 dans le projet du nouveau
budget. En fait, l'Egypte subventionne trois matières
alimentaires : le blé, l'huile et le sucre, dont
elle importe une grande partie. L'année prochaine, quatre
autres matières seront sur la liste pour calmer l'opinion
publique en ébullition à cause de la hausse des prix
qui a accompagné la dépréciation. Quatre autres milliards
de livres égyptiennes seront alloués à la subvention
des produits pharmaceutiques, au transport et à l'habitat.
Le montant total s'élève donc à 15,6 milliards. La santé,
elle, absorbera une somme inférieure, à savoir 9 milliards
de L.E. Et l'enseignement 25,8 milliards.
L'investissement public va stagner et se maintenir à
son niveau de 20 milliards de L.E. dont une grande partie
est destinée à la poursuite des projets déjà en cours.
A ce point, la question de savoir comment financer ces
dépenses tombe bien à point. En fait, les revenus de
l'Etat suffisent de moins en moins à combler les dépenses.
Ils atteignent en 2004/5 un montant de 125,07 milliards,
dont 66,5 % provenant des impôts et des taxes douanières.
Le reste est majoritairement couvert par les excédents
du pétrole, du Canal de Suez et de la Banque Centrale.
Ceci signifie que les revenus publics ne couvrent que
70 % des dépenses. Le reste est comblé par l'endettement.
Et la boucle est bouclée entraînant les finances de
l'Etat dans un cercle vicieux presque imprenable.
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Fouad
Mansour
Salma
Hussein
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Source : projet du budget présenté au Parlement,
ministère des Finances.
*incluses, parmi
d’autres, celles des produits alimentaires, produits
pétrochimiques, subventions aux étudiants.
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Dépenses en hausse
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Les dépenses
dépassent de plus de 50 milliards de L.E. les revenus
de l'Etat. Elles se caractérisent par leur manque de
flexibilité puisque 60 % sont absorbées par les
salaires et le service de la dette publique.
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* Les revenus courants incluent essentiellement les excédents
réalisés par le secteur pétrolier, le Canal de Suez et la
Banque Centrale. |
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Ces revenus publics s'élèvent à 125 milliards
de L.E. Cela veut dire qu'ils ne couvrent que 70 %
des dépenses publiques.
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