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au report du sommet arabe de Tunis, l'Egypte multiplie les initiatives
en vue de former un front arabe commun avant la visite, du 10
au 14 avril, du président Moubarak aux Etats-Unis. C'est dans
ce contexte que le chef de l'Etat égyptien a reçu cette semaine
plusieurs dirigeants arabes.
Il
s'est entretenu tout d'abord à Charm Al-Cheikh le 31 mars avec
le prince héritier saoudien Abdallah Bin Abdel-Aziz. Un mini-sommet
tripartite a réuni ce même jour le président Moubarak, le roi
de Bahreïn cheikh Hamad Bin Eissa Al-Khalifa et le roi de Jordanie
Abdallah II. Dimanche, c'était au tour du président syrien Bachar
Al-Assad et du président soudanais Omar Al-Béchir d'être reçus
par le chef de l'Etat au Caire. Ces entretiens ont eu un objectif
commun : examiner la tenue d'un nouveau sommet arabe après
le report de celui de Tunis. « Je me suis concerté avec
plusieurs pays au sujet de la tenue du sommet et nous sommes
tous d'accord sur le fait que ce sommet doit être réuni »,
a déclaré le président Moubarak aux journalistes à l'issue de
son entretien avec le président Bachar Al-Assad. « Le
lieu de la tenue du sommet revient aux chefs d'Etat arabes.
Le sommet peut se tenir en Egypte, au Yémen, en Tunisie, dans
n'importe quel pays arabe, et même sur la lune », a
précisé ironiquement le président. Le chef de l'Etat a souligné
que sa proposition d'accueillir le sommet en Egypte, au lendemain
de son report sine die par la Tunisie, qui avait invoqué
de profondes divergences entre les pays arabes, visait à sauver
la situation et à empêcher les manifestations de protestation
dans les pays arabes.
Mais
ce report, ajouté aux divergences arabes sur la question controversée
des réformes politiques, économiques et sociales que souhaiteraient
Washington dans le cadre de son projet de remodelage du Grand
Moyen-Orient rendent difficile la mission du président Moubarak
aux Etats-Unis. Ce qui explique ses efforts à former un front
arabe uni sur la question des réformes.
Le
président Moubarak, qui rencontrera le 12 avril son homologue
américain George Bush, veut obtenir les solutions qu'un sommet
réussi aurait pu apporter. C'est pourquoi le chef de l'Etat
a rencontré les dirigeants arabes pour connaître les points
de divergences et trouver une solution avant de partir aux Etats-Unis.
L'Egypte
veut par ailleurs convaincre les Américains que la question
des réformes doit être discutée parallèlement à la question
palestinienne et au problème iraqien. Le Caire cherchera lors
de la visite de Moubarak aux Etats-Unis à tenir le bâton par
le milieu. Convaincre les Américains qu'il n'est pas possible
d'imposer les réformes requises de façon abrupte d'une part
et mettre les Arabes sur la même longueur d'onde afin de tenir
un sommet dans les plus brefs délais. Outre les discussions
sur la question des réformes politiques et économiques dans
la région, le président Moubarak tentera de relancer avec Washington
le dialogue stratégique portant notamment sur les relations
bilatérales. Les discussions devraient porter aussi sur le conflit
israélo-palestinien dans la perspective d'une évacuation unilatérale
par Israël des colonies de la bande de Gaza.
Le
président Moubarak a ainsi évoqué mercredi dernier à Charm Al-Cheikh,
avec l'envoyé spécial américain au Proche-Orient William Burns,
la situation dans la région. L'entretien a porté sur les préparatifs
de la visite du chef de l'Etat aux Etats-Unis. Les discussions
ont porté également sur la nécessité d'inclure le retrait israélien
de Gaza à la Feuille de route, pour une solution politique du
conflit israélo-palestinien.
Le
président Moubarak ne prévoit pas de rencontrer le premier ministre
israélien Ariel Sharon, qui sera présent au même moment que
lui aux Etats-Unis. Selon Nabil Fahmi, l'ambassadeur d'Egypte
aux Etats-Unis, « leur présence au même moment aux Etats-Unis
est un hasard ».
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