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mécontentement et la déception qui ont prédominé chez l’opinion
publique arabe à l’annonce par Tunis du report du sommet arabe
ont montré l’urgence de tenir ce sommet. La décision tunisienne
ayant suscité un véritable malaise, l'Egypte a appelé à la tenue
du sommet au Caire et a trouvé un accord sur les sujets qui
devraient y être débattus. Il est à noter que la décision unilatérale
et subite de la Tunisie ne repose sur aucun droit. La présidence
du sommet ne lui était pas encore officiellement attribuée pour
lui permettre une telle décision. Le secrétaire général de la
Ligue arabe Amr Moussa, qui poursuivait à Tunis les réunions
préparatoires au sommet, n'a ni été consulté ni averti. Une
décision unilatérale obscure, et sans justification aucune.
La
réaction de l'opinion publique face à la décision tunisienne
est une vraie réponse à ceux qui cherchent à mettre en doute
la valeur et la nécessité d'une action arabe commune. Il n'est
pas surprenant qu'Israël soit le premier à saluer la décision
tunisienne, comme étant une indication positive d'un changement
de position dans le monde arabe. A peine annoncé le report du
sommet, un responsable israélien s'est empressé d'annoncer la
satisfaction de Tel-Aviv, affirmant que l'hostilité arabe à
l'égard d'Israël et l'opposition à l'occupation israélienne
ne représentent plus le dénominateur commun de tous les pays
arabes.
Nous
avons besoin de tourner la page surtout que les principaux Etats
arabes ont positivement réagi à l'initiative égyptienne de réunir
le sommet et commencé des concertations sérieuses pour le réparer.
Dans
leurs discussions sur la réforme de la Ligue arabe, les responsables
arabes ont également besoin de connaître des principes et mécanismes
d'action propres aux organisations régionales efficaces, profiter
des expériences réussies dans ce domaine, comme l’Union européenne.
Les Arabes sont appelés à tenir compte des principes et mécanismes
des organisations régionales, sans négliger la nécessité de
fixer une date pour la tenue du sommet, en vue de remédier à
la déception qui recouvre la rue arabe.
Il
est certain que les deux questions de l'Iraq et de la Palestine
suffisent, à elles seules, pour inciter les dirigeants arabes
à s'élever au-delà de ce qui peut exister entre eux de différends.
Nous avons besoin d'un sommet arabe qui se termine par une vision
précise et une politique pratique pour soutenir l'Iraq à l'approche
de la date du transfert du pouvoir et de la souveraineté au
peuple, et pour appuyer les droits arabes violés par les forces
d'occupation. De même, la souffrance du peuple palestinien,
les politiques agressives de Sharon, et les politiques qui visent
à déchirer les terres palestiniennes exigent une position arabe
consistante et forte.
Les
initiatives de réformes étrangères pour le Moyen-Orient exigent
par ailleurs que les Arabes aient un mot et une vision à transmettre
dans l’objectif de protéger leur identité et dévoiler les desseins
anti-arabes. En particulier les projets qui visent à diluer
le monde arabe dans un ensemble plus large, le Grand Moyen-Orient.
La Ligue arabe serait alors sans nécessité ou raison d'être.
Les
dirigeants des grandes puissances sont aujourd'hui à l'attente
de la position arabe, de la vision qui sera prise par le sommet
au sujet de nombreux dossiers, en particulier celui de la réforme.
De leur côté, les dirigeants arabes doivent s'élever au niveau
des défis qui leur sont posés et au niveau des aspirations de
la rue arabe, loin des désaccords et des intérêts particuliers.
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