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Kiosque .
La presse arabe et égyptienne
s'est largement penchée cette semaine sur le phénomène
de la télé réalité, notamment avec la finale de Star
Academy qui a attiré un large public et qui a vu la
victoire de l’Egyptien Mohamad Attiya.
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La
télé réalité
et les démêlés interarabes |
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« Il
semblerait que Tunis ait reporté le sommet en réaction
à l'élimination de la candidate tunisienne à Star
Academy. La signification ici est claire : ce
programme de télé réalité a dévoilé le vrai visage des
Arabes, gouverneurs et peuples réunis ». C'est
ce qu'a écrit Ahmad Fayeq dans Sawt Al-Oumma. En
effet, alors que le programme Star Academy a touché
à sa fin avec la victoire de l’Egyptien Mohamad Attiya
contre le Koweïtien Bachar, et que la scène politique
est préoccupée par le report du sommet arabe et par l'endroit
où se tiendra le sommet, les Egyptiens ne se sont pas
empêchés de faire le lien entre la politique et le monde
de la chanson.
« La
folie de Star Academy », « Des
manifestations dans les rues égyptiennes », « Le
public de Star Academy choisit Attiya malgré les
rumeurs et les thèses de complots », « Mabrouk
à l’Egypte et aux Egyptiens ». Ce sont là quelques
Unes de la presse annonçant la réussite de l’Egyptien
Mohamad Attiya et les réactions qui l’ont accompagnées.
Bien que
le programme ait suscité beaucoup de critiques à ses débuts,
le phénomène Star Academy a pris de l'ampleur.
« Une société de téléphonie mobile et une chaîne
satellite égyptiennes ont participé à la campagne de mobilisation
qui a failli se transformer en guerre lorsque les Koweïtiens
ont décidé officiellement d’ouvrir les réseaux de portables
gratuitement afin de faire gagner leur compatriote dans
cette bataille », rapporte l’hebdomadaire Al-Arabi.
Rappelons que l’Egyptien Mohamad Attiya a eu 55,1 %
des voix contre son concurrent le Koweïtien Bachar avec
44,9 %. « Dès l’annonce des résultats, des
cris de joie ont fusé à Tanta et une chanson pour Attiya,
surnommé le roi de l’Egypte, a même été improvisée »,
ajoute Al-Arabi. « Des manifestations de
joie à Tanta, ville natale de Mohamad Attiya, après l’annonce
des résultats », écrit Ahmad Fayeq dans l’hebdomadaire
Sawt Al-Oumma. « L’émission s’est terminée,
mais pas les réactions : des disputes arabo-arabes
se sont produites sur les sites Internet de Chat »,
a souligné Mohamad Massoud dans Sawt Al-Oumma.
« Dans
la maison de Attiya, des centaines de personnes, amis
et membres de la famille, ont afflué pour féliciter les
parents, alors que la rue était complètement bloquée par
les manifestants qui criaient leur joie », a
par ailleurs écrit Mahmoud Chéhata dans le quotidien arabe
Al-Hayat.
Mais les
avis sont bien partagés. Le journaliste Georges Moussa
écrit dans le quotidien arabe Al-Hayat : « Bien
que sa voix ne soit pas plus forte que les autres, Attiya
a su comment gagner son public ». Mais qu’en
est-il des rumeurs qui ont accompagné la soirée de clôture
de Star Academy. Georges Moussa explique dans ce
contexte : « La victoire de Mohamad Attiya
marque un point pour la fondation libanaise, qui a ainsi
fermé la porte aux rumeurs autour de son parti pris pour
le Koweïtien Bachar, ou encore son pouvoir à influencer
les résultats du vote ». Comme quoi, même dans
le monde de la chanson, les querelles entre Arabes prennent
parfois de drôles de proportions ...
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Hoda
Ghali |
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| Inconnues
iraqiennes |
A moins
de trois mois de la date prévue pour le transfert du
pouvoir aux Iraqiens, de nombreux obstacles se dressent
sur la route imaginée par les Américains.
L'Administration
Bush, qui a choisi la date du 30 juin pour des raisons
électorales évidentes, a du mal à convaincre l'opinion
publique iraqienne du bien-fondé du processus politique
engagé. Celui-ci a désormais pour cadre une Constitution
provisoire signée le 8 mars, que la coalition qui occupe
l'Iraq aimerait bien voir endosser par l'Onu, pourquoi
pas dans une résolution qui apporterait du crédit au
texte. Dans un pays où les résolutions des Nations-Unies
ont longtemps institué des privations, cette idée est
mal vécue par une population globalement hostile à l'occupation
et au Conseil de gouvernement transitoire qu'elle a
nommé.
L'influent
ayatollah chiite Ali Sistani a conditionné tout contact
avec l'émissaire du secrétaire général de l'Onu, Lakhdar
Brahimi, au rejet par l'organisation internationale
de la Constitution provisoire. Il qualifié cette loi
fondamentale de « loi étrangère » imposée
« par les forces d'occupation ». Selon
lui, l'Assemblée nationale à terme élue démocratiquement
sera « tenue par de nombreuses contraintes »
contenues dans ce texte « illégitime ».
Les chiites,
majoritaires, ont vu leurs vues freinées dans la loi
fondamentale sur plusieurs points, notamment le statut
de la femme, la place de l'islam ou les garanties constitutionnelles
obtenues par les Kurdes, assimilées à un droit de veto.
L'épreuve de force engagée avec M. Brahimi n'est pas
innocente : les chiites lui reprochent surtout
d'avoir appuyé l'affirmation américaine selon laquelle
des élections directes ne pouvaient être organisées
rapidement en Iraq.
De leur
côté, les Kurdes insistent pour avoir des garanties
concernant leurs droits dans le processus politique
en cours, notamment l'instauration du fédéralisme, sans
quoi ils menacent de ne plus y participer.
Restent
les sunnites, qui se braquent à l'idée de perdre le
pouvoir dont ils jouissaient sous Saddam Hussein. Dans
ce contexte, les organisations sunnites, dont le Conseil
des oulémas, risquent de continuer à bouder le processus
imaginé par l'occupant.
Que se
passera-t-il concrètement le 30 juin ? Trop de
flou règne encore sur la question alors que les tractations
se poursuivent. Un gouvernement intérimaire est appelé
à prendre les rênes. Sa forme et sa composition sont
inconnues. Une assemblée consultative doit aussi être
créée, peut-être forte de 100 à 150 personnes, ce qui
permettrait aux actuels membres du Conseil de gouvernement
provisoire d'être assurés de conserver un rôle. Désigner
les nouveaux représentants ne sera pas facile, alors
que la formule proposée des caucus ou élections indirectes
a finalement été enterrée. Les chrétiens chaldéens ou
les Yézidis, communauté religieuse inclassable, qui
ne sont pas représentés dans l'actuel exécutif, seraient
fondés à exiger un siège. Mais nombreux sont
ceux qui pensent que cet élargissement serait limité
et largement factice.
Une seule
chose est sûre : il n'y aura de gouvernement élu
qu'après l'élection d'une assemblée nationale, prévue
pour janvier 2005. D'ici là, les leaders iraqiens, quels
qu'ils soient, auront du mal à contrer les accusations
d'illégitimité populaire.
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