Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Algérie . Les deux « frères ennemis », le président sortant Abdelaziz Bouteflika et son ancien homme de confiance, patron du FLN, Ali Benflis, s'affrontent lors de la présidentielle du 8 avril.

Elections test

Les Algériens se rendent aux urnes, ce jeudi 8 avril, pour une élection présidentielle marquée par l'affrontement des « frères ennemis », issus du Front de Libération Nationale (FLN, ex-parti unique), le président sortant Abdelaziz Bouteflika et son ancien homme de confiance, Ali Benflis, patron de cette formation. Quatre autres candidats, dont une femme, participent à cette élection, la troisième pluraliste en Algérie depuis l'indépendance en 1962.

Cette présidentielle est un test pour la démocratie algérienne qui devra démontrer à l'opinion publique sa capacité à assurer, sans tricherie, une alternance du pouvoir, selon les experts. « Cette élection devrait se dérouler dans la transparence et l'honnêteté », a assuré le président Abdelaziz Bouteflika qui brigue un second quinquennat, en mettant sur pied une « Commission Politique Nationale de Surveillance des Elections Présidentielles » (CPNSEP) pour en « assurer la transparence ». Favori des élections, M. Bouteflika a adressé une instruction à l'administration lui demandant de garder sa « neutralité » dans ce scrutin, appelé « tous les acteurs » de cette élection, y compris les cinq autres candidats, à s'y investir loyalement et fait appel à des observateurs internationaux.

Malgré la multiplication de ces gages de bonne volonté, les adversaires de M. Bouteflika, une partie de l'opinion algérienne, la presse privée et des partis politiques, échaudés par les précédentes élections toutes entachées de fraude selon eux, ont ouvertement exprimé leur doute. Une dizaine de personnalités et des candidats ont notamment créé « un front anti-fraude ». Ce groupe, comprenant notamment deux candidats, a demandé le départ du gouvernement de même que l'islamiste radical Abdallah Djaballah. Il a exprimé des doutes sur l'impartialité de l'actuelle équipe gouvernementale dirigée par Ahmed Ouyahia, secrétaire général du Rassemblement National Démocratique (RND), qui soutient M. Bouteflika.

Ali Benflis, principal adversaire du président sortant, a saisi l'occasion pour mener une guerre ouverte contre Bouteflika. Ces derniers mois, il est devenu plus pugnace et n'hésite pas à étaler au grand jour les « dérives monarchiques » du président qu'il accuse de « pouvoir personnel » et d'être un homme du passé ne pouvant mener l'Algérie à la modernité. M. Benflis affirme être un adversaire convaincu de « la dictature », de « l'injustice », de « la corruption », dont il crédite le quinquennat de son ancien mentor.

M. Benflis avait dirigé la campagne électorale de M. Bouteflika lors de la présidentielle de 1999, puis son cabinet avant d'être son chef du gouvernement jusqu'à son limogeage brutal en mai 2003. Il affirme reprocher au président sortant de l'avoir empêché de gouverner. La candidature de M. Benflis a déclenché une guerre sans merci entre les deux hommes, entraînant l'éclatement du FLN.

Evitant toute polémique avec ses adversaires, M. Bouteflika, excellent orateur, a axé sa campagne électorale sur « les réussites » de son mandat, notamment sa politique de réconciliation nationale qui a permis une nette diminution des attentats et tueries des groupes armés islamistes. Il s'est aussi prévalu de l'amélioration de « l'image de marque » de l'Algérie à l'étranger, ainsi que du retour de la croissance économique. Des chiffres officiels indiquent que cette croissance a été de 6,8 % en 2003 contre 0,3 % entre 1993 et 1995, tandis que les réserves en devises sont estimées à 33 milliards de dollars, dues en grande partie à la hausse des cours du pétrole et du gaz, dont l'Algérie est un important producteur.

Malgré ces réalisations que chante M. Bouteflika, il laisse, à l'issue de son premier quinquennat, un pays dont la moitié de la population vit toujours en dessous du seuil de pauvreté. A son passif figure également une gestion jugée « catastrophique » de la crise kabyle depuis les émeutes sanglantes d'avril 2001, qui l'a rendu très impopulaire en Kabylie. Considérée comme la crise majeure de son quinquennat, elle aura été une déception pour cet homme qui dit avoir pris les rênes de l'Etat pour asseoir la paix et la réconciliation nationale. M. Bouteflika a par ailleurs été critiqué dans son pays pour sa gestion des catastrophes naturelles qui ont endeuillé le pays, notamment le séisme du 21 mai 2003 (2 300 morts et quelque 10 000 blessés) dans la région de Boumerdès (50 km à l'est d'Alger).

La grande inconnue, cependant, demeure la participation des Algériens, déçus et désabusés par les précédents scrutins frauduleux qui n'avaient guère répondu à leurs attentes, y compris lorsqu'ils avaient voté massivement, comme lors de la première présidentielle pluraliste de leur histoire, en 1995, remportée par le général Liamine Zéroual. Les candidats, sentant cette désaffection des Algériens, et le fait qu'une forte abstention jouerait en faveur du président sortant et des islamistes, ont multiplié les appels à une « participation massive », notamment des femmes, qui traditionnellement ne votent pas.

Maha Al-Cherbini

Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631