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se trouve aux Etats-Unis, mais le numéro inscrit sur l'écran
de votre téléphone portable commence par 010 ou 012 (les préfixes
des deux sociétés de téléphonie portable d'Egypte). Pas de doute,
cet appel a été transmis illégalement, c'est-à-dire sans passer
par le réseau international d'Egypt Telecom, l'entreprise
égyptienne de télécommunications, détentrice du monopole sur
les communications internationales.
A l'origine de
ce phénomène, des centres d'appels clandestins. Au Caire et
à Alexandrie. 85 d'entre eux ont été débusqués depuis 1998,
dont 6 au mois de mars dernier. « A cause de ces centres,
le manque à gagner d'Egypt Telecom s'élèvent à 100 millions
de L.E. par an », assure Ahmad Zoheiri du comité chargé
de la détection des opérateurs transmettant illégalement des
appels internationaux chez Egypt Telecom.
Les récents et
rapides développements technologiques des moyens de télécommunications
permettent en effet désormais à ces centres de faire passer
les appels téléphoniques internationaux par Internet ou via
des satellites au lieu de les transmettre à travers le
réseau international d'Egypt Telecom. Dans ce cas, Egypt
Telecom ne touche plus sa commission sur le coût de l'appel
reçu en Egypte depuis l'étranger. C'est là que le bât blesse.
Ces centres d'appels
clandestins utilisent un équipement technologique sophistiqué
ainsi que de nombreuses lignes de téléphonie mobile. Alaa Fahmi,
président de l'Organisme national chargé de l'organisation des
télécommunications, estime entre 150 000 et 200 000
L.E les sommes investies par chacun de ces centres, en plus
des factures mensuelles des lignes de portables.
Pour opérer en
Egypte, un tel centre d'appel doit posséder un partenaire à
l'étranger équipé pour transformer l'appel vocal en données
binaires et ensuite les envoyer via Internet ou un satellite.
Des installations similaires en Egypte permettent la reconversion
en appel vocal.
La pratique est
légale dans certains pays. Mais pas en Egypte, car Egypt
Telecom y possède, jusqu'à 2005, le monopole sur le appels
internationaux. « Aux Etats-Unis par exemple, Egypt
Telecom a conclu des contrats avec les trois géants de la
télécommunication. Mais ces dernières années, beaucoup de petites
sociétés ont germé. D'abord, elles ont acheté des minutes aux
grands opérateurs. En raison de leur prix, la clientèle était
peu nombreuse. Aujourd'hui, grâce au développement de la technologie,
les petites sociétés ont de plus en plus recours à Internet
et aux satellites. Leurs appels sont facturés moins cher comparés
aux réseaux officiels de télécommunication internationale »,
explique Ahmad Zoheiri. Ainsi, une carte prépayée achetée chez
ce nouveau genre d'opérateur coûte 20 dollars aux Etats-Unis
et la communication vers l'Egypte dure 60 minutes. Alors que
par l'intermédiaire du réseau normal, la minute coûte presqu'un
dollar. « En le transformant en données, l'appel qui
coûte 3 dollars peut ne coûter que 50 cents », remarque
Alaa Fahmi. Ainsi c'est Egypt Telecom qui est perdante.
Concernant les
appels internationaux passés depuis d'Egypte et à des prix inférieurs
à ceux pratiqués par Egypt Telecom, ils sont aussi possibles
grâce à l'Internet. Toujours au moyen des cartes prépayées.
Une minute de communication vers un pays européen ne coûte ainsi
que 25 piastres. Egypt Telecom en supporte également
les conséquences. Mais pas autant qu'avec les appels internationaux
entrants, puisque ces derniers sont six fois plus nombreux que
les appels sortants.
Un conflit d'intérêts
oppose donc clairement le consommateur, privé de profiter des
développements technologiques, à Egypt Telecom. Pour
l'heure, c'est elle la plus forte. Car la nouvelle loi relative
aux télécommunications promulguée en 2003 a posé de nouvelles
restrictions à ces centres d'appels, et les sanctions sont sévères.
Les personnes impliquées dans cette activité risquent entre
une et cinq années de prison, et/où une amende pouvant atteindre
500 000 L.E. Alors qu'auparavant, la sanction ne consistait
qu'en une modeste amende. |