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Lutte gréco-romaine . Qualifié pour les JO d'Athènes 2004, Karam Gaber (96 kg) qui ne suit plus les entraînements de la Fédération égyptienne, brigue une médaille d'or olympique. Entretien.
« Je n'attends rien de la Fédération égyptienne »

Al-Ahram hebdo : Que représente votre qualification pour les Jeux Olympiques (JO) d'Athènes 2004 ?

Karam Gaber : Ma qualification pour les JO n'est pas un objectif en soi. C'est une étape vers la conquête d'une médaille olympique. Je me suis qualifié pour Athènes 2004 en remportant la médaille d'argent lors des Championnats du monde qui se sont déroulés du 1er au 5 octobre à Créteil (France). Cette médaille démontre mon excellent niveau. Lors du Mondial de Moscou en 2002, j'ai obtenu la médaille d'argent. C'était la première de l'histoire de la lutte égyptienne depuis celle de Kamal Al-Sayed en 1962. Je tiens cependant à dire que je ne dois rien à la Fédération égyptienne de lutte et que je n'attends rien d'elle. Si je m'étais contenté de ses entraînements, je ne me serai jamais qualifié pour les JO 2004.

— Comment êtes-vous parvenu à un tel niveau ?

— Je suis issu d'une famille de sportifs. Mes frères, Mamdouh et Adel, qui pratiquent aussi la lutte, m'ont beaucoup aidé à améliorer mon niveau. Depuis 2000, je ne suis plus les entraînements de la fédération égyptienne. Je fais partie de la catégorie 96 kg, et je dois m'entraîner avec des athlètes de même poids. Ce qui est impossible en Egypte. C'est pourquoi je dois me rendre à l'étranger. La fédération égyptienne ne s'occupe pas de ma préparation. Elle a d'autres priorités. Comme celles de trouver de l'argent pour son fonctionnement.

— Comment vous préparez-vous aux JO d'Athènes ?

— Après avoir disputé le Mondial de Créteil puis les Jeux Africains (JA) d'Abuja en septembre 2003, je suis parti pour les Etats-Unis. Grâce à mon frère Adel qui réside là-bas, j'ai passé 4 mois d'entraînement avec la sélection américaine. J'ai disputé plusieurs rencontres amicales face aux meilleurs athlètes américains. A la fin de ce mois, je pars avec la sélection nationale effectuer un stage de préparation en Biélorussie et en Ukraine. Nous y disputerons un tournoi international, mais je ne compte pas me plier au programme d'entraînements de notre directeur technique. Je poursuivrai mon programme personnel.

— En quoi diffèrent les entraînements aux Etats-Unis de ceux en Egypte ?

— (Rire). La différence est aussi importante que celle qui existe entre ces deux pays. D'abord, l'atmosphère là-bas est saine, on respire de l'air frais. Au niveau équipement, les salles de gymnastique sont de meilleure qualité. Et bien sûr, le niveau des athlètes américains est très élevé, ce qui m'a beaucoup aidé. Aux Etats-Unis, les athlètes suivent un régime alimentaire, contrairement à ce qui se passe en Egypte. Personnellement, je ne pourrais pas avaler ce qu'on donne au Centre olympique de Maadi. A quoi s'ajoute la manière dont les Américains me traitent. Ils me considèrent comme un vrai champion. Lors des rencontres amicales, la salle est pratiquement pleine. Et puis les responsables de la fédération américaine m'ont offert un million de dollars, une voiture et une résidence pour prendre la nationalité américaine et lutter sous leurs couleurs. Mais j'ai refusé. Je tiens à obtenir une médaille d'or olympique pour l'Egypte. Sa dernière médaille olympique remonte à celle d'argent du judoka Mohamad Rachwane lors des Olympiades de Los Angeles en 1984.

— Lors des Mondiaux de Moscou et de Créteil, vous avez perdu la finale. Comment comptez-vous remporter la médaille d'or à Athènes ?

— Mon niveau me permet de remporter la médaille d'or. J'ai rencontré des difficultés d'arbitrage lors de ces Mondiaux. A Créteil, j'ai perdu face au Suédois Martin Lidberg qui a mené la rencontre 3-0 après seulement 2 minutes de combat. Il n'a réalisé cette performance que grâce à la partialité de l'arbitre. Pour moi, les dirigeants de la fédération égyptienne sont responsables. Car il existe une loi qui stipule qu'après avoir payé 300 dollars, le responsable de l'équipe peut se plaindre auprès du Comité organisateur et demander à se faire visionner la rencontre. S'il se révèle que les décisions de l'arbitre ne sont pas fondées, le Comité organisateur modifie le résultat du match. Mais les responsables égyptiens n'ont rien fait. Ils ne s'intéressent pas à nous. Il faut dire aussi qu'avant le match, les Suédois m'ont proposé 20 000 euros si je perdais le match. J'ai refusé. Donc, ils se sont repliés sur l'arbitre. Lors des JO d'Athènes je risque de rencontrer ces mêmes problèmes. J'espère que les responsables égyptiens seront cette fois de mon côté pour remporter la médaille d'or olympique.

Propos recueillis par Doaa Badr
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Karam Gaber
Poids : 94 kg
Age :
24 ans
Club 
: Olympique d'Alexandrie
Palmarès :

Championnats du monde : médaille d'argent en 2003 et en 2002, 14e place en 2001.
Championnats du monde juniors 1998 : médaille de bronze
Coupe du monde 2001 : médaille d'or
Championnats d'Afrique : médaille d'or en 2002, 2000, 1998 et 1997.
Jeux africains : médaille d'or en 1999.
Jeux méditerranéens : médaille d'or en 2001, médaille de bronze en 1997.
 
 

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