Absent
des podiums internationaux depuis un an, Bougui (84 kg)
a rattrapé ses coéquipiers Achraf Al-Gharabli (60 kg)
et Karam Gaber (96 kg) déjà qualifiés pour les Jeux
Olympiques (JO) par le biais des Championnats du monde
de Créteil (France) en octobre 2003. Il a en effet, et
enfin, décroché son ticket pour Athènes 2004 après avoir
terminé 5e du tournoi qualificatif qui s'est déroulé les
28 et 29 février à Novi Sad (Serbie-Monténégro). Car à
la surprise générale, le médaillé de bronze du Mondial
2002 de Moscou avait manqué l’occasion de se qualifier
pour Athènes lors des Championnats du monde 2003.
Dès le premier tour, il avait dû s'incliner face au Suédois
Abrahamian Ara. « Après ma défaite en Championnats
du monde de Créteil, j'ai traversé une période difficile.
Mais j'ai réussi à remonter la pente », déclare
Bougui. Il faut dire aussi que depuis la mort, le 11 juillet
2002, de l’ancien directeur technique de la sélection
nationale, l’Arménien Yéhia Kazarian, pas moins de 6 entraîneurs
ont succédé à celui qui a apporté à la lutte égyptienne
ses lettres de noblesse. Une instabilité qui reflète l'incompétence
des responsables de la Fédération égyptienne de lutte.
Laquelle a affecté le niveau du meilleur lutteur égyptien.
Désormais,
Bougui n'a plus de temps à perdre. Il a d'ailleurs reçu
une offre pour aller s'entraîner avec les lutteurs de
la sélection suédoise, qui prépare les Championnats d'Europe
d'avril prochain. « La Fédération égyptienne a
d'abord refusé mon départ pour la Suède », confie
le jeune lutteur. Après les Championnats d'Europe, Bougui
rejoindra ses coéquipiers en Ukraine pour la phase finale
de préparation aux JO. Pendant cette période, il travaillera
son physique en respectant un régime alimentaire sévère
afin de ne pas prendre de poids. Réputé pour son style
de jeu spectaculaire et sa rage de vaincre, Bougui sera
attendu par 19 autres lutteurs de sa catégorie aux JO
d'Athènes. Avec un niveau de jeu qui leur est pratiquement
similaire, la compétition sera rude. Bougui devra ainsi
affronter le Turc Hamza Yerlikaya, le Suédois Abrahamian
Ara, double champion du monde 2001 et 2002, le Russe Alexander
Menshikov et l'Israélien Tsitsiashvili Gotcha, champion
du monde en titre. Des athlètes de très haut niveau, mais
que Bougui connaît bien. « J'ai affronté ces lutteurs
à plusieurs reprises. Je les ai parfois battus »,
affirme-t-il. Ce qui ne l'empêche pas de vouloir étudier
de plus près encore leur jeu. « J'ai contacté
la Fédération internationale pour me procurer, sur mes
propres deniers, les enregistrements vidéo des Championnats
du monde et étudier les performances passées de mes adversaires »,
déclare Mohamad Abdel-Fattah.
Après
avoir terminé 8e des JO de Sydney 2000, Bougui n'a aucune
intention de rater l'occasion de remporter une médaille
olympique. Surtout avec l'expérience qu'il a acquise.
« Aux JO de Sydney, je n'ai pas fait le poids.
Aujourd'hui, j'ai une bonne réputation sur la scène internationale.
Ce qui me permettra peut-être de réaliser mon rêve de
monter sur le podium olympique », conclut-il.
|