Al-Ahram
Hebdo : La performance des arbitres égyptiens
est cette saison assez médiocre. Comment expliquez-vous
cela ?
Mohamad
Hafez : Il est vrai qu'ils ont commis des erreurs. Les
arbitres sont des êtres humains qui ont leurs défauts.
Mais leurs fautes ne se sont pas répercutées négativement
sur les résultats des rencontres. C'est ce qui pour moi
compte le plus. Je ne peux pas laisser dire que les arbitres
égyptiens sont médiocres.
— Les
deux penalties douteux accordés lors des matchs Ahli-Ismaïli
et Masri-Zamalek ont pourtant eu des conséquences
fâcheuses sur le résultat de ces deux rencontres ...
— Ces
deux rencontres ont été le sujet d'un grand débat. Il
n'en reste pas moins que pour moi, ces deux penalties
en question étaient légitimes. J'ai visionné plusieurs
fois l'enregistrement vidéo de la rencontre Ahli-Ismaïli.
Moetassem Salem, le défenseur d'Ismaïli, a bien
commis une faute contre Ossama Hosni, l'attaquant d'Ahli.
Même chose pour la rencontre opposant Masri à Zamalek
où Béchir Al-Tabéï a tiré le maillot de l'attaquant de
Masri. Les responsables de Zamalek n'ont
pas accepté cette décision, car le penalty a été sifflé
à la dernière minute de la rencontre. Ce qui a permis
l'égalisation.
— En
marge de ces deux rencontres, la plupart des entraîneurs
se plaignent continuellement des erreurs d'arbitrage ...
— Nous
sommes habitués à leurs protestations. C'est une méthode
bien connue des entraîneurs pour rejeter la responsabilité
de leur échec sur les arbitres. A chaque fin de rencontre,
et depuis 3 saisons, le cadre technique de Mansoura
se plaint du mauvais arbitrage. C'est absurde. Mais
cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'erreurs. Il en
existe et le comité d'arbitrage a par exemple suspendu
un arbitre international pendant trois mois après sa mauvaise
prestation lors d'un match de championnat national.
— Pourquoi
ces suspensions ne sont-elles pas communiquées à la presse ?
— La
suspension d'un arbitre n'est normalement que provisoire.
La déclarer à la presse, c'est le discréditer pour le
futur. Par contre en cas de faute grave comme une affaire
de corruption, les arbitres savent que je n'hésiterai
pas à les radier. Ce qui ne peut pas passer inaperçu.
— En
tant que chef du comité des arbitres au sein de la fédération,
êtes-vous satisfait du niveau de l'arbitrage en Egypte ?
— Non.
Il existe 1 900 arbitres au sein de la Fédération
égyptienne
de football. Avec ce nombre, il devrait y en avoir au
moins 40 de haut niveau. Malheureusement, ils ne sont
qu'une dizaine à être très bons. Ce que je considère comme
totalement insatisfaisant.
— Qu'est-ce
qui explique cette situation ?
— Les
raisons sont nombreuses. Avec d'abord le fait que les
primes de match ne dépassent pas les 200 L.E. Il y a aussi
le manque de confiance des arbitres qui sont sévèrement
critiqués par les médias. Mais la principale raison est
que les arbitres sont les mêmes depuis trop longtemps.
Il n'y a pas de renouvellement.
— Comment
comptez-vous remédier à cet état de fait ?
— Je
me suis entendu avec Essam Abdel-Moneim, le nouveau président
de la Fédération égyptienne de football, pour doubler
les primes de match qui devraient dorénavant être de 400
L.E. Par ailleurs, la fédération a accepté ma demande
d'interdire aux entraîneurs de critiquer les arbitres
dans les médias. J'ai aussi cherché, dès mon arrivée à
la tête du comité des arbitres en début de saison, à placer
23 jeunes arbitres lors des rencontres du championnat
national. A mon avis, ils assureront l'avenir de l'arbitrage
en Egypte.
— Les
entraîneurs ont cependant beaucoup protesté contre ces
jeunes arbitres ...
— Comme
je vous l'ai déjà dit, c'est une tactique qu'ils utilisent
pour se décharger de leurs responsabilités. Avec les jeunes
arbitres, ils ont trouvé un bon prétexte. Nous avons visionné
des enregistrements des rencontres. Sans constater de
fautes graves commises. En revanche, certains d'entre
eux ont effectué de bonnes prestations. Je pense à Mohamad
Farouq, Mohamad Abbass, Sayed Abdel-Ghaffar, Al-Sayed
Fathi.
— Il
est dit que vous favorisez les jeunes arbitres au détriment
des plus anciens. Que répondez-vous à cela ?
— C'est
faux. Vous faites allusion au début de saison où des jeunes
ont arbitré plusieurs rencontres de championnat national.
J'ai placé 5 jeunes arbitres aux côtés de deux autres
plus anciens. Quand on veut tester des arbitres, les premières
journées de championnat sont idéales. Cela aurait été
impossible lors des rencontres de second tour. En ce moment,
ce sont les arbitres internationaux et les plus anciens
qui arbitrent les matchs de second tour, avec à leur côté
un ou deux jeunes.
— On
vous accuse également de favoritisme, notamment à l'égard
des fils d'ex-arbitres devenus eux-mêmes arbitres. Qu'en
pensez-vous ?
— Vous
parlez de Yasser Abdel-Raouf, Mahmoud Samir Osmane et
Aymane Hafez. Les deux premiers sont des arbitres prometteurs
et n'ont arbitré que deux rencontres de championnat. Il
existe d'autres jeunes arbitres qui ont arbitré 4 rencontres
de championnat national. En ce qui concerne mon fils Aymane
Hafez, il est selon tous les observateurs, un arbitre
prometteur. Et pour couper court aux critiques, Aymane
n'a arbitré cette saison qu'une seule rencontre, celle
qui a opposé Ahli à Tanta en match comptant
pour les 16es de finale de la Coupe d'Egypte. Il n'a arbitré
aucune rencontre de championnat. Alors où est le favoritisme ?
— L'Egypte
se distingue des autres pays européens, africains et même
asiatiques par ses arbitres internationaux plutôt âgés.
Comment expliquez-vous cette situation ?
— Avant
d'inscrire un arbitre sur la liste internationale, il
faut qu'il s'exprime d'abord sur la scène nationale. Le
problème , c'est que dans le passé, les précédents comités
d'arbitres ont tardé à donner une chance aux plus jeunes
arbitres. Depuis le début de la saison, je m'y efforce.
Ce qui me vaut de sévères critiques de la part des entraîneurs
et de la presse. Mais je ne perds pas espoir. Je compte
poursuivre ma stratégie.
— La
semaine dernière, vous avez procédé à un remaniement du
comité des arbitres. Quels sont vos nouveaux objectifs ?
— Depuis
ma nomination en tant que chef du comité en début de saison,
mes objectifs n'ont pas changé. Je cherche à améliorer
la qualité de l'arbitrage en Egypte en créant une nouvelle
génération d'arbitres. Le comité précédent manquait d'homogénéité
et d'harmonie pour atteindre cet objectif. Mais je reste
très optimiste. Avec Gamal Al-Ghandour, Ahmad Badawi et
Gamal Sedqi comme nouveaux membres du comité, nous pourrons
faire avancer les choses.
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