Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Sport

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Football . Mohamad Hafez, chef du comité des arbitres de la Fédération égyptienne, se dit insatisfait de la situation de l'arbitrage et mise sur la jeune génération. Entretien.
« Je reste très optimiste »

Al-Ahram Hebdo : La performance des arbitres égyptiens est cette saison assez médiocre. Comment expliquez-vous cela ?

Mohamad Hafez : Il est vrai qu'ils ont commis des erreurs. Les arbitres sont des êtres humains qui ont leurs défauts. Mais leurs fautes ne se sont pas répercutées négativement sur les résultats des rencontres. C'est ce qui pour moi compte le plus. Je ne peux pas laisser dire que les arbitres égyptiens sont médiocres.

— Les deux penalties douteux accordés lors des matchs Ahli-Ismaïli et Masri-Zamalek ont pourtant eu des conséquences fâcheuses sur le résultat de ces deux rencontres ...

— Ces deux rencontres ont été le sujet d'un grand débat. Il n'en reste pas moins que pour moi, ces deux penalties en question étaient légitimes. J'ai visionné plusieurs fois l'enregistrement vidéo de la rencontre Ahli-Ismaïli. Moetassem Salem, le défenseur d'Ismaïli, a bien commis une faute contre Ossama Hosni, l'attaquant d'Ahli. Même chose pour la rencontre opposant Masri à Zamalek où Béchir Al-Tabéï a tiré le maillot de l'attaquant de Masri. Les responsables de Zamalek n'ont pas accepté cette décision, car le penalty a été sifflé à la dernière minute de la rencontre. Ce qui a permis l'égalisation.

— En marge de ces deux rencontres, la plupart des entraîneurs se plaignent continuellement des erreurs d'arbitrage ...

— Nous sommes habitués à leurs protestations. C'est une méthode bien connue des entraîneurs pour rejeter la responsabilité de leur échec sur les arbitres. A chaque fin de rencontre, et depuis 3 saisons, le cadre technique de Mansoura se plaint du mauvais arbitrage. C'est absurde. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'erreurs. Il en existe et le comité d'arbitrage a par exemple suspendu un arbitre international pendant trois mois après sa mauvaise prestation lors d'un match de championnat national.

— Pourquoi ces suspensions ne sont-elles pas communiquées à la presse ?

— La suspension d'un arbitre n'est normalement que provisoire. La déclarer à la presse, c'est le discréditer pour le futur. Par contre en cas de faute grave comme une affaire de corruption, les arbitres savent que je n'hésiterai pas à les radier. Ce qui ne peut pas passer inaperçu.

— En tant que chef du comité des arbitres au sein de la fédération, êtes-vous satisfait du niveau de l'arbitrage en Egypte ?

— Non. Il existe 1 900 arbitres au sein de la Fédération

égyptienne de football. Avec ce nombre, il devrait y en avoir au moins 40 de haut niveau. Malheureusement, ils ne sont qu'une dizaine à être très bons. Ce que je considère comme totalement insatisfaisant.

— Qu'est-ce qui explique cette situation ?

— Les raisons sont nombreuses. Avec d'abord le fait que les primes de match ne dépassent pas les 200 L.E. Il y a aussi le manque de confiance des arbitres qui sont sévèrement critiqués par les médias. Mais la principale raison est que les arbitres sont les mêmes depuis trop longtemps. Il n'y a pas de renouvellement.

— Comment comptez-vous remédier à cet état de fait ?

— Je me suis entendu avec Essam Abdel-Moneim, le nouveau président de la Fédération égyptienne de football, pour doubler les primes de match qui devraient dorénavant être de 400 L.E. Par ailleurs, la fédération a accepté ma demande d'interdire aux entraîneurs de critiquer les arbitres dans les médias. J'ai aussi cherché, dès mon arrivée à la tête du comité des arbitres en début de saison, à placer 23 jeunes arbitres lors des rencontres du championnat national. A mon avis, ils assureront l'avenir de l'arbitrage en Egypte.

— Les entraîneurs ont cependant beaucoup protesté contre ces jeunes arbitres ...

— Comme je vous l'ai déjà dit, c'est une tactique qu'ils utilisent pour se décharger de leurs responsabilités. Avec les jeunes arbitres, ils ont trouvé un bon prétexte. Nous avons visionné des enregistrements des rencontres. Sans constater de fautes graves commises. En revanche, certains d'entre eux ont effectué de bonnes prestations. Je pense à Mohamad Farouq, Mohamad Abbass, Sayed Abdel-Ghaffar, Al-Sayed Fathi.

— Il est dit que vous favorisez les jeunes arbitres au détriment des plus anciens. Que répondez-vous à cela ?

— C'est faux. Vous faites allusion au début de saison où des jeunes ont arbitré plusieurs rencontres de championnat national. J'ai placé 5 jeunes arbitres aux côtés de deux autres plus anciens. Quand on veut tester des arbitres, les premières journées de championnat sont idéales. Cela aurait été impossible lors des rencontres de second tour. En ce moment, ce sont les arbitres internationaux et les plus anciens qui arbitrent les matchs de second tour, avec à leur côté un ou deux jeunes.

— On vous accuse également de favoritisme, notamment à l'égard des fils d'ex-arbitres devenus eux-mêmes arbitres. Qu'en pensez-vous ?

— Vous parlez de Yasser Abdel-Raouf, Mahmoud Samir Osmane et Aymane Hafez. Les deux premiers sont des arbitres prometteurs et n'ont arbitré que deux rencontres de championnat. Il existe d'autres jeunes arbitres qui ont arbitré 4 rencontres de championnat national. En ce qui concerne mon fils Aymane Hafez, il est selon tous les observateurs, un arbitre prometteur. Et pour couper court aux critiques, Aymane n'a arbitré cette saison qu'une seule rencontre, celle qui a opposé Ahli à Tanta en match comptant pour les 16es de finale de la Coupe d'Egypte. Il n'a arbitré aucune rencontre de championnat. Alors où est le favoritisme ?

— L'Egypte se distingue des autres pays européens, africains et même asiatiques par ses arbitres internationaux plutôt âgés. Comment expliquez-vous cette situation ?

— Avant d'inscrire un arbitre sur la liste internationale, il faut qu'il s'exprime d'abord sur la scène nationale. Le problème , c'est que dans le passé, les précédents comités d'arbitres ont tardé à donner une chance aux plus jeunes arbitres. Depuis le début de la saison, je m'y efforce. Ce qui me vaut de sévères critiques de la part des entraîneurs et de la presse. Mais je ne perds pas espoir. Je compte poursuivre ma stratégie.

— La semaine dernière, vous avez procédé à un remaniement du comité des arbitres. Quels sont vos nouveaux objectifs ?

— Depuis ma nomination en tant que chef du comité en début de saison, mes objectifs n'ont pas changé. Je cherche à améliorer la qualité de l'arbitrage en Egypte en créant une nouvelle génération d'arbitres. Le comité précédent manquait d'homogénéité et d'harmonie pour atteindre cet objectif. Mais je reste très optimiste. Avec Gamal Al-Ghandour, Ahmad Badawi et Gamal Sedqi comme nouveaux membres du comité, nous pourrons faire avancer les choses.

Propos recueillis par Mohamad Mosselhi

Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631