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Football
. Les erreurs d'arbitrage à répétition de cette
saison ont mené à la dissolution du comité d'arbitrage
principal. Une réforme se met en place.
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Carton
rouge pour l'arbitrage |
L'arbitrage
égyptien est l'objet depuis quelques mois d'intenses
critiques. Clubs, entraîneurs, supporters, médias
et même certains responsables de la Fédération
Egyptienne de Football (FEF), tous ont manifesté
leur mécontentement à la suite des nombreuses
erreurs commises cette saison.
Un
volumineux dossier de plaintes a ainsi été déposé
au Comité d'Arbitrage Principal (CAP). « S'ils
veulent attribuer le titre à Zamalek ou
Ahli, ils n'ont qu'à le dire tout de suite »,
a déclaré Theo Bucker, directeur technique d’Ismaïli.
« Je vais prendre ma retraite si ça continue
comme ça. Ces erreurs ruinent nos efforts »,
« nous faisons un grand effort pour
échapper à la relégation. Mais les arbitres nous
empoisonnent », ont de leur côté affirmé
Helmi Toulane et Hassan Mégahed respectivement
directeurs techniques de Haras Al-Hodoud
et de Mansoura.
L'erreur
d'arbitrage fait certes partie du jeu. Mais il
y a des limites. Ainsi, et suite à l'accumulation
de fautes, Essam Abdel-Moneim, président de la
FEF, a demandé un remaniement du CAP tout en conservant
Mr Mohamad Hafez à sa tête. Cela a été chose faite
jeudi 18 mars. Il doit rester en place jusqu'en
novembre prochain, date des prochaines élections
à la FEF. « J'admets qu'il y a eu des
erreurs récemment. Mais cela arrive partout, que
ce soit en Afrique, en Europe et même en Coupe
d'Afrique des Nations (CAN) ou en Coupe
du monde. Les choses se sont amplifiées à cause
de la crise de confiance qui règne entre les arbitres
et les autres acteurs du foot. Entraîneurs et
joueurs critiquent les arbitres et personne n'est
là pour les défendre. Ce qui les place en situation
de faiblesse », déclare Gamal Al-Ghandour,
ex-arbitre international et actuel directeur technique
au sein du CAP. Pour lui, il est indispensable
de mettre fin à cette vague de protestations afin
que les arbitres retrouvent confiance auprès du
public.
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Former
un nouveau noyau
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La
crise actuelle de l'arbitrage égyptien trouverait
sa source dans le fait qu'un nombre important de
nouveaux jeunes arbitres ont été propulsés sur la
scène locale. L'objectif étant de former une nouvelle
génération. La saison dernière, on comptait 7 ou
8 arbitres pour plus de 80 % des matchs. Alors
que cette saison, leur nombre tourne autour de 30.
Selon Hafez, il faut donner une plus grande chance
à ces jeunes arbitres qui forment la génération
à venir. Il est donc normal que des erreurs se produisent.
C'est un mal inévitable.
Mais
le malaise de l'arbitrage ne réside pas seulement
dans les erreurs commises par la nouvelle génération.
Il s'explique également par celles des plus anciens.
« L'arbitrage est un élément très important
dans le football. On nous demande d'être parfaits
alors que nous souffrons d'un grave manque de moyens »,
déclare Essam Abdel-Fattah, arbitre international
égyptien qui a participé à la Coupe d'Afrique des
nations 2004. Les juges égyptiens sont très mal
considérés par la FEF et le ministère de la Jeunesse.
Ils ne perçoivent que 200 L.E. par rencontre,
ce qui constitue une somme misérable comparée à
celle que touchent leurs homologues étrangers. « Les
arbitres tunisiens reçoivent environ 300 dollars
(soit environ 2 000 L.E.) par rencontre,
outre d'autres privilèges. Mais ici, nous n'avons
même pas d'assurance médicale », ajoute
Abdel-Fattah. La somme reçue ne suffit bien sûr
pas pour vivre. C'est pourquoi la majorité des arbitres
exercent une activité professionnelle parallèle.
Du coup, ils perdent en concentration. |
Négligence
et mauvaise formation
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Sans
compter que la formation des arbitres en Egypte
est entièrement à revoir. Celle qu'ils reçoivent
ne leur permettant pas d'assumer leurs responsabilités.
Avant chaque saison, les arbitres sont réunis pendant
48 heures en camp de préparation où les dirigeants
du CAP leur donnent des consignes générales. Puis
ils sont informés des dernières directives de la
Fédération International de Football (FIFA) et des
nouvelles instructions techniques. Des éléments
insuffisants pour mettre sur pied une large base
d'arbitre correctement formée. Surtout si on les
compare aux moyens fournis par d'autres pays. Dans
les pays du Golfe et certains pays arabes, les arbitres
reçoivent des cours intensifs en centre de formation.
La préparation de la saison se fait généralement
sur 2 à 3 semaines et un camp de préparation extérieur,
généralement en Europe, est organisé pour leur inculquer
les techniques nécessaires.
De
même, les arbitres représentant l'Egypte en compétitions
internationales ne reçoivent aucune préparation
particulière pour donner une bonne image de leur
pays. « Pour être en forme lors des grandes
compétitions, nous faisons un effort personnel pour
compenser la préparation insuffisante de la fédération »,
déclare l'arbitre de touche international Hicham
Salah. « En championnat du monde juniors
2001, j'ai été vraiment surpris d'apprendre que
la majorité des arbitres des autres pays avaient
reçu des cours spéciaux avant la compétition et
avaient même visionné les matchs d'équipes participantes
pour mieux connaître les joueurs », ajoute
Salah.
Malgré
ce grave manque de moyens, les arbitres égyptiens
ont fait leurs preuves sur la scène internationale,
notamment grâce à Gamal Al-Ghandour, perçu comme
l'un des meilleurs arbitres au monde. Essam Abdel-Fattah
a lui aussi beaucoup impressionné lors de sa première
participation en CAN en janvier dernier. Mais ces
talents ne sont pas le résultat d'une méthode de
travail organisée. « Depuis l'apparition
du foot en Egypte, les arbitres ne font l'objet
d'aucune attention. Je ne blâme personne, mais c'est
une mauvaise habitude prise par les différents conseils
d'administration de la fédération. Aujourd'hui,
nous essayerons de changer la situation »,
déclare Al-Ghandour. Récemment nommé directeur technique
au sein du COI, ce grand arbitre mène désormais
la réforme de l'arbitrage en Egypte. Ce poste est
une première dans le pays et son rôle consistera
à dispenser des cours techniques et à élaborer un
programme de préparation qui sera appliqué tout
le long de la saison. « Je n'ai pas encore
rencontré le ministre de la Jeunesse ni le président
de la FEF. Mais je ne pense pas qu'ils refuseront
de nous fournir le support nécessaire pour réussir
notre mission », déclare Al-Ghandour.
La
tâche s'annonce difficile et les résultats ne devraient
pas être perceptibles de sitôt. Mais le football
en Egypte traverse une période critique et la réforme
de l'arbitrage est incontournable pour redonner
crédit à un sport adulé. |
Karim
Farouk |
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