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Polémique . Une récente annonce de la mise en vente du palais du Baron Empain à Héliopolis a remis sur le tapis la question de l'ambiguïté de son statut.
L'avenir incertain du palais fantôme
Palais hanté, lieu de rencontre des satanistes, le palais du Baron Empain construit en 1905 a une drôle de réputation. Il reste toutefois l'un des plus beaux palais du Moyen-Orient, une demeure historique qu'il faut préserver. Une récente annonce de l'intention des propriétaires actuels du palais de le mettre en vente a soulevé l'émotion au sein des amoureux du patrimoine. « Cette annonce nous a valu une interrogation à l'Assemblée du peuple », souligne Mme Suzanne Al-Dali, archéologue du département de l'Est du Caire relevant du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), chargée du dossier. Et d'ajouter que pour vendre ce palais, il faut obtenir l'autorisation du CSA. Malheureusement, une demande en ce sens n'a pas été formulée. « Ce qui rend toute vente non réglementaire ». De toute façon, l'ambiguïté règne sur le statut du palais du Baron Empain, l'homme qui fit construire Héliopolis.

La récente publication de l'intention des propriétaires du palais, deux hommes d'affaires arabes, à travers leur représentant en Egypte, de vendre le palais n'est pas la première en son genre. Beaucoup de tentatives ont été faites afin de dégeler la situation qui fige le palais depuis plus de quarante ans dans l'image d'une maison de fantôme. « La situation dans laquelle se trouve le palais revient au fait qu'il n'est point utilisé », souligne le représentant des hommes d'affaires, l'avocat Mokhlès Al-Gassem. Et d'ajouter qu'on a déjà représenté plusieurs projets qui visent à le transformer en site touristique, mais qu'aucune réponse positive n'a été obtenue du CSA.

En effet, ce statu quo incarne bien la divergence des points de vue entre intérêt privé et intérêt public. Lorsque le palais fut vendu par les héritiers du Baron Empain après la Révolution de 1952 à des hommes d'affaires arabes, il était entendu que les nouveaux propriétaires utilisent le palais et son parc à leur guise comme n'importe quel autre bien immobilier, mais à condition de maintenir le caractère historique et architectural du palais. C'est pour cela que tous les projets présentés ont été rejetés par le CSA, soit parce qu'ils portent atteinte au palais, soit parce qu'ils visent à le détruire purement et simplement pour y ériger à la place du béton armé. Chose que le CSA a refusée catégoriquement d'autant plus que la loi 117 de l'année 1983 stipule qu'aucune réhabilitation n'est permise dans un bâtiment historique qu'après l'approbation du Conseil suprême des antiquités. Ce qui fait que tout projet visant à réutiliser le palais et ne respectant pas son intégrité est pratiquement rejeté. De même la loi 230 de l'année 1989 concernant les investissements interdit aux étrangers de posséder des biens classés comme patrimoine national.

Du côté du CSA, le manque des moyens financiers empêche de racheter ce joyau d'une architecture très originale de style hindou. Mais le problème ne s'arrête pas là. Si les propriétaires veulent à leur tour vendre le palais afin de dégeler la situation, ils n'en ont pas le droit vu que toute décision concernant le palais doit émaner du Conseil suprême des antiquités.

Un véritable cercle vicieux donc. Tant que les propriétaires et le Conseil suprême des antiquités n'arrivent pas à trouver un compromis, ce palais continuera à abriter des fantômes.

Nada Al-Hagrassy

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Un joyau au style hindou

Bâti au début du siècle dernier (1905) par l'architecte français Alexandre Marcel, le palais du Baron est de style hindou. Sa construction aura duré 9 ans, de 1905 à 1914. Le palais était en béton armé, ce qui constitue une première à l'époque en Egypte. Les éléments architecturaux avaient été coulés en France puis montés pièce par pièce sur place. Il occupe une superficie de 23 806 m2. Son intérieur ressemble à une villa classique. Il est également renommé de part ses statues de danseuses hindoues, d'éléphants de cavaliers portant de sabres et des reproductions de Bouddha. Toute cette décoration donne une impression de faste, de splendeur et de grandeur au palais et fait de lui un joyau architectural unique. En 1952, il fut vendu à deux associés, un Saoudien et un Syrien qui ne l'ont jamais occupé.

N. H.
 

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