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Découverte . Une mission égypto-américaine vient de découvrir des gravures sur un grès à Kharga portant un nouveau nom d'un roi de l'époque prédynastique.
Kharga dévoile ses secrets
En plein désert, précisément à Aïn Amour au nord de l'oasis de Kharga, émerge un grand rocher de grès. C'est là qu'une mission égypto-américaine présidée par l'archéologue Salima Ekram a découvert des gravures remontant à l'époque prédynastique (4000 à 3300 av. J.-C.) ainsi que deux inscriptions du Moyen et Nouvel Empire. En même temps, des poteries de l'époque gréco-romaine et d'autres pièces de différentes époques islamiques ont été encore dévoilées. Les gravures trouvées se composent d'un caractère hiéroglyphique incisé dans un cartouche qui entoure le nom du roi surmonté du symbole du dieu Horus. « On l'a lu, et je pense que c'est un roi de l'époque prédynastique encore inconnu pour nous », explique Salima

Ekram, directrice de la mission. D'après elle, c'est la première fois qu'une telle gravure remontant à 3 000 ans avant notre ère soit découverte dans le désert occidental, commente-t-elle. Par contre, ce genre d'inscriptions est répandu plutôt dans le désert oriental.

Jusqu'à maintenant, les experts ne savent pas exactement pourquoi les gens allaient à cet endroit à cette époque lointaine surtout qu'il n'y avait pas de mines d'or, un des objectifs les plus précieux de telles expéditions. « Mais il paraît que c'était une expédition royale à la recherche de l'alun », suppose l'experte. Cette matière servait à la momification et à la stabilisation des couleurs sur la toile et le cuir des animaux ainsi que les tissus. Cette matière entrait de même dans la fabrication des médicaments.

Sur ce rocher, ont été gravées également des images de girafes, éléphants, gazelles, oryx, ibex, taureaux, autruches et crocodiles. « Il est très rare de trouver un crocodile gravé sur un rocher, d'où un autre aspect du caractère unique du site », explique la professeure. La mission a découvert deux inscriptions gravées  : la date de la première remonte au Moyen Empire, celle de la seconde du Nouvel Empire. Ces inscriptions ne sont pas encore étudiées. Mais il est évident qu'elles vont enrichir l'étude de l'histoire égyptienne.

Ce rocher semblait être un relais essentiel pour habitants de la Vallée du Nil dans leur périple vers la Libye ou l'Afrique. L'importance de ce gîte d'étape a duré tout au long de l'histoire. comme le prouvent les poteries gréco-romaines. En effet, « la forme de ce rocher protégeait les voyageurs contre les courants d'air et la chaleur du soleil », affirme l'archéologue. Au fil des jours, le rocher est devenu un repère pour les voyageurs du désert occidental. Son importance a augmenté à la période islamique. Les pèlerins venant de l'Afrique Noire pour La Mecque devaient passer par ce rocher. Les poteries islamiques relevées d'en dessous l'argumentent bien.

Pour les archéologues, malgré la richesse de ce site, il risque de se dégrader. « Les touristes, amateurs du désert, détachaient des morceaux de ce rocher », explique Salima Ekram. Quelques-uns parmi eux connaissent l'importance archéologique du site. Ils pillent les antiquités, déplore-t-elle. L'archéologue espère ainsi que les responsables fourniront des moyens de sécurité adéquats pour préserver ce patrimoine.

Doaa Elhami
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