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Recyclage . L'Agence égyptienne pour les affaires de l'environnement a lancé le projet de recycler la poussière du ciment émanant des trois usines de Hélouan.
Une poussière apprivoisée

Chaque jour, 1 200 tonnes de poussière de ciment sont vomies dans Le Caire par les trois cimenteries situées à Hélouan.

La poussière du ciment est considérée comme le plus dangereux polluant sur le long terme ; elle peut causer un durcissement des poumons.

Jusqu'à présent, la plupart des cimenteries s'en débarrassaient soit à côté des industries ou plus loin dans le désert. Mais un peu de vent est capable d'éparpiller cette poussière.

« On devrait absolument se débarrasser de cette poussière, car elle nuit à notre production », explique l'ingénieur Tamer Galal, responsable du développement à la cimenterie ASEC Hélouan (Arab Swiss Engineering Co.). En effet, cette poussière est composée d'un mélange d'alcalis, avec un taux qui dépasse 20 %, ce qui la rend capable d'éroder le fer. C'est pourquoi elle n'est pas réutilisée dans la construction, comme l'explique Galal. En même temps, cette poussière a des effets inflammatoires sur la peau. La poussière résultant d'ASEC (la seule cimenterie qui nous a ouvert ses portes) est enterrée dans les anciennes carrières à une profondeur de 30 mètres. Mais la question est : Pourquoi enterrer un produit qui peut être recyclé ?

Selon les experts, la poussière du ciment peut être à la base de plusieurs industries comme la fabrication des dalles pour les trottoirs, la fabrication de certaines sortes de verre. « Elle pourrait être encore utilisée dans l'asphaltage des rues. Mais malgré tous ces domaines de recyclage, cette richesse demeure négligée », s'étonne M. Galal.

Mais il semble que les responsables ont changé d'orientation. L'Agence Egyptienne pour les Affaires de l'Environnement (AEAE) vient de lancer un projet visant à recycler cette poussière encombrante.

Le projet sera exécuté par une entreprise privée en coopération avec le Centre des recherches sur les constructions et l'habitat ainsi qu'avec la société les Constructeurs arabes.

Les travaux de cette entreprise, qui a signé son contrat en janvier 2004, seront supervisés par l'AEAE.

« L'entreprise est sur le point d'achever les procédures juridiques pour le début du fonctionnement dans les plus brefs délais », assure l'ingénieur Mona Habib, directrice des activités spécifiques au sein de l'AEAE.

Selon elle, il est prévu que les Constructeurs arabes profitent de 60 % de cette poussière dégagée par les trois cimenteries à Hélouan dans les travaux de dallage des trottoirs. Elle assure que ces activités n'ont aucun effet nocif sur la santé de l'homme.

Il est de même prévu que cette entreprise gère ce projet de Beit Al-Qahéra (la maison du Caire) située à Fostat et appartenant à l'AEAE. D'autre part, le ministre de l'Environnement, Mamdouh Riyad, a effectué mercredi dernier une visite dans le village de Sers Al-Layane dans le gouvernorat de Ménoufiya pour superviser une nouvelle usine de recyclage qui produit une sorte de verre de couleur bleu foncé en utilisant la poussière du ciment et le sable de verre.

En effet, le recyclage de la poussière du ciment fait d'une pierre deux coups. Premièrement, il permet l'absorption d'une des sources de pollution les plus ennuyeuse. Deuxièmement, les nouveaux produits « seront bon marché puisque leur matériel de base l'est aussi », conclut Tamer Galal. Un dossier à suivre.

Doaa Elhami
« Les médias doivent donner plus
de place aux questions écologiques 
»
Le Conseil national de la femme a choisi le thème de l'environnement comme axe principal de sa quatrième conférence tenue à la Bibliothèque d'Alexandrie. Wafiya Eteiba, responsable du comité environnemental au sein du CNF, nous fait le point.
Al-Ahram Hebdo : Pourquoi le Conseil National de la Femme (CNF) a-t-il opté durant cette quatrième conférence tenue du 13 au 16 mars pour le thème de l'environnement en particulier ?
 

Wafiya Eteiba : Pour commencer, il faut avoir en tête un principe très important, le développement est un droit essentiel pour les peuples du monde entier. Ce développement doit se réaliser dans le cadre de la protection de l'environnement et de la biodiversité. En fait, la relation entre l'environnement et le développement est complémentaire. Les activités menant le développement ne manquent pas. Partant, il est nécessaire d'intégrer l'aspect environnemental dans les politiques du développement durable. De même, il est nécessaire de renforcer la coopération entre le gouvernement et les ONG en ce qui concerne la prise des décisions dans le but de réaliser une complémentarité. Cette dernière se réalise en changeant les modes de consommation, en réduisant les déchets ménagers, agricoles et industriels.

— Jusqu'à quel point la femme peut-elle influer sur l'environnement et vice-versa ?

— La femme mène une vie difficile dans les zones d'habitation. Elle est responsable de la propreté de sa famille et de son foyer. Il s'agit également d'un parcours quotidien à la recherche d'eau potable. Il y a aussi le problème des eaux usées. Ce qui précède fait que la femme gaspille son temps et ses efforts à la recherche d'un verre d'eau. Elle perd donc sa santé physique et psychologique et plus important encore son droit à une vie confortable. En fait, les zones d'urbanisme sauvage surpeuplées manquent d'aération. Les tas d'ordures qui traînent dans les rues de ces zones causent la propagation des insectes et des maladies contagieuses telles que la tuberculose, la rougeole, les maladies de l'appareil digestif. Il est donc nécessaire que le CNF en coopération avec les ONG déploient des efforts pour sensibiliser la population surtout dans les zones sauvages, envers l'environnement afin d'éviter les risques de maladies et de pollution.

— Comment peut-on réaliser cette sensibilisation ?

— La mission est vraiment difficile. Mais on a encore le temps. Selon la déclaration des Nations-Unies sur les buts du développement du millénaire signé par 189 pays, y compris l'Egypte en 2000, il s'agit de réduire de moitié le nombre de personnes dépourvues d'eau potable jusqu'en 2015.

Le problème est plus compliqué dans les villages, car le niveau de la sensibilisation est très bas. Il faut commencer par la femme rurale et lui expliquer les effets négatifs de l'incinération en plein air des déchets agricoles et solides. Ces femmes doivent savoir que les incinérations successives sur les champs fait perdre aux terrains leur fertilité. Parmi les principes qu'on doit propager il y a celui de l'hygiène. La femme doit savoir qu'elle ne doit pas jeter les ordures dans la rue, elle ne doit pas laver sa vaisselle ou jeter la volaille morte dans les cours d'eau pour éviter la pollution de l'eau. Elle doit de même pousser ces enfants à aimer la verdure. La femme doit faire attention à ne pas polluer son foyer en utilisant les insecticides qui sont dans la plupart cancérigènes. En effet, le CNF étudie actuellement l'installation d'une ligne rouge pour recevoir les plaintes concernant l'environnement destinées aux responsables concernés.

A mon avis, le message environnemental ne sera répandu qu'à travers les médias, qui doivent donner plus de place aux questions écologiques.

Propos recueillis par
Dina Ibrahim

 

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