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Iraq . Malgré un imposant dispositif de sécurité, plus de 1 500 manifestants se sont rassemblés samedi 20 mars à l'occasion du premier anniversaire de la guerre contre l'Iraq.

Place Tahrir un an après

Les cordons de police barricadaient, samedi 20 mars, toutes les rues menant à la place Tahrir, la plus importante au Caire. La circulation était bloquée dans tout Le Caire à cause des changements de direction. Des barricades étaient installées partout au bas du pont du 6 Octobre. Objectif : empêcher toute personne d’accéder à la place Tahrir et rejoindre la manifestation organisée à l'occasion du premier anniversaire de la guerre contre l'Iraq.

Les journalistes et les citoyens qui voulaient participer à cette manifestation ont été obligés de faire un grand détour pour arriver à la place. Certains d'entre eux ont été découragés après maintes tentatives d'y accéder vouées à l'échec. « Cela fait une heure que je fais le tour et à chaque cordon de police, je trouve un officier qui me dit que le passage est interdit et que je devrais aller essayer de l'autre côté », se plaint Sara, du Centre des études socialistes.

En même temps, ceux qui ont réussi à se frayer un chemin ont fini par se trouver coincés entre deux files de policiers. Les manifestants, encerclés par les forces de l'ordre, scandaient des slogans tels « l'Iraq et la Palestine sont une seule cause. Les Etats-Unis et Israël sont un même ennemi ! », et « Pour la résistance iraqienne ! ».

Certains manifestants portaient des photos de l'ancien président Gamal Abdel-Nasser. Les noms de certains cadres de l'Ordre des avocats, des partis nassérien et du Rassemblement ainsi que d'autres courants figuraient sur les banderoles. Des représentants du comité populaire du soutien à l'Intifada, d'autres de différents partis politiques ainsi que certains islamistes ont participé à la manifestation. « La situation dans le monde arabe est déplorable. L'Iraq est occupé, les Palestiniens sont réprimés et les dirigeants arabes restent les bras croisés », s'indigne Aboul-Ela Madi, de la confrérie des Frères musulmans. Et d'ajouter : « Nous avons perdu l'espoir de voir un sommet arabe qui réussisse à faire face aux Américains et aux Israéliens. Nous avons arrêté de réclamer quoi que ce soit puisque nous ne sommes pas entendus ».

Certains manifestants se déplaçaient en portant un cercueil noir sur lequel était inscrit : « Ici, gît la Ligue arabe ». « Il faut une réconciliation entre les dirigeants arabes et leur peuple pour faire face aux Etats-Unis, qui de plus en plus imposent leur hégémonie », explique Mohamad Habib, adjoint du guide spirituel des Frères musulmans.

Sur d'autres banderoles, on pouvait voir « Pas d'armes de destruction massive, mais plus de 20 000 civils iraqiens

tués, c'est la démocratie de Bush ! ». D'autres banderoles prévoyaient la défaite de Bush lors des élections présidentielles américaines prévues pour le mois de novembre : « Bush et Blair tomberont comme José Maria Aznar, le premier ministre espagnol qui a perdu les élections législatives la semaine dernière », clame l'un des manifestants.

Ce derniers ont demandé aux peuples arabes de réagir pour obliger leurs dirigeants à lutter contre les Américains qui occupent l'Iraq. « Les Américains, ainsi que les Européens, peuvent éviter le terrorisme s'ils changent de politique dans le monde arabe », estime Mohamad Choukri, étudiant. En mars 2003, le nombre de manifestants qui s’étaient déplacés atteignait au moins les 6 000 personnes et des affrontements avaient eu lieu entre eux et les forces de l'ordre, ce qui a déclenché une vague d'arrestations. Mais cette année, le nombre des manifestants ne dépassait pas les 1 500 étant donné que la police a pris toutes les mesures possibles pour empêcher un vaste rassemblement, ce qui a poussé les manifestants à scander des slogans contre le gouvernement, le régime, la police et la situation économique. « Nous sommes certains que si les mesures prises par la police avaient été moins draconiennes, les manifestants auraient été beaucoup plus nombreux », affirme Aïda Seiffel-Dawla, du centre Al-Nadim pour la réhabilitation des prisonniers et victimes de la torture. Durant la manifestation, qui a duré quatre heures, les manifestants ont réclamé l'annulation complète de la loi d'Etat d'urgence, la libération des détenus et la liberté d'expression. « Nous sommes ici pour annoncer notre refus à tout ce qui est américain, surtout cette initiative appelée le Grand Proche-Orient. Nous refusons toute ingérence dans nos affaires », insiste Samir Fayyad, du comité populaire du soutien à l'Intifada. Et d'ajouter : « Il faut que le changement émane de l'intérieur. Les pays arabes doivent discuter les questions de la démocratie et de la réforme politique lors du prochain sommet arabe », conclut-il.

Ingy Al-Qady

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