| Kiosque
. Influence des capitaux du Golfe. Monopole. Déficience
de l'Etat. La presse égyptienne n'a pas fini de commenter
l'achat par un Saoudien du tiers du patrimoine cinématographique
égyptien. |
Branle-bas
chez les cinéastes |
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L'indignation
va grandissante chez les professionnels du cinéma. « Les
experts affirment que l'influence des capitaux du Golfe
sur le patrimoine égyptien et le marché
est une catastrophe. Et les responsables se lavent les
mains du sang du cinéma », a souligné Hossam
Abdel-Hadi dans l'hebdomadaire Rose Al-Youssef.
Le critique Tareq Al-Chennawi écrit dans Rose Al-Youssef
que « la télévision égyptienne a une part de responsabilité
dans ce désastre ». Son malheur est que les « responsables
travaillent encore avec d'anciennes méthodes, en ignorant
totalement que nous sommes face à un marché ouvert qui
ne connaît que celui qui paye le plus ». Al-Chennawi
conclut : « Le fait de vouloir rester propriétaire
du patrimoine cinématographique dépend d'une décision
politique et pas simplement économique ».
Alors
que Mounib Chaféï, président de la Chambre de l'industrie
du cinéma, affirme pour sa part dans Rose Al-Youssef
que « s'il l'avait voulu, le ministère de l'Information
aurait pu payer cette somme ». Le célèbre cinéaste
Ossama Anouar Okacha en veut au ministère de la Culture
« d'être resté les bras croisés devant cette catastrophe,
qui n'est autre que la perte de la raison et de la conscience
de toute une nation ». Farouk Hosni, ministre
de la Culture, se défend en déclarant que « toute
vente ou achat est naturelle, et que ce genre de transaction
a lieu dans le monde entier ».
Le
président du Centre national du cinéma, Ali Abou-Chadi,
s'étonne de tout ce bruit autour de cette affaire.
« Je crois que cette polémique n'a aucun sens,
car il s'agit simplement d'un transfert de propriété,
et ce qui est fait est fait », dit-il dans Rose
Al-Youssef. La célèbre productrice Nahed Farid Chawqi
explique dans l'hebdomadaire Sawt Al-Omma que « dans
le passé, le monopole s'établissait selon certaines règles.
Aujourd'hui, cela ressemble plus à une vente aux enchères ».
Tout
le monde n'est évidemment pas du même avis. Le producteur
Hani Guirguis déclare, toujours dans Sawt Al-Omma,
qu'« en réalité l'héritage cinématographique n'est
pas perdu. Il est bien là et c'est la télévision qui a
refusé d'acheter ces films. Il existe cependant une solution
au problème des négatifs : l'Etat, qui produit chaque
année un grand nombre de feuilletons, gagne des millions.
Avec une partie de ces recettes, il peut donc racheter
ces négatifs et résoudre le problème ».
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Hoda
Ghali |
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paroles ... |
Télé
réalité. Un nouveau style de programmes qui commence
à se répandre dans le monde arabe, et qui inquiète beaucoup
de spécialistes en psychologie, en sociologie et même
en politique. Il s'agit de programmes télévises diffusés
par des chaînes satellites représentant des jeunes gens
et des jeunes filles filmés au quotidien, en s'immisçant
ainsi dans les sphères les plus privées de leur vie.
Objectif : faire de ces personnes des stars ou
de les marier. Ces programmes qui ont réussi à se faire
un très large public, notamment parmi les jeunes, sont
devenus au centre de nombreux débats sur les pages des
journaux et à la télévision égyptienne officielle.
« Ces
programmes sont vraiment dangereux pour la santé psychologique
des jeunes qui sont tout le temps exposés aux caméras
et qui se sentent donc tout le temps observés »,
s'écrient les psychologues. « Dans une société
conservatrice comme la nôtre, comment est-il possible
d'accepter ce genre de programmes qui suivent les détails
les plus intimes des individus ? Nous ne sommes
pas habitués à nous mêler de la vie privée des gens »,
lâchent les sociologues. Mais les cris les plus forts
proviennent de certains intellectuels qui sont allés
jusqu'à considérer ce genre de programmes comme l'un
des aspects du néocolonialisme. « L'Occident
essaye de nous exporter ses idées et ses codes. Ce sont
des choses étrangères à notre société. Et son but est
de nous coloniser intellectuellement, pour changer
nos mœurs et coutumes, nous imposer les siens et surtout
pour nous distraire de ce qui se passe sur le plan politique
dans notre région », avertissent ces intellectuels.
Ce
n'est pas la première fois qu'un nouveau phénomène social
suscite de grands débats de la sorte. Et, il semble
que le résultat ne sera pas diffèrent non plus. Une
fois, les sociologues s'élèvent contre les nouvelles
tendances vestimentaires des jeunes filles. Une autre,
les clips sont fustigés de toutes parts en raison de
leurs connotations érotiques et de leur aspect trop
« osé ». Pourtant, rien n'a changé.
Bien au contraire, ces phénomènes ont pris de l'ampleur
comme si les récriminations et les débats qu'ils suscitent
ne font que les renforcer.
Car
le problème est là : notre société réagit mal face
à ce qu'elle considère comme un danger. Il s'agit en
fait d'une réaction passive basée sur la théorie du
complot qui ne dépasse pas les débats acharnés. Mais
le résultat est tout le temps le même. Aucun acte pour
mettre fin au danger. Il est plus que temps de se défaire
de cette passivité et de passer à l'action. Car cet
esprit règne à tous les niveaux et ne concerne pas uniquement
des questions d'ordre social comme celle des programmes
de télé réalité.
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