| « Autrefois
les banques comptaient sur les grands projets pour investir
l'argent des clients », confie Ahmad Al-Baradeï, PDG
de la Banque du Caire, en soulignant que les banquiers
ont toujours peur de prêter de l'argent pour les petits entreprises,
car il n'ont aucune garantie auprès de ces clients. Selon Al-Baradeï,
un pays en voie de développement comme l'Egypte a besoin d'intervenir
dans le système bancaire pour encourager les micro-crédits.
La
Banque du Caire a déjà prouvé ses compétences dans ce
domaine puisqu'elle est pionnière dans le monde arabe pour les
emprunts des petits projets. Elle est la seule banque gouvernementale
qui a pris en charge les financements de micro-investisseurs,
depuis maintenant deux ans et demi. Lorsqu'un particulier décide
d'aller emprunter à la banque, il est soumis à un entretien
afin d'exposer la crédibilité de son projet et évaluer le taux
de bénéfices avec la banque, pour décider d'un remboursement
mensuel étalé, soit sur 9 mois, soit sur un an au maximum avec
un taux d'intérêt fixe de 16 %. Le logement du client est
la seule garantie pour la banque en cas de non-remboursement.
Les emprunts varient de 1 000 L.E. et 10 000 L.E.
La banque tente d'élever les sommes de crédits depuis qu'elle
a constaté que l'Association égyptienne pour l'aide aux micro-investisseurs
accorde des crédits de 45 000 L.E. à des individus, tout
en réalisant des bénéfices. En effet, depuis la fin des années
1980, seules les ONG fournissaient des prêts, avec un certain
succès, aux petites entreprises. C'est bien cela qui a conduit
la Banque du Caire à encourager de telles actions.
Le chiffre global
des crédits accordés par la banque est évalué à 270 millions
de L.E. durant les deux dernières années pour 61 000 clients,
dont 25 % sont des femmes. Les responsables de la banque
ont constaté que le taux de risque est presque nul.
Le financement
des petites entreprises a aussi redonné un second souffle à
l'économie nationale, en équilibrant le portefeuille des crédits.
En plus, ces entreprises permettent de créer de l'emploi
et de diminuer le taux de chômage.
Selon une étude
effectuée par la Banque du Caire, entre 35 % et
50 % des commerces ne sont pas déclarés auprès des services
de l'Etat. A travers cette étude, la banque a constaté l'existence
de 2,4 millions de clients potentiels qui pourraient investir
jusqu'à 8,5 milliards de L.E. Or, seulement 10 % des clients
profitent des programmes de financement des petits projets en
Egypte, et perçoivent des crédits financiers.
Les causes de cette
faille reste le regard frileux des banques vis-à-vis des petits
projets, qui représentent un grand risque en raison du manque
de garantie. Le soutien aux petites entreprises revient également
cher à la banque, car il mobilise un grand nombre d'employés. |