|
La conférence d'Alexandrie
|
|
Par
Mohamed Sid-Ahmed |
| Un
événement nouveau vient de naître en Egypte. Je
ne peux être optimiste, ni pessimiste non plus.
J'ai assisté cette semaine à la conférence tenue
à la Bibliotheca Alexandrina sous le nom
« Les causes de la réforme arabe, les
visions et l'exécution ». Les espoirs
sont grands concernant une nouvelle conjoncture
qui est sur le point de s'imposer. Une énorme
vague de changement jaillit, se propage. Elle
est incontournable. Elle est qualifiée par le
journal Al-Hayat comme « une volonté de
changement qui a atteint son point culminant ».
Une volonté qui a reconnu à l'unanimité que « le
renfermement est synonyme de suicide ! ».
Ce
mouvement a émergé du cœur des foules mécontentes
qui insistent à revendiquer la démocratie.
Les
médias tiennent toujours à leurs traditions désuètes.
Ils continuent à parler des travaux de la conférence
d'Alexandrie qui se sont déroulés les 13 et 14
mars dernier comme d'un événement ordinaire. Aucun
discours sur la probabilité que nous soyons à
un tournant. Ce tournant déterminerait des caractéristiques
de l'avenir radicalement différentes de toutes
celles imaginées par les diverses parties, quelles
que soient leurs visions des choses.
Le
directeur de la Bibliotheca Alexandrina,
le Dr Ismaïl Séragueddine, a déclaré en inaugurant
la conférence que la liberté d'expression est
garantie à tous les participants sans réserve
aucune. Et d'ajouter que les quatre axes de discussions
seront délibérés à huis clos, mais que les discussions
doivent se tenir à cœur ouvert et en toute franchise.
Ceci fut la principale caractéristique de la conférence.
Ce qui a mené à une franchise et une transparence
sans précédent dans l'échange des opinions et
des propositions. C'est certainement là la plus
grande réalisation de la conférence. |
|
Un plan international
|
Pour
ce qui est des grandes lignes, les participants
sont unanimes. Tous reconnaissent que la réforme
se présente comme un besoin urgent et qu'elle
doit émaner d'une vision précise. Cependant, on
ne peut dire qu'il existe une unanimité similaire
en ce qui concerne l'exécution. Il existe donc
une unanimité en ce qui concerne les grandes lignes,
mais pas en ce qui concerne les détails.
Sur
le plan international, il existe des plans aux
traits déterminés qui ne peuvent être négligés
ou ignorés. L'Administration américaine nous a
sorti le projet du Grand Moyen-Orient. Elle a
invité l'Union européenne à devenir le partenaire
des Etats-Unis dans ce projet. Dans ce projet,
ils sont tous deux considérés comme les parties
actives alors que les pays arabes sont considérés
comme les parties passives. Ils sont, aux yeux
des auteurs de ce projet, le foyer du terrorisme
international. Ils sont la source de stockage
et même d'emploi des armes prohibées de destruction
massive.
Le
monde arabe doit avoir une réponse à cette nouvelle
organisation de l'ordre mondial. Bien plus, l'Egypte
précisément doit avoir une réponse, en sa qualité
du pays arabe qui assume, bon gré mal gré, la
responsabilité de déterminer le cours de nombreux
événements dont les traits commencent à se préciser
sur le plan international.
L'Egypte
n'avait pas d'autre choix que de prendre une action
rapide. Le Sommet arabe de Tunis doit obligatoirement
déterminer une position arabe commune, avant que
les pays du G8, l'Otan et la communauté internationale
n'adoptent une position.
Il
était impératif d’agir rapidement. Il était impératif
d'empêcher que ce qui se prépare sur le plan international
ne porte atteinte à la stabilité régionale. Il
était impératif de déterminer les traits du changement
et de la réforme selon les opinions régionales
et non selon des opinions imposées par l'étranger.
Le
Dr Ismaïl Séragueddine a attiré l'attention sur
le fait que le président Moubarak a inauguré la
conférence non en sa qualité de président de la
République, mais en sa qualité d'inaugurateur
d'un forum de la société civile. Pour cette raison,
le nombre de ministres et d'officiels invités
à la conférence était restreint. Au contraire,
la présence s'est limitée à des personnes représentant
les différents courants de la société civile.
Ceci prouve que la réforme n'est pas liée à des
pratiques politiques appliquées des années durant,
au nom de lois exceptionnelles. L'objectif de
la conférence était d’insuffler un esprit contraire
à celui qui impose l'ordre par l'oppression. C'est
là aussi le sens implicite et symbolique de la
décision d'annuler les peines de prison pour délits
de publication. |
|
Les courants représentés
|
Lors
de cette conférence, le courant libéral a été
celui dont les propositions ont été largement
approuvées. En revanche, le courant religieux
était insuffisamment représenté malgré sa place
dans la société. On se demande ainsi si le programme
présenté par le nouveau guide spirituel des
Frères musulmans lors d'une conférence de presse
tenue au Syndicat des journalistes sans autorisation
est un prétexte suffisant pour l'absence de
ce courant à la conférence. Si nous admettons
que les revendications de la conférence peuvent
être mises en application, nous devons reconnaître
la réalité que tous les courants intellectuels
de la société doivent jouir des mêmes droits
de représentation.
Les
organisateurs de la conférence ont tenu à confirmer
que les autorités ont pris l'initiative de tenir
cette conférence partant de motifs purement
égyptiens, abstraction faite des plans étrangers.
Cependant, il ne faut minimiser l'importance
de ces plans. Au contraire, il est impératif
de les présenter comme un véritable défi non
moins important que les défis émanant des conjonctures
internes.
|
|
Deux défis majeurs
|
En
fait, il existe deux défis majeurs, le premier
se pose aux démocrates et concerne les conjonctures
internes alors que le deuxième émane de l'étranger
et présente la démocratie selon des opinions
imposées de l'étranger. La perspective de la
démocratie importée néglige les causes nationales
avec en tête la cause palestinienne. La perspective
de la démocratie dans le cadre purement égyptien
émane d'une position libérale. Il s'agit d'un
modèle de démocratie accepté par les Etats-Unis
et qui ne néglige pas nos caractéristiques nationales.
Nous aspirons à une démocratie qui s'épanouirait
sans avoir besoin de lois martiales ou de lois
exceptionnelles. Cette chose ne peut se réaliser
facilement après des décennies de législations
exceptionnelles. La pratique de la démocratie
a besoin de formation non seulement pour les
employés de l'Etat, mais aussi pour le citoyen
ordinaire, pour tous les membres de la société.
La
démocratie implique un cadre où la peur, l’oppression
et le terrorisme d'Etat n'existent pas. C'est
un genre de contrat social où la force de la
loi remplace la loi de la force.
|
|
|
|
Des fragments de
vérité
|
| Par
Salama A. Salama
|
Tout
au long de leur histoire, les juifs ont réussi
à se placer toujours dans la position d'un peuple
persécuté et obligé de se défendre face à des
ennemis qui veulent l'exterminer. Ceci dès l'aube
de l’Histoire, lorsqu'ils ont été accusés de crucifier
le Christ, ou encore lorsqu'ils sont devenus les
victimes de l'holocauste, qu'ils étaient persécutés
par les nazis au cours de la deuxième guerre mondiale
comme le dit leur propagande. Aujourd'hui encore,
en construisant ce mur de discrimination racial
dans le cœur de la Palestine, ils le font sous
prétexte de se protéger du terrorisme et de défendre
la sécurité d'Israël contre « les kamikazes »
palestiniens.
Cependant,
ces barrières historiques imposées par les juifs,
même si elles perduraient pendant quelque temps,
finissaient par s'écrouler rapidement ; les
vérités historiques dissipant vite les exagérations
et les falsifications créées par les juifs. Face
à cette situation, leurs dirigeants et leurs porte-parole
n'avaient d'autre alternative que de brandir l'arme
de l'antisémitisme pour faire taire les voix,
cacher les réalités et reproduire les duperies.
Le
récent film La Passion du Christ, du grand
réalisateur Mel Gibson, dans lequel il raconte
les douze dernières heures de la vie de Jésus
au cours desquelles il a subi torture et souffrance
par le peuple juif, ne fait que refléter quelques
bribes de la réalité. Des vérités que le Vatican
s'était trouvé obligé de dénier lorsqu'il a promulgué
sa charte historique dans les années 1960 dans
laquelle il innocentait les juifs. D'ailleurs,
cette charte a permis la reformulation de l'Evangile
pour satisfaire l'influence juive écrasante ayant
dominé les gouvernements et les centres de décision
dans le monde au lendemain de la deuxième guerre
mondiale.
Pour
une raison ou une autre, dans une première depuis
belle lurette, le lobby juif essuie un échec.
Ceci dans sa tentative de suspendre la projection
du film dans les salles de cinéma mondiales et
ce en provoquant les cercles sionistes influents
à Hollywood. Le lobby n'a pas réussi à empêcher
des millions de spectateurs de voir le film ou
à remettre en cause certaines croyances religieuses
que l'Eglise catholique avait falsifiées pour
des raisons politiques. La critique assénée au
réalisateur est d'ignorer « les réformes »
approuvées par le Vatican pour rectifier certains
textes latins de l'Evangile à l’issue de fausses
traductions du XVIe siècle. Ils l'accusent entre
autres d'avoir illustré de manière exagérée et
sans précédent les scènes qui montrent la torture
et la souffrance subies par le Christ. Comme si
les centaines de films américains et feuilletons
télévisés que les Etats-Unis diffusent de par
le monde ne grouillent pas de scènes encore plus
violentes et plus atroces.
Bien
évidemment, la presse israélienne et les groupes
juifs influents aux Etats-Unis ne considéreront
pas ce film comme une œuvre d'art enracinée dans
la conscience des chrétiens et qui s'est dissipée
dans les méandres de l'oubli en raison des pressions
politiques. Mais ils l'ont vu plutôt comme le
prolongement des campagnes antisémites à leur
encontre. A mon avis, Mel Gibson ne pourra pas
échapper aux groupes juifs après ce film. Les
sionistes sont capables de le traquer même si
ceci a lieu plus tard. Reste à savoir si ce film
sera projeté en Egypte.
|
|