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Récifs
coralliens . Les spécialistes
luttent depuis plusieurs années contre leur destruction par
l'étoile de mer. Mais la bête est coriace. |
La
menace de l'étoile de mer |
Mer
Rouge,
De
notre envoyée spéciale — |
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Au-delà
de son aspect exotique, l'étoile de mer peut devenir un véritable
fléau. Cet animal invertébré recouvert d'épines est ainsi au
cœur des préoccupations du secteur de la protection de la nature,
dépendante de l'Agence Egyptienne pour les Affaires de l'Environnement
(AEAE). Car l'étoile de mer, également dénommée couronne d'épines,
continue d'envahir certains récifs de la mer Rouge, près de
la réserve naturelle de l'île de Giftoun Al-Soghayar (petit
Giftoun) et dans la région d'Al-Erq Al-Soghayar (petit nerf),
au large d'Hurghada. « Nous travaillons dur pour éviter
une pullulation de l'étoile de mer comme celle qui a envahi
le récif jordanien de la réserve de Ras Mohamad en 1998 »,
explique Mohamad Salem, chercheur environnemental au département
des réserves naturelles du Sud-Sinaï. « Au début des
années 1994, des plongeurs avaient déjà signalé une présence
importante d'Acanthasters, (l'espèce la plus répandue en
mer Rouge) », remarque Aymane Afifi, chef des réserves
sous-marines de la mer Rouge. « Mais au fil des ans,
en surveillant les régions signalées par les plongeurs, nous
n'avons observé aucun dommage sur les coraux. Jusqu'en 1998,
où nous avons de nouveau été alertés de la pullulation d'Acanthasters
aux mêmes endroits. Cette fois accompagnée d'importants dégâts.
Nous avons alors contacté au plus vite d'autres experts locaux
mais aussi internationaux comme l'AINS, l'Institut australien
pour les sciences des mers, très expérimenté dans ce genre de
phénomène. Ils nous ont expliqué comment agir »,
poursuit-il. Avec comme première solution, celle d'injecter
dans l'animal un poison, du bisulfate de sodium, à l'aide d'une
seringue à gâchette. Mais faute d'efficacité sur l'Acanthasters,
c'est finalement une autre alternative qui a été choisie. Celle
de directement demander aux plongeurs de décoller les étoiles
des coraux. « Cela nous a pris presqu'un an de travail
acharné », renchérit Afifi. Entre mars et décembre
1998, 180 000 étoiles ont ainsi été enlevées.
Aujourd'hui,
les spécialistes sont à nouveau sur le qui-vive. Même si la
quantité d'étoiles de mer apparue ces deux dernières semaines
dans le petit Giftoun et le petit nerf reste incomparable à
celle découverte en 1998 (1 000 animaux découverts ces
3 derniers mois). « Une seule étoile de mer peut cependant
détruire entre 5 et 10 m2 de corail par an. C'est considérable »,
explique le Dr Salem. D'autant que selon lui, la
femelle est capable de pondre 100 millions d'œufs en une
seule fois et les différents poissons qui se nourrissent d'étoiles
de mer sont de moins en moins nombreux. « Les recherches
ont démontré que la pullulation de l'étoile de mer est la conséquence
d'un déséquilibre marin résultant de l'intense pêche de poissons
qui se nourrissent de l'étoile de mer », poursuit-il.
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La lutte continue
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Si
en 1998, c'est l'HEPCA (Hurghada Environmental Protection
and Conservation Association), le secteur des réserves
naturelles dépendant de l'AEAE et une poignée de plongeurs qui
ont été sollicités pour faire face à la situation, aujourd'hui,
les moyens sont plus importants. Trois ONG nationales et plus
de 200 centres de plongée apportent leur aide. « Les
plongeurs remplissent un questionnaire concernant la quantité,
la taille et les déplacements des étoiles de mer qu'ils ont
rencontrées », dit M. Afifi. Ensuite et d'après les
informations recueillies, des actions de nettoyage sont envisagées
en cas de besoin. « L'Acanthaster est ramassée à l'aide
d'une raclette qui permet de la décoller des coraux ou d'un
crochet quand elles sont résistantes », précise le
Dr Mohamad Salem. Le département des réserves naturelles n'est
pas au bout de ses peines. « Mais les richesses sous-marines
sont notre patrimoine. Nous devons les préserver pour les générations
futures », soutient Mohamad Salem.
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| Dalia
Abdel-Salam |
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