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Les
débats ont duré 16 séances au cours desquelles 289 députés sur
les 454 ont pris la parole. Une vraie bataille parolière s'est
engagée du côté de l'opposition mais le gouvernement Ebeid,
appuyé par la majorité PND, s'en est finalement sorti puisque
38 députés seulement ont refusé de renouveler la confiance au
gouvernement. Il s'agit des députés des partis du Rassemblement,
du Parti nassérien et du néo-Wafd.
Les députés du
néo-Wafd ont retiré, pour la première fois depuis quatre
ans, leur confiance au gouvernement. « Pourquoi soutenir
le gouvernement Ebeid ? Chaque année, nous lui accordons
notre confiance avec l'espoir d'assister à une vraie réforme
économique. Mais, les choses vont de mal en pis, et le premier
ministre ne fait que répéter les mêmes promesses. Il adopte
des politiques qui n'ont aucun lien avec la réalité et les problèmes
du pays », souligne Mohamad Abdel-Alim du néo-Wafd.
Il attribue la détérioration de la situation économique à la
mauvaise application de la politique de privatisation. « L'Etat
s'est orienté, sans étude préalable, vers la privatisation.
Mais, la crise économique s'aggrave, la livre égyptienne a perdu
une bonne partie de sa valeur face au dollar, les prix flambent,
le chômage persiste et la pauvreté ne fait ainsi qu'augmenter.
Les rapports établis récemment par le Parlement révèlent que
44 % des citoyens vivent en dessous du seuil de pauvreté »,
ajoute Abdel-Alim. Avis partagé par le Libéral Talaat Al-Sadate
qui est le seul représentant du parti des Libéraux (Al-Ahrar)
à s'être abstenu ainsi que deux autres indépendants dont un
est de tendance islamiste. « Je me suis abstenu car
j'attendais un discours détaillé sur le programme gouvernemental
qui propose des solutions adaptées au budget de l'Etat. Nous
ne voulons pas des promesses en l'air. Ebeid nous a proposé
un programme démuni de transparence. Il y a ignoré les problèmes
de corruption et de fonds volés et transférés à l'étranger »,
lâche Al-Sadate.
Pourtant, le chef
du gouvernement, qui était venu présenter le bilan de son action
devant le Parlement, s'est voulu rassurant : « La
croissance économique en Egypte dépasse les taux mondiaux, les
réserves en devises étrangères et la dette interne et externe
sont sous contrôle. D'un autre côté, les revenus du Canal de
Suez, du pétrole et des exportations sont en augmentation »,
a-t-il déclaré. Et d'affirmer que le gouvernement a pris des
mesures drastiques pour subventionner les denrées de base, contrôler
les prix et imposer des sanctions sévères aux contrevenants,
sans compter l'installation de 2 800 associations de vente
des produits alimentaires à des prix réduits.
Le chef du gouvernement
a également mis l'accent sur le problème du chômage : « Nous
assurons 170 000 offres d'emploi par an, ainsi que des
facilités de crédits aux jeunes diplômés pour qu'ils mettent
en place de petits projets et participent ainsi au développement
de la production ».
Le premier ministre
s'est défendu sur la situation sociale vivement critiquée par
certains rapports internationaux : « Ceux qui vivent
en dessous du seuil de pauvreté sont sensiblement moins nombreux
que dans des pays plus développés que nous comme la Chine et
l'Inde. La croissance démographique est en voie de diminution
grâce au planning familial », a-t-il déclaré.
Mais cela n'a pas
réconforté l'opposition, notamment la tendance islamiste. « Nous
voulons plus de transparence dans le programme du gouvernement
ainsi qu'une nouvelle répartition du budget de l'Etat. Nous
voulons un programme dont la priorité serait la réforme sociale,
la résolution des problèmes de l'éducation et de la santé, le
contrôle des prix, la protection des personnes démunies, l'augmentation
des revenus des citoyens, et enfin une vraie réforme politique
basée sur la démocratie », réclame Mohamad Morsi, indépendant
de tendance islamiste. Il insiste sur le fait que la seule solution
est la démission du gouvernement. Toutefois, l'avis de Morsi
a été rejeté par le ministre des Affaires parlementaires, Kamal
Al-Chazli. Celui-ci a affirmé que la présence des partis d'opposition
et des indépendants sous la voûte était « une preuve
de démocratie ». Les 240 députés du PND ont applaudi
le programme du gouvernement en affirmant que le discours a
abordé cette année des nouveautés. « La priorité est
accordée cette année aux problèmes de la jeunesse, de la croissance
démographique et des investissements. L'Etat est capable de
se redresser et d'évoluer dans les différents domaines. Seulement,
il faut du temps pour que le gouvernement poursuive avec efficacité
mais prudemment la réforme économique et sociale »,
a déclaré Amal Osmane, membre du PND, sous-secrétaire de l'Assemblée
du peuple. |