Diplomatie .
Le président Moubarak
a reçu cette semaine au Caire Sylvan Shalom, le
ministre israélien des Affaires étrangères. Au centre
des discussions : le plan israélien de retrait
unilatéral de la bande de Gaza. |
L'Egypte
ne s'impliquera pas
à Gaza |
| La
visite du ministre israélien des Affaires étrangères,
Sylvan Shalom, jeudi dernier au Caire, devait marquer
l'amorce d'un réchauffement dans les relations entre
Le Caire et Tel-Aviv, en froid depuis près de quatre
ans. Mais la décision d'un retrait unilatéral par
Israël de la bande de Gaza qui a été au centre des
discussions entre Shalom et Moubarak a une fois
de plus mis en lumière les différends entre les
deux pays. Le responsable israélien était en effet
porteur d'un message du premier ministre israélien
Ariel Sharon exprimant le souhait de voir l'Egypte
jouer un rôle dans le maintien de la sécurité dans
la bande de Gaza en cas de retrait israélien. Une
demande aussitôt rejetée par Le Caire. Le président
Moubarak a ainsi écarté tout rôle sécuritaire de
l'Egypte dans la bande de Gaza, affirmant que Le
Caire peut seulement « aider le long de
la frontière ». Moubarak a estimé que « le
renforcement de la présence de garde-frontières
égyptiens à la frontière avec la bande de Gaza nécessite
une légère modification des accords de Camp David,
datant de 1979 », a-t-il déclaré à la presse
israélienne.
La bande de Gaza était administrée
par l'Egypte avant son occupation par Israël en
1967. Le plan israélien de retrait unilatéral prévoit
l'évacuation de 17 colonies installées dans cette
région. Toutefois, Tel-Aviv craint une détérioration
de la situation sécuritaire à ses frontières après
le retrait (infiltration de bandes armées, trafic
d'armes, etc.) D'où la demande israélienne à l'Egypte
de sécuriser cette zone.
Mais les accords de Camp David
précisent d'une manière rigoureuse la nature et
le volume de la présence des forces armées égyptiennes
dans la péninsule du Sinaï.
Tout comme le président Moubarak,
le chef de la diplomatie, Ahmad Maher, a estimé
que l'Egypte « assume et assumera sa responsabilité
à la frontière avec la bande de Gaza »,
mais qu'elle ne jouerait aucun rôle sécuritaire
dans ce territoire après un retrait israélien. « Chaque
pays est responsable de la protection de sa frontière
et nous assumerons cette responsabilité »,
a déclaré Maher lors d'une conférence de presse
conjointe avec son homologue israélien. Le chef
de la diplomatie a souligné que l'Egypte « accueille
favorablement tout retrait israélien d'un territoire
occupé, mais qu'une telle mesure ne devait pas être
unilatérale. Elle doit être prise en coordination
avec les Palestiniens et s'inscrire dans le cadre
d'un plan plus large, à savoir la Feuille de route
pour un règlement global », a affirmé Maher.
Le refus de l'Egypte a poussé les responsables israéliens
à revoir leur requête. Le porte-parole du gouvernement
israélien, Avi Pazner, a ainsi indiqué qu'« il
y avait eu un malentendu si le président Moubarak
pensait qu'Israël souhaitait voir l'Egypte assurer
la sécurité dans la bande de Gaza. (...) Dans le
cas où l'Egypte devrait jouer un rôle, ce serait
simplement de contrôler le couloir frontalier de
200 mètres de large qui sépare la bande de Gaza
du territoire égyptien », a-t-il expliqué.
L'Egypte a dépêché la semaine dernière
en Israël le chef des services de renseignements,
Omar Souleimane, pour examiner avec les responsables
israélien les détails de son plan de retrait unilatéral.
Suite à cette visite, Omar Soleimane s'est rendu
à Washington pour tenter de « relancer le
processus de paix ».
La visite de Sylvan Shalom est
intervenue à quelques jours de l'anniversaire de
la signature des accords de Camp David par l'Egypte
et Israël. Le chef de la diplomatie israélienne
a fait état d'un nouveau départ dans les relations
entre Le Caire et Tel-Aviv et a déclaré avoir trouvé
chez le président Moubarak la détermination à faire
avancer le processus de paix. « Il s'agit
d'un nouveau départ qui va permettre une meilleure
compréhension entre nos deux peuples et nos deux
pays », a affirmé Shalom. Pour sa part,
Ahmad Maher a affirmé que « la paix entre
l'Egypte et Israël n'est pas morte, mais elle a
souffert parfois de certaines maladies ».
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Chérif
Ahmed |
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Le
Caire et Damas préparent
le sommet arabe |
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La situation au Proche-Orient,
en Iraq ainsi que les récents troubles dans les
zones kurdes proches de la frontière entre la Syrie
et l'Iraq ont été dimanche au centre de discussions
entre le président Hosni Moubarak et son homologue
syrien Bachar Al-Assad. Une réunion entre les deux
chefs d'Etat s'est tenue à l'aéroport de Damas.
Cette visite éclair du président Moubarak s'inscrit
dans le cadre de consultations intenses menées par
l'Egypte à l'approche de la tenue, le 29 mars, du
sommet arabe à Tunis. Le Caire déploie des efforts
pour unir la position des pays arabes lors du sommet.
Ces derniers sont en effet divisés. Tandis que certains
pays souhaitent mentionner de manière directe l'occupation
américaine de l'Iraq et dénoncer le terrorisme israélien
dans les territoires occupés, d'autres adoptent
une position plus modérée et souhaitent que le communiqué
final du sommet ne comporte aucune critique claire
à l'encontre de Washington afin d'éviter toute nouvelle
tension. La Syrie fait partie des pays intransigeants.
L'Egypte tente donc de convaincre Damas de se rallier
au camp des modérés et d'accepter un communiqué
final équilibré.
Outre l'ordre du jour du sommet,
les présidents Moubarak et Al-Assad ont évoqué le
projet américain du Grand Moyen-Orient et l'initiative
de réforme de la Ligue arabe proposée par Le Caire.
Le projet du Grand Moyen-Orient suscite des réactions
controversées au sein du monde arabe. Il s'agit
d'un plan de réforme politique, économique, éducative
et culturelle. Il vise, selon Washington, à encourager
la démocratie et l'ouverture économique dans le
monde arabe et musulman. L'Egypte et la Syrie ont
rejeté ce projet estimant que la nation arabe est
apte à mener ses réformes et à poursuivre celles
qu'elle a engagées, sans pression extérieure. Selon
eux, toute réforme devrait émaner du monde arabe
et ne pas lui être imposée. Les présidents Moubarak
et Al-Assad ont souligné l'importance que de telles
réformes émanent du monde arabe et respectent ses
spécificités.
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Ch.
A. |
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