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Les Palestiniens
se préparent activement à l'application du plan de séparation
israélien, que le premier ministre Ariel Sharon entend exécuter
sans concertation avec l'Autorité palestinienne. Ils ont entamé
des discussions entre les différentes organisations, dont les
islamistes, afin de « parvenir à un accord qui permettrait
à l'Autorité palestinienne d'être à la hauteur des défis »
auxquels elle devra faire face en cas de retrait, a déclaré
dimanche le général Jibril Rajoub, conseiller pour la sécurité
nationale du dirigeant palestinien Yasser Arafat, qui a minimisé
les craintes d'affrontements interpalestiniens en cas de retrait
israélien de la bande de Gaza. « La partie palestinienne
s'est entendue avec les Egyptiens pour qu'ils poursuivent leurs
efforts avec les Américains et les Israéliens afin que le retrait
soit coordonné avec l'Autorité palestinienne, qu'il soit global
et s'inscrive dans le cadre de la Feuille de route »,
a encore dit le responsable palestinien.
Les services de
renseignements palestiniens ont élaboré un plan visant à assurer
la sécurité dans la bande de Gaza. Ce plan, étalé sur cinq semaines,
prévoit pour la première semaine la convocation d'une conférence
populaire sous l'égide de l'Autorité palestinienne au cours
de laquelle les forces sur le terrain s'engageront à respecter
« la loi et la direction historique élue par le peuple
palestinien » et à « s'opposer à tout désordre
pouvant mener au chaos ».
Au cours de la
deuxième semaine, les médias palestiniens lanceront une campagne
contre le port d'armes. Les services de sécurité palestiniens
seront déployés dans la bande de Gaza qui sera divisée en zones
de sécurité et des patrouilles y seront menées.
La police palestinienne
lancera, au cours des troisième et quatrième semaines, une campagne
contre les personnes dont les foyers sont illégalement raccordés
aux réseaux électrique et d'adduction d'eau, celles qui ne payent
pas leurs factures et les malfaiteurs.
Au cours de la
cinquième semaine, l'Autorité palestinienne proclamera « illégale »
la possession d'armes dans les rues et les lieux publics par
des personnes autres que les services de sécurité, arrêtera
tous ceux qui violeront la loi et demandera aux groupes armés
palestiniens de soutenir ces mesures.
Annoncé début février,
le plan de retrait israélien, dont les détails restent flous,
prévoit l'évacuation de 17 des 21 colonies israéliennes de Gaza,
un retrait militaire de cette région dont l'ampleur n'a pas
été précisée, ainsi que la construction d'une ligne de séparation
au tracé controversé en Cisjordanie. Le plan de séparation suscite
des critiques non seulement chez les Palestiniens, mais également
en Israël. « Je désapprouve par principe les initiatives
unilatérales, et je crains que ce plan ne provoque des élections
anticipées s'il est soumis au vote du gouvernement »,
a affirmé le chef de la diplomatie Sylvan Shalom, selon lequel
les alliés ultras du premier ministre rejoindraient alors l'opposition.
De son côté, le ministre des Finances, Benyamin Netanyahu, a
qualifié le plan Sharon de « problématique et compliqué ».
« Je ne vois toujours pas les réponses et la réciprocité
nécessaires à notre sécurité que ce plan apporte »,
a-t-il ajouté.
Face à ces critiques,
M. Sharon parie sur le soutien américain. Les responsables israéliens
vont poursuivre dans les prochains jours une intense campagne
aux Etats-Unis pour tenter d'obtenir leur soutien au plan de
séparation. La semaine prochaine, deux des principaux collaborateurs
de M. Sharon, Dov Weisglass, le directeur de son cabinet, ainsi
que le président du Conseil de sécurité nationale, Giora Eiland,
chargé de mettre au point son plan de séparation, vont de nouveau
se rendre à Washington. Le ministre des Affaires étrangères,
Sylvan Shalom, a également été mobilisé. Il doit se rendre jeudi
à Washington avant un sommet entre M. Sharon et le président
George W. Bush qui devrait avoir lieu fin mars. M. Shalom avait
affirmé que les Etats-Unis avaient une « approche plus
positive » vis-à-vis du plan de séparation. « M.
Sharon m'a dit qu'il n'y aura aucune initiative sans un accord
des Etats-Unis, qui ne doit pas se limiter à un oui, mais doit
prévoir une longue liste de contreparties américaines »,
a poursuivi le chef de la diplomatie.
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