Wessam Fahmi
est une artiste qui nous emmène, à travers ses peintures, dans
tous les lieux où se dégagent le parfum et la saveur de l’Orient.
Elle décrit des paysages typiques, déserts, oasis ou villes
orientales, scènes de rue, etc. L'accent est mis sur certains
détails comme les particularités de l'architecture : coupole,
dômes d’églises, minarets, objets de la vie quotidienne et habitat.
Et plus encore sur des scènes qui rappellent l’ère pharaonique :
le Nil, les dieux et les déesses, la vie après la mort, le châtiment,
les scènes de labeur, les barques pharaoniques, les murailles,
les temples et les pierres sur lesquelles sont gravés des hiéroglyphes. La
lumière dans les peintures de Wessam Fahmi est toujours chaude,
accentuant les contrastes du clair-obscur ; les couleurs
sont vives et chatoyantes. Pour elle, c'est la meilleure manière
de traduire sur la toile « la magie de l’Orient ».
Cette magie, elle la cherche dans tous les pays ou même les
régions qui ont un cachet oriental. Citons entre autres :
l’Andalousie, la Turquie, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, l’Egypte
et précisément les vieux quartiers de la capitale, notamment
la place de la Citadelle, mais aussi le Sinaï, Louqsor, les
oasis, etc. Le mouvement apparaît clairement dans les peintures
de Wessam, ce qui leur donne une certaine vivacité. Cependant,
malgré tous ces points communs au mouvement dans ses peintures,
l’artiste traite les sujets selon sa propre sensibilité, qui
l'amène à peindre à travers son engouement particulier pour
l'Orient. Son luxe, son mystère, le merveilleux qui l'entoure
inspirent l’artiste. Dans les scènes tirées de son pays natal,
l’Egypte, l’artiste copie la nature et recourt à des couleurs
chaudes et ocres.
Mais Wessam Fahmi
ne se contente pas d’exprimer l’Orient à travers tout ce qui
se trouve autour d’elle dans son pays natal. Elle est prise
par le démon du voyage. Son séjour en Andalousie, à Grenade
et à Séville, la marquera ainsi fortement et l'inspirera dans
sa production artistique. Quand elle voyage dans d'autres pays,
elle commence par se documenter. Elle réalise des croquis et
exécute les travaux définitifs à son retour, puisant son inspiration
dans l’imagination. Elle recourt à des couleurs de sa propre
imagination, plus vives et populaires. Elle peint des paysages.
A l’exemple de l’Alhambra en Espagne, devenue un musée. « J'essaye
de capter dans mes peintures l’influence des Arabes en Espagne ».
La Turquie, « pays par lequel ont passé diverses civilisations :
sloughi, byzantine, romaine et islamique », a également
fasciné Wessam Fahmi.
En Egypte, l'inspiration
ne vient pas seulement du Caire et de ses monuments, mais aussi
des oasis, du Sinaï ou de Louqsor. Aux oasis, une exécution
minutieuse et des détails hyper-réalistes du thème de la prière
qui donnent un sentiment réel de la grandeur de la vie religieuse
de ce pays ainsi que la bienséance et l’hospitalité de ses habitants.
Ce qui est clair dans sa peinture du muezzin, installé dans
sa tour. De son voyage dans les oasis du Sinaï, l'artiste a
retenu les tons marron des montagnes et jaunes du désert. A
Louqsor, elle peint des scènes du quotidien dans la maison d’un
hôtelier nubien : Al-Cheikh Ali Abdel-Rassoul. Elle peint
aussi l’île Séhel à Louqsor, où elle prend un risque pour traverser
cette île, caractérisée par des rochers très élevés sur lesquels
sont gravés des hiéroglyphes. Formes géométriques, pyramides,
lignes rythmées. Souvent pharaonique, toujours orientale, la
marque des peintures de Wessam Fahmi est toujours profondément
liée à ses origines.
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