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Cinéma .
Malgré les polémiques qu'il
vient de soulever, La Passion du Christ, de Mel Gibson,
a réalisé plus de 150 millions de dollars de recettes depuis
sa sortie fin février. Coup de projecteur sur un film qui a
causé le premier malentendu entre Hollywood et le lobby
juif aux Etats-Unis. |
Une
passion controversée |
Neuf ans après
son chef-d’œuvre Braveheart, le comédien, réalisateur
et producteur australien Mel Gibson est de retour avec La
Passion du Christ, dans lequel il raconte les douze dernières
heures de la vie de Jésus. Le film, tourné en latin et araméen,
langue du Christ, a dépassé toute attente, en réalisant plusieurs
records. Il vient d'écraser le box-office américain, réalisant
le meilleur démarrage de l’histoire pour un mois de février
et le septième plus grand démarrage de l’histoire pour un mercredi,
avec 117,5 millions de dollars. Un résultat impressionnant pour
une production de caractère religieux, genre habituellement
peu lucratif.
Réalisé,
produit et co-écrit par Mel Gibson, ce film s'est affranchi
des critères et des modèles américains. Avec les deux Américains,
James Caviezel dans le rôle de Jésus Christ et Maia Morgenstem
dans le rôle de Marie et les Italiens Monica Bellucci
incarnant Marie de Magdala et Ivano Marescotti dans Pilate,
le film ne s'est pas basé sur les superstars hollywoodiennes
et s'est servi de « comédiens dont l'apparence est encore
fraîche et crédible » pour aider à présenter ce « message
religieux important pour toute l'humanité », selon
les propos de Gibson dans l'une des interviews qu'il a données
à la télévision italienne.
Les événements
du film controversé se déroulent, selon le synopsis disponible
sur Internet, dans la province romaine de la Palestine, environ
l’an 30, où Jésus de Nazareth, charpentier juif, a commencé
à enseigner publiquement et à proclamer la venue d’un « Règne
de Dieu ». Pendant des siècles, le peuple juif avait
attendu l’apparition d’un libérateur promis qu’on nommait le
Messie. Selon la pensée de certains d’entre eux, Jésus était
ce Messie. Alors, le peuple de la Galilée et de la Judée l’ont
pris comme leur roi, et il a été entouré d’une compagnie élue
de douze disciples. Mais il avait aussi beaucoup d’ennemis à
Jérusalem. Le Sanhédrin (le tribunal suprême de la communauté
juive, composé de prêtres juifs et de pharisiens) complotait
alors pour mettre Jésus à mort. Le Sanhédrin a réussi, en fait,
avec l’aide de Judas Iscariote qui appartenait au cercle intime
de Jésus, à livrer le Christ aux autorités romaines, l'accusant
sans fondement de trahison contre Rome. Quoique Jésus ait déclaré
que son Royaume était spirituel, le procureur romain, Pilate,
ordonne à ses soldats de mener Jésus hors de la ville et de
le crucifier comme un criminel. |
Les juifs s'insurgent
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Comme toute œuvre
d’art basée sur des faits historiques, ce film a fait l'objet
de plusieurs polémiques. Comme d'habitude, le lobby juif aux
Etats-Unis a trouvé dans ce film une occasion propice pour l'accuser
d'antisémitisme, refusant ses vérités historiques, d'après l'Evangile.
Certains juifs reprochent à Gibson, connu comme étant un catholique
intégriste, d’avoir réalisé un film qui reflète ses préjugés
personnels, tout en critiquant le fait de présenter les juifs,
selon eux, comme étant responsables de la crucifixion.
Le grand rabbin
d’Israël a, de son côté, demandé au pape Jean II, pape du Vatican,
de déclarer publiquement que les juifs ne sont pas responsables
de la mort de Jésus. Une demande qui vise à rappeler au Vatican
la déclaration « Nostra Aetate » de 1965, qui
avait dénoncé l’antisémitisme sous toutes ses formes et rejeté
la doctrine des juifs « peuple déicide ». Le
pape, lui, après avoir vu le film, a déclaré que « c’était
ainsi que les choses se sont passées ».
Par
ailleurs, certaines organisations juives sont allées plus loin,
jusqu'à organiser des manifestations à New York où les manifestants
juifs ont revêtu des uniformes rappelant les camps de concentration
nazis, faisant allusion aux sentiments de haine qui ont abouti
à la shoah. Alors que New York Daily News a considéré
le film comme « le plus violemment antisémite réalisé
depuis les films de propagande allemande de la seconde guerre
mondiale ».
Quant à Mel Gibson,
lui, supporté par les organisations chrétiennes et certaines
associations juives aux Etats-Unis et en Europe, ainsi que par
ses camarades à Hollywood, il a répondu aux critiques
en niant avoir eu l’intention d’accuser les juifs spécialement.
Pourtant, son message est clair : la responsabilité de
la mort de Jésus est à porter par certains juifs et certains
de leurs dirigeants.
Toutefois, les
deux côtés chrétien et juif se sont mis d’accord enfin à ne
pas laisser « la controverse entourant le film porter
atteinte aux relations religieuses respectueuses entre les catholiques
et les juifs », selon la déclaration signée
il y a quelques jours par le cardinal Lustiger et le rabbin
Israël Singer.
Pour
certains critiques américains, le film est d'une violence parfois
injustifiée. Ne niant pas la cruauté de certaines scènes, Gibson
insiste sur le fait que « la réalité était certainement
encore plus cruelle et il faut l'aborder après tous ces longs
siècles pour avouer notre culpabilité à l'égard du Messie ».
Mais, loin du niveau
artistique du film, La Passion du Christ peut marquer
une nouvelle phase dans les relations entre Hollywood
et les juifs qui gèrent la grande majorité des studios et des
sociétés de production américaines.
C'est la première
fois qu'on entend le lobby juif refuser la liberté d'expression
et de création, lui qui a tant défendu cette liberté dans des
films qui présentaient les Arabes et les musulmans comme des
terroristes, et qui a toute latitude de dénoncer les crimes
nazis, dans des films comme La Liste de Schindler. Une
attitude pour le moins contradictoire. Les manifestations juives,
elles, essaient, alors, de refuser une ancienne culpabilité
historique, qu'on ne peut pas négliger, même si les nouvelles
générations de juifs n'en sont évidemment pas responsables.
En tout état de
cause, cette polémique est très bénéfique au film. La Passion
du Christ a ainsi réalisé un succès inattendu pour un film
du genre, qu'on souhaite voir prochainement dans les salles
de cinéma en Egypte. |
Yasser Moheb |
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Dans l'histoire du cinéma mondial, la religion
fournissait des sujets qui intéressaient souvent beaucoup de
spectateurs. Au cours des années 1960 et 70, les sujets religieux
se font plus rares, en comparaison avec les sujets sociaux ou
politiques qui prennent plus de place, à l'exception de quelques
films comme Rosemary's Baby de Polanski ou L'Exorciste
de William Friedkin.
Les années 1980 témoignaient d'un grand essor
dans les films religieux, avec à titre d'exemple Mission
de Roland Joffé ou Jésus de Montréal de Denys Arcand.
La personne de Jésus a été présentée dans 35
films environ. Ces films sur Jésus ont été les exemples classiques
du cinéma religieux chrétien, et ont été soutenus par le lobby
juif, étant donné qu'ils présentaient dans la majorité une image,
selon les critiques chrétiens, parfois erronée de Jésus, dans
l'intérêt des juifs de Hollywood.
Très souvent, cette image restait éloignée
du texte du Nouveau Testament et de l’histoire de Jésus de Nazareth.
A titre d'exemple Le Roi des rois, de Nicholas Ray, La
Plus grande histoire jamais racontée de Georges Steven,
Jésus Superstar de Jewison et surtout La Dernière
tentation du Christ de Martin Scorsese, qui a présenté,
selon les critiques, un Jésus intérieurement complexe.
Le film Jésus de Nazareth réalisé par
Zeffirelli a réussi plus ou moins à améliorer l’approche de
l'Evangile, mais sans parvenir à convaincre les téléspectateurs
des vérités historiques.
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| Y.M
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