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première édition de la Fête de la francophonie était un
festival de Reggae ; la deuxième édition, un festival
du grand cirque. Cette année, il s'agit d'un éventail
musical plus diversifié, à savoir la musique du monde.
La tendance est en pleine expansion dans le monde et présente
dans quasiment tous les pays de la francophonie, aussi
bien en Europe (Suisse, Belgique, France), qu’en Afrique
de l’Ouest (Mali, Congo, Côte-d'Ivoire, Sénégal, Cameroun,
République Centrafricaine, Burkina-Faso) que dans les
Caraïbes, les îles du sud-ouest de l’océan Indien (notamment
Maurice, Madagascar, les Comores), ou au Canada.
Le terme
« World Music » fut utilisé dans les
années 1980 par certains producteurs de musiques du monde
anglo-saxon cherchant un terme générique permettant d’identifier
leurs productio ns
dans les rayons des disquaires. Il s’agissait d’un moyen
de marketing. Le principe de base était de rendre accessibles
au public occidental des musiques traditionnelles méconnues.
Cette production a contribué à familiariser des millions
d'auditeurs aux musiques « étrangères ».
Le concept
inclut les styles musicaux qui ne sont pas d’origine anglo-saxonne
et qui ne s’orientent pas vers les marchés occidentaux
nord-américain et européen. Il comprend la musique provenant
de l’Europe du Nord, d’Afrique, d’Australie et d’Amérique
latine. Bref, il désigne tout genre de musique « exotique »
par rapport au monde occidental (musiques traditionnelles,
folkloriques, populaires, savantes, religieuses, urbaines
et variées).
Au programme
de ce festival, des musiciens francophones, des vedettes
d'une multiculture adressant des messages universels de
par le monde à travers leurs chants et leurs musiques.
De la Côte-d’Ivoire,
Kajeem, à la fois auteur, compositeur et interprète, mêle
harmonieusement ragga, reggae, soul pour donner un son
nouveau scellant ainsi la réconciliation entre la mystique
reggae roots des années 1970 et le son digital d’aujourd’hui.
Les mélodies et sonorités africaines plus présentes que
jamais achèvent de donner au son de Kajeem une identité
particulière. Ses textes, comme Spleen, de l’album
Revelation Time, sont des messages de combat et
d’espoir. Combat contre toutes les formes d’oppression,
et d’espoir par sa volonté de soutenir l'espérance des
persécutés et ranimer la vigilance des tièdes. Dans ses
textes, le symbolisme de l’expression orale africaine
se joint aux subtilités des langues occidentales (principalement
le français) pour donner une nouvelle forme de poésie
chantée enrichie de sagesse africaine et donc plus vivante.
N'Faly
Kouyaté, lui, lutte pour répandre sa culture musicale
africaine, surtout en Belgique où il fait carrière. Il
est issu de la plus célèbre famille de griots du Mandingue,
région d'Afrique de l'Ouest englobant la Guinée, le Mali,
la Gambie, le Sénégal et le Burkina-Faso. N'Faly est un
merveilleux chanteur, joueur de kora (harpe-luth africain
à 21 cordes) et conteur. Formé dans la plus grande rigueur
des artistes traditionnels d'Afrique de l'Ouest, il s'ouvre
néanmoins très tôt aux courants des musiques les plus
universelles (World Music, rock, hip-hop, jazz,
etc.). Sa musique, inspirée du riche fonds musical de
Guinée, scelle la rencontre entre les instruments traditionnels
(djembé, Kora, balafon, etc.) et la contrebasse dans une
combinaison qui associe les harmonies du jazz et les rythmes
africains.
Toujours
entre l’Afrique et l’Europe, le Mali et la France, Toma
Sidibé s'est déjà fait un nom dans le domaine des musiques
du monde. Sidibé est né en Côte-d'Ivoire qu’il quitte
aussitôt pour la France avec ses parents. Dès son plus
jeune âge, il est batteur. Le rock, le reggae, le raï
et la musique africaine tiennent une place importante
dans sa culture musicale. A 17 ans, il voyage de par le
monde, en Afrique, bien sûr, mais aussi en Inde et au
Pakistan, où il s'imprègne de toutes les cultures et religions.
De retour à Paris, il s'inscrit à l'Institut des langues
orientales, où il étudie le hindi et le bambara, langue
principale du Mali qui devient sa terre d'adoption. Il
y part à plusieurs reprises et apprend à jouer du djembé.
Il emprunte d'ailleurs son nom à Sega Sidibé, qui lui
a appris le maniement de l'instrument. Mali Mélo,
son premier album sorti en 2002, résume toute l’expérience
d’un itinérant franco-africain. Dans sa musique se mêlent
guitare, Kora, flûtes lancinantes et tambours crépitants.
Ses chants sont une forte critique sociale juste et efficace.
Toma évoque la guerre, la misère, l’enfant maltraité,
l’injustice ou encore l’exil.
Le raï, le
hip-hop, le reggae se mêlent et créent la musique particulière
à la troupe Syncop fondée en 1998 au Canada par le chanteur
d’origine algérienne Karim Benzaïd. « J’avais
envie de donner un peu l’influence de mes origines musicales
dans ce qu’on appelle la musique urbaine », explique
Karim. Comme ceux de Toma Sidibé, les textes de Syncop
sont engagés. « Tout ce qui est social, tout ce
qu’on voit et qui nous fait mal au cœur, on en parle.
Le côté engagement est très important dans une vie parce
que ça permet aux personnes de s’équilibrer et aux personnes
qui n’ont pas les yeux ouverts de les ouvrir un peu »,
souligne Karim.
Quant à la
star Samira Saïd, elle chantera les meilleures chansons
de son répertoire arabe. Elle a déjà réussi à mêler ses
origines musicales marocaines à la musique égyptienne.
Dans ses chansons on trouve les dialectes marocain, égyptien
et du Golfe. Elle chante l'amour, sous tous ses aspects ;
l'amour pour la vie, pour le chant, pour l’homme. Un message
individuel dans un certain sens, mais aussi très universel
et très humain.
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