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Evénement . Dans le cadre de la Fête de la francophonie, un festival de musiques du monde se tiendra du 18 au 22 mars au Caire et à Alexandrie. Délectation assurée.

L'Afrique rythmée

La première édition de la Fête de la francophonie était un festival de Reggae ; la deuxième édition, un festival du grand cirque. Cette année, il s'agit d'un éventail musical plus diversifié, à savoir la musique du monde. La tendance est en pleine expansion dans le monde et présente dans quasiment tous les pays de la francophonie, aussi bien en Europe (Suisse, Belgique, France), qu’en Afrique de l’Ouest (Mali, Congo, Côte-d'Ivoire, Sénégal, Cameroun, République Centrafricaine, Burkina-Faso) que dans les Caraïbes, les îles du sud-ouest de l’océan Indien (notamment Maurice, Madagascar, les Comores), ou au Canada.

Le terme « World Music » fut utilisé dans les années 1980 par certains producteurs de musiques du monde anglo-saxon cherchant un terme générique permettant d’identifier leurs productions dans les rayons des disquaires. Il s’agissait d’un moyen de marketing. Le principe de base était de rendre accessibles au public occidental des musiques traditionnelles méconnues. Cette production a contribué à familiariser des millions d'auditeurs aux musiques « étrangères ».

Le concept inclut les styles musicaux qui ne sont pas d’origine anglo-saxonne et qui ne s’orientent pas vers les marchés occidentaux nord-américain et européen. Il comprend la musique provenant de l’Europe du Nord, d’Afrique, d’Australie et d’Amérique latine. Bref, il désigne tout genre de musique « exotique » par rapport au monde occidental (musiques traditionnelles, folkloriques, populaires, savantes, religieuses, urbaines et variées).

Au programme de ce festival, des musiciens francophones, des vedettes d'une multiculture adressant des messages universels de par le monde à travers leurs chants et leurs musiques.

De la Côte-d’Ivoire, Kajeem, à la fois auteur, compositeur et interprète, mêle harmonieusement ragga, reggae, soul pour donner un son nouveau scellant ainsi la réconciliation entre la mystique reggae roots des années 1970 et le son digital d’aujourd’hui. Les mélodies et sonorités africaines plus présentes que jamais achèvent de donner au son de Kajeem une identité particulière. Ses textes, comme Spleen, de l’album Revelation Time, sont des messages de combat et d’espoir. Combat contre toutes les formes d’oppression, et d’espoir par sa volonté de soutenir l'espérance des persécutés et ranimer la vigilance des tièdes. Dans ses textes, le symbolisme de l’expression orale africaine se joint aux subtilités des langues occidentales (principalement le français) pour donner une nouvelle forme de poésie chantée enrichie de sagesse africaine et donc plus vivante.

N'Faly Kouyaté, lui, lutte pour répandre sa culture musicale africaine, surtout en Belgique où il fait carrière. Il est issu de la plus célèbre famille de griots du Mandingue, région d'Afrique de l'Ouest englobant la Guinée, le Mali, la Gambie, le Sénégal et le Burkina-Faso. N'Faly est un merveilleux chanteur, joueur de kora (harpe-luth africain à 21 cordes) et conteur. Formé dans la plus grande rigueur des artistes traditionnels d'Afrique de l'Ouest, il s'ouvre néanmoins très tôt aux courants des musiques les plus universelles (World Music, rock, hip-hop, jazz, etc.). Sa musique, inspirée du riche fonds musical de Guinée, scelle la rencontre entre les instruments traditionnels (djembé, Kora, balafon, etc.) et la contrebasse dans une combinaison qui associe les harmonies du jazz et les rythmes africains.

Toujours entre l’Afrique et l’Europe, le Mali et la France, Toma Sidibé s'est déjà fait un nom dans le domaine des musiques du monde. Sidibé est né en Côte-d'Ivoire qu’il quitte aussitôt pour la France avec ses parents. Dès son plus jeune âge, il est batteur. Le rock, le reggae, le raï et la musique africaine tiennent une place importante dans sa culture musicale. A 17 ans, il voyage de par le monde, en Afrique, bien sûr, mais aussi en Inde et au Pakistan, où il s'imprègne de toutes les cultures et religions. De retour à Paris, il s'inscrit à l'Institut des langues orientales, où il étudie le hindi et le bambara, langue principale du Mali qui devient sa terre d'adoption. Il y part à plusieurs reprises et apprend à jouer du djembé. Il emprunte d'ailleurs son nom à Sega Sidibé, qui lui a appris le maniement de l'instrument. Mali Mélo, son premier album sorti en 2002, résume toute l’expérience d’un itinérant franco-africain. Dans sa musique se mêlent guitare, Kora, flûtes lancinantes et tambours crépitants. Ses chants sont une forte critique sociale juste et efficace. Toma évoque la guerre, la misère, l’enfant maltraité, l’injustice ou encore l’exil.

Le raï, le hip-hop, le reggae se mêlent et créent la musique particulière à la troupe Syncop fondée en 1998 au Canada par le chanteur d’origine algérienne Karim Benzaïd. « J’avais envie de donner un peu l’influence de mes origines musicales dans ce qu’on appelle la musique urbaine », explique Karim. Comme ceux de Toma Sidibé, les textes de Syncop sont engagés. « Tout ce qui est social, tout ce qu’on voit et qui nous fait mal au cœur, on en parle. Le côté engagement est très important dans une vie parce que ça permet aux personnes de s’équilibrer et aux personnes qui n’ont pas les yeux ouverts de les ouvrir un peu », souligne Karim.

Quant à la star Samira Saïd, elle chantera les meilleures chansons de son répertoire arabe. Elle a déjà réussi à mêler ses origines musicales marocaines à la musique égyptienne. Dans ses chansons on trouve les dialectes marocain, égyptien et du Golfe. Elle chante l'amour, sous tous ses aspects ; l'amour pour la vie, pour le chant, pour l’homme. Un message individuel dans un certain sens, mais aussi très universel et très humain.

May Sélim

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Programme
A l’Opéra du Caire

Le 18 mars à 21h, Samira Saïd (Egypte/Maroc)

Le 19 mars à 20h, Toma Sidibé (France/Mali) et à 22h, N’Faly Kouyate (Belgique/Guinée)

Le 20 mars à 20h, Syncop (Canada/Maroc/Algérie) et à 22h Kajeem (Côte-d’Ivoire).

Au Centre du Garage des Jésuites à Alexandrie

Le 22 mars à 20h, Toma Sidibé.

 

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