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Union Européenne . Des négociations entre l'Egypte et l'UE sont en cours pour adapter l'accord d'association de juin 2001 à l'entrée dans l'Union, en mai prochain, de 10 nouveaux pays.
L'Egypte refait ses comptes

« Ce n'est pas une renégociation, il ne s'agit que d'une simple adaptation de notre accord d'association avec l'UE (Union Européenne). Au mois de mai prochain, dix pays supplémentaires vont intégrer l'Union et nous devons nous assurer que ces nouveaux venus le respecteront », explique l’ambassadeur Gamal Bayoumi, qui a dès le début participé aux négociations sur l'accord d'association entre l'Egypte et l'Union européenne.

Car la semaine dernière, la nouvelle du déplacement à Bruxelles d’une délégation du ministère du Commerce égyptien annoncée comme une renégociation de l'accord d'association signé le 25 juin 2001 a semé la confusion. La presse égyptienne et arabe présentait ce voyage comme des plus curieux, alors que le volet commercial de l'accord n'était entré en vigueur qu'en janvier dernier, après cinq ans de négociations, dont deux d'attente.

Mais avec l'adhésion prochaine à l'UE de Chypre, de la Lettonie, de l'Estonie, de la Lituanie, de la Pologne, de la Slovénie, de la Slovaquie, de la Hongrie, de Malte, et de la République tchèque, « il est normal qu'il y ait des pourparlers. Si l’Egypte exporte par exemple 500 tonnes de fraises par an aux 15 pays de l’UE, cette quantité doit être revue à la hausse maintenant que le marché comprend dix autres nouveaux pays. D’autre part, l’Egypte ne s’attendait pas, au moment de la conclusion de cet accord, à ce que certains produits accèdent au marché, comme le fer lituanien, par exemple. Chose qui pourrait porter préjudice au marché intérieur. D’où l’importance des négociations », a affirmé un haut responsable au ministère du Commerce extérieur qui a requis l’anonymat. Ce premier cycle de négociations portera principalement sur le volet commercial, notamment sur la révision des quotas des produits agricoles et agroalimentaires pour une meilleure adaptation au nouveau volume du marché.

Cette adhésion à l'UE de 10 nouveaux pays aura un impact à la fois positif et négatif sur l'économie égyptienne, puisqu'un marché de 75 millions de nouveaux consommateurs s’ouvrira à elle. Une récente étude de l’association des exportateurs égyptiens mentionne que la production agricole des nouveaux adhérents est modeste et ne risque pas de menacer les exportations agricoles égyptiennes vers l’UE, qui en reçoit 60 % de l'ensemble des exportations nationales. « Ce sont les métaux, notamment le fer, qui constituent la principale exportation des dix nouveaux membres », précise un haut responsable au ministère du Commerce. « Il est vrai que l’Egypte exporte certains fruits et légumes que les nouveaux adhérents cultivent aussi. Mais les récoltes n'ont pas lieu en même temps. C'est un avantage », explique Gamal Bayoumi.

Mais l’Egypte aura cependant à faire face au soutien de l’UE de ces nouveaux membres. Selon l’Union européenne, des crédits considérables ont été dégagés en leur faveur afin de moderniser exploitations, structures de transformation et de commercialisation des denrées alimentaires, mais aussi d'encourager une agriculture respectueuse de l'environnement. Dès leur adhésion, les agriculteurs des nouveaux Etats membres pourront aussi bénéficier d'un soutien accru financé par une enveloppe spéciale de 5,8 milliards d'euros adapté à leurs besoins.

Un chiffre qui ne doit cependant pas intimider. Cette enveloppe, qui sera versée sur trois ans, recouvre différents aspects de l'agriculture de ces pays, sans toutefois nuire aux exportations agricoles de l’Egypte. Cette somme servira par exemple à octroyer des crédits spécifiques qui seront affectés aux régimes des préretraites des agriculteurs, aux zones défavorisées, à la protection environnementale, aux mesures de boisement, aux groupements de producteurs et au respect des normes communautaires en matière de denrées alimentaires, ou d'hygiène animale.

Une autre question se pose néanmoins. Le fait que les économies des nouveaux adhérents se rapproche de l’économie égyptienne ne pourrait-il pas affecter l’aide européenne versée à l’Egypte ? Selon Ahmad Ghoneim, conseiller auprès du ministre de l'Industrie, « cet élargissement va nuire à la situation de l’Egypte et à sa compétitivité. Parce qu’une part des ressources financières de l’UE va s’orienter vers ces nouvelles économies qui vont jouir de la préférence de traitement ». Mais il est encore tôt pour savoir. « On ne peut pas parler d’échec ou de réussite des négociations. On n’en est qu’au premier cycle », explique un haut responsable au ministère du Commerce.

Ibtessam Zayed
Réhab Moustapha

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