Gaz
naturel . Hôte
du 4e Forum ministériel des pays exportateurs, le
ministre égyptien du Pétrole appelle
à mettre fin à l'indexation des prix du gaz
sur ceux du brut. |
L'Egypte
peine à convaincre |
Ce
n'est pas l'Opep, mais n'empêche, quand les 15 grands
du gaz naturel se réunissent, ce n'est pas une mince
affaire. C'est en fait la quatrième réunion ministérielle
depuis la création du Forum des pays exportateurs
de gaz en 2001. Les 15 pays sont : l’Algérie,
l’Indonésie, l’Iran, la Libye, la Malaisie, le Nigeria,
la Norvège, Oman, le Qatar, la Russie, les Emirats
arabes unis, Trinidad et Tobago, le Venezuela ainsi
que l'Egypte. |
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C'est
cette dernière qui a accueilli la réunion du 14
mars, et qui a proposé l'agenda. Ainsi, le ministre
du Pétrole, Sameh Fahmi, a lancé un appel pour ne
plus indexer les prix du pétrole sur ceux du gaz.
Selon lui, cette mesure mettrait les pays producteurs
de gaz à l'abri des chocs résultant des fluctuations
des prix du brut. « Il faudrait opter pour
un marché plus libre et plus mature. Ce qui aboutit
à des prix plus stables. Cela exige une révision
sérieuse des mécanismes de détermination des prix »,
explique le ministre du Pétrole égyptien. « Je
sais que cela n'est pas sans risque, mais si on
ne le fait pas, la situation sera pire »,
avertit Fahmi au terme de la réunion.
Avant que la réunion prenne fin,
un membre de la délégation égyptienne a exprimé
son amertume : « Le forum va probablement
soumettre la formule proposée par la partie égyptienne
à l'étude auprès d'un bureau de recherche spécialisé,
afin de l'approfondir et de donner ses recommandations »,
révèle-t-il. Une déclaration qui cache en fait la
réticence des 15 membres du forum.
Ces membres, qui détiennent 75 %
des réserves mondiales de gaz et 50 % du volume
de commerce international, ne suivent pas une seule
formule pour la fixation des prix. Contrairement
au pétrole, le marché du gaz n'est pas du tout libre.
Les producteurs s'engagent selon des accords à long
terme qui s'étendent sur 20 ans, à un prix fixe.
L'Egypte, tout comme plusieurs autres, indexe ses
prix sur celui du brut. D'autres, sur le diesel.
Plusieurs ministres participant
à la conférence ont confié à l'Hebdo qu'il
y avait de faibles chances pour qu'une telle décision
soit prise rapidement. Le ministre iranien du Pétrole,
Bijan Namdar Zanganeh, ne partage pas la même opinion
que son homologue égyptien. « Nous discutons
de ce sujet durant le forum simplement pour échanger
les points de vue », a-t-il souligné (voir
entretien). Le ministre qatari, lui aussi, ne s'est
pas montré enthousiaste. « Ce qui m'importe,
c'est d'obtenir le rendement optimum pour cette
source d'énergie propre. La fixation du prix du
gaz est une question qui dépend des intérêts des
producteurs sans négliger ceux des consommateurs
avec qui nous sommes engagés par des contrats à
long terme », a-t-il confié à l'Hebdo.
Pour sa part, le ministre émirati
du Pétrole, Obeid Bin Seif Al-Nassiri, a défendu
l'indexation du prix du gaz à celui du brut :
« Les sources d'énergie sont liées. Puisque
le prix du pétrole est déterminé par le marché,
donc celui du gaz l'est aussi ».
En fait, le gaz naturel devient
de plus en plus demandé en tant qu’énergie propre
et bon marché. Comme le montrent les prévisions
de croissance de la demande. Les experts s'attendent
d’ailleurs à ce que la demande internationale s'accroisse
au rythme de 2,2 % annuellement au cours des
20 prochaines années, « la plus forte croissance »
parmi toutes les sources d'énergie, selon Sameh
Fahmi. Ce taux est en fait le double de celui de
la croissance de la demande pour le brut. La majorité
de cette demande provient des marchés des pays industrialisés,
ainsi que les pays récemment industrialisés de l'Asie.
Les chiffres des réserves ne déçoivent pas ces prévisions.
En fait, les réserves mondiales assurées ont atteint
5 500 trillions pieds cubes en 2003, contre
5 170 en 1999. Au moment où les réserves du
brut ont été révisées à la baisse et ont été chiffrées
à 4 milliards bj début 2003.
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Salma
Hussein |
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Les
membres de l'Opep sont engagés à respecter la baisse
de production annoncée |
| Bijan
Namdar Zanganeh, ministre
iranien du Pétrole, explique pourquoi son pays n'approuve
pas l'augmentation de la production du brut. Il
préconise par ailleurs un marché libre pour le gaz
naturel.
Al-Ahram Hebdo : Vous
avez assisté au quatrième forum des pays exportateurs
de gaz. Partagez-vous la vision de l'Egypte d'aboutir
à une seule équation de fixation du prix du gaz
naturel ?
Bijan Namdar Zanganeh : C'est
un sujet en discussion. Le forum des pays exportateurs
de gaz discute ce sujet, mais uniquement avec un
objectif d'échange de points de vue. Pas plus. Peut-être
est-il de trouver une formule commune pour déterminer
les prix du gaz, et un mécanisme d'application convenable
pour l'ensemble des producteurs.
— Préférez-vous donc de le
lier au prix du brut ?
— La nature actuelle du marché
permet d'y avoir une panoplie de formules. Je ne
peux pas dire laquelle est la meilleure. Le prix
du gaz doit être fixé indépendamment. En Europe
et plusieurs autres pays, il y aura un marché libre
pour le gaz, semblable à celui du brut, et non pas
des contrats à long terme, où des mécanismes fixent
les prix. Il me semble que nous n'allons pas attendre
longtemps avant de voir un marché libre et même
un marché au comptant pour le gaz.
— Pour qu'un marché libre
du gaz voit le jour, il faudrait un choc comme celui
du marché de pétrole en 1973, grâce auquel les producteurs
ont réussi à imposer leurs prix. Comment pouvez-vous
imposer une telle pression en ce moment ?
— Cela relève des pays exportateurs
de gaz. Toute cette question du gaz est nouvelle.
Les producteurs n'ont qu'à se coordonner davantage
et continuer à discuter avec les consommateurs.
— Approuvez-vous la proposition
égyptienne de créer un secrétariat pour le forum
des pays exportateurs du gaz ?
— Non. Nous ne voulons pas
la création d'un tel organisme.
— Il s'agit de la première
visite d'un ministre du Pétrole iranien en Egypte
depuis la révolution de 1979. Des projets communs
dans le domaine du gaz sont-ils à l'ordre du jour ?
— La délégation ministérielle
a discuté de plusieurs projets pour encourager les
relations bilatérales. Nous pensons qu'il y a une
opportunité, notamment dans le secteur pétrochimique.
Nous sommes prêts à investir en Egypte. Et il semble
que l'Egypte soit aussi disposée à investir dans
certains secteurs en Iran. Nous estimons que ce
sera très fructueux pour les deux parties.
— Pour ce qui est du pétrole,
les pays consommateurs penchent pour une hausse
de la production afin de stabiliser les prix. Qu'en
pensez-vous ?
— Nous nous sommes toujours
engagés à procurer au marché les quantités suffisantes
en temps voulu. Tous les principaux acteurs du marché
sont d'accord sur le fait qu'il n'y a pas eu de
déficit sur le marché, que ce soit durant le premier
trimestre et surtout pendant le second. Même après
la prochaine baisse de production de l'Opep en avril,
l'offre ne manquera pas. L'Opep a bien rempli ses
engagements.
— Pourquoi les prix du brut
restent-ils supérieurs à la fourchette des prix
fixés par l'Opep malgré la fin de la saison hivernale ?
— Il semble que les Etats-Unis
souffrent d'un manque de capacité de raffinage.
De notre côté, nous n'avons aucune difficulté à
fournir le brut demandé. L'Opep a en fait couvert
et est même allée au-delà de tous les besoins du
marché américain. Nous ne croyons pas que l'offre
sur le marché mondial est déficitaire.
— Certains membres de l'Opep,
comme les Emirats arabes unis, défendent cependant
une hausse de la production …
— Cette question est en train
d'être négociée au sein de l'Opep. Lors de la prochaine
réunion, nous verrons le résultat de ces négociations.
Mais pour le moment, tous les membres sont engagés
à respecter les baisses annoncées.
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| Propos
recueillis par S.H |
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