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La vie mondaine

circulation . Un de nos lecteurs fraîchement arrivé au Caire nous livre ses impressions sur le comportement des Egyptiens, notamment dans la rue.

On ne sait plus où donner de la tête !

Qu’il sera agréable au nouveau père que je suis d’entendre parler ainsi l’enfant que j’essaie d’élever dans le droit chemin et le respect d’autrui. Agréable, mais surtout utile, car deux paires d’yeux ne sont pas de trop quand nous essayons de traverser les rues du Caire.

Je vis depuis peu dans la capitale de l'Egypte, berceau, m’a-t-on dit, de la civilisation. Et je rencontre tous les jours sur les trottoirs des gens fort civilisés, souvent souriants, qui me saluent courtoisement, ou me lancent spontanément des « Welcome to Cairo, Welcome to Egypt ! ». Même amabilité auprès des commerçants qui cherchent sans impatience à se mettre à ma portée, à comprendre mes commandes lancées dans un anglais approximatif ou dans un arabe balbutié.

Je vous salue, piétons cairotes, ambassadeurs de l’amabilité. Mais alors, d’où peut bien provenir cette engeance qui sillonne les chaussées en rangs serrés à bord de véhicules fumants, pétaradants, klaxonnant ? Et tous y vont de bon cœur, pied au plancher, main sur le klaxon, tournant fiévreusement la tête à droite et à gauche, dansant d’une fesse sur l’autre comme un gardien de but au moment du coup franc. Un espace libre, un petit intervalle dans le flot des bagnoles ? Fonçons ! Il y a peut-être un ou deux dixièmes de seconde à gagner.

Est-ce là l’explication ? Il semble que le conducteur égyptien soit en effet un pilote né, qui force le respect par sa hardiesse et son adresse. Car il y a somme toute assez peu de tôle froissée en regard des hectolitres de carburant consommés, et je m’étonne d’ailleurs de ne pas voir de pilote égyptien en première ligne des grands prix de formule 1.

A moins que la règle du jeu, pour autant que je puisse en juger depuis les trottoirs ou les ponts où je trouve un précaire refuge, soit de ne pas laisser à découvert un seul mètre carré de bitume. Un piéton pourrait peut-être s’y aventurer, s’y installer, et c’en serait fini de l’hégémonie des automobilistes sur cette partie de la ville. Les passants ont déjà une fâcheuse tendance à marcher sur la chaussée, ou plutôt dans le caniveau, pour être précis (l’occupation des trottoirs par des véhicules en stationnement en est en grande partie la cause), jusqu’où iront-ils ? Non, non, non ! Personne sur la chaussée, voilà un principe universel qui trouve écho au Caire, et les passages piétons, dont je devine les fantômes çà et là, finissent de disparaître sous les empreintes de pneu, comme si les automobilistes les effaçaient délibérément à coups de gomme énergiques.

Non ! Ce serait trop triste de penser qu’un simple outil comme l’automobile sépare radicalement la population en deux groupes antagonistes : ceux qui sont dedans et ceux qui sont dehors. Allons, mesdames et messieurs les automobilistes, soyons raisonnables : ralentir à l’approche des piétons ne freinerait pas radicalement la marche du pays vers le progrès. Ne vous laissez pas diriger par les machines, trop promptes à s’emballer. Choisissez l’humanité : levez le pied et souriez aux passants.

 

Manuel Rémond,
Le Caire.



Respectez notre laïcité !

Suite à la lecture du courrier de Karim Jbeilli (Canada) publié dans le numéro 494 d'Al-Ahram Hebdo, et intitulé « Un monde sens dessus dessous », où il évoque la guerre contre l’Iraq et la récente question du voile en France. Je tiens à lui signaler que les écoles publiques françaises sont laïques. Le mot laïque vient du latin laïcus et du grec laïkos : qui appartient au peuple. Une école laïque est une école qui distribue un enseignement qui exclut toute éducation proprement religieuse. Les écoles publiques accueillent tous les élèves quelle que soit leur appartenance religieuse. C’est dans cet esprit-là que les élèves ne doivent pas porter de signes ostensibles de leur religion par respect des autres élèves de religions différentes (ou même sans religion). Pendant trop longtemps les Français ont souffert d’un Etat dirigé par les politiques et les religieux réunis.

Avant de venir pour mon travail en Egypte, ma société m’avait remis une liste de recommandations pour avoir vis-à-vis des Egyptiens une attitude correcte en regard des us et coutumes, et spécialement à l’époque du Ramadan. C’est un apprentissage pour un non musulman ! Alors pourquoi l’inverse ne serait-il pas possible envers le pays dont on est l’hôte ?

JC. Brana-Palma,
France.



A propos du film Hob al-banat

On répète toujours que le cinéma égyptien est en crise. Pourtant, de bons films sont produits, à l'exemple de Hob al-banat (L'Amour des filles). Celui qui l'a écrit a apporté du nouveau au cinéma égyptien ... Tout d'abord, les acteurs ont été bien choisis. Il n'y avait pas un seul héros, tous les acteurs étaient des héros et chacun d'eux avait un rôle qui lui convenait, important et indispensable aux événements, en d'autres mots, chacun avait un caractère différent.

Il y a dans le film quatre genres d'amour. Premièrement, l'amour paternel qui apparaît au début du film, dans le récit que le père laisse à ses filles à la suite de sa mort et dont le but est de les regrouper de nouveau et de semer l'amour entre elles. Et réciproquement l'amour filial, de la part des filles envers leur père. Deuxièmement, l'amour fraternel. C’est le sentiment dominant dans ce film, or cet amour n'était pas présent entre les trois sœurs puisque chacune d'elles vivait dans une maison différente. L'auteur nous montre qu'au début, les deux sœurs étaient jalouses de leur sœur aînée, Leïla Eloui, car leur père lui donne quelques privilèges en lui léguant toute sa fortune jusqu'à ce que sa demande soit accomplie. Mais celle-ci, en s'occupant d'elles, réussit à faire bouger les choses en créant un véritable lien entre elles.

Troisièmement, l'amour entre une femme et un homme. Chacune des trois sœurs a sa propre histoire. Trois histoires différentes et toutes compliquées. Du fait de l'absence du père, Leïla Eloui souffre d'un sentiment d’insécurité, et Hanane Tork est quelque peu violente. Quant à la troisième sœur, Hala Chiha, elle méconnaît la société orientale et ne connaît que le système occidental, ayant vécu en Angleterre. Mais à la fin du film, chacune des sœurs choisit un homme qu'elle aime et l’épouse. C'est-à-dire qu’elles ont pu vaincre leurs complexes et cela grâce au quatrième genre d'amour, celui que leur apporte un psychologue. Son rôle est important et effectif tout au long du film. Ce personnage, interprété par Achraf Abdel-Baqi, dit dans l'une des scènes du film que « les maladies de l'âme sont beaucoup plus douloureuses que les autres maladies », ce qui est vrai. Et d’ajouter : « La plupart sont causées par l'amour ». Et c'est vraiment le sujet principal dont traite le film. Un film que je considère excellent.

Amr Attiya,
Le Caire.

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Sacrée Rouby !

Nombreuses sont les jeunes filles et les adolescentes qui sont obsédées par l'idée de devenir des top-modèles. La tyrannie de l'apparence étant imposée dans tous les médias qui présentent à longueur de journée des sexe-symboles, auxquels toutes les filles veulent ressembler. Celles-ci sont prêtes à tout pour devenir comme leur idole et deviennent obsédées par l'apparence physique en faisant notamment des régimes draconiens qui peuvent leur être nuisibles.

Ceci a pris de l'ampleur avec l'arrivée sur scène de certaines chanteuses qui font fureur comme les Libanaises Nancy Agram, Haïfa Wahbi et la bombe égyptienne Rouby, qui fait tant parler d'elle en ce moment. Cette dernière a bafoué traditions et coutumes de notre pays. Audacieuse pour ne pas dire sans pudeur, ses clips sont pour le moins qu'on puisse dire provocants.

Mais ce qui est inadmissible, c'est qu'on autorise la diffusion de ses clips et que de nombreuses personnes y voient une évolution positive, un pas vers le modernisme. Cependant, le modernisme et le développement ne se font pas en imitant des coutumes qui ne sont pas les nôtres ni en se déshabillant. Il faut réagir avant que toutes les filles ne deviennent des Rouby.

Jaylane kamel,
Le Caire.

Une de nos lectrices dénonce la propagation des clips « osés » ce qu'elle considère comme une dépravation des mœurs et une menace à la société égyptienne. Etes-vous de son avis ? Nous attendons vos commentaires.

 

 

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