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Réglementation . La nomination de tout nouvel entraîneur étranger devra désormais être validée par ministère de la Jeunesse. Une mesure qui doit servir de garde-fou.

Visa ministériel requis pour
les entraîneurs étrangers

Les entraîneurs étrangers sont pléthores dans les équipes égyptiennes et surtout dans les sélections. Jusqu'à présent, le choix d'une telle personne relevait du président de la fédération concernée. Mais depuis deux mois, un nouveau règlement adopté par le ministère de la Jeunesse, impose un blanc-seing ministériel à toute désignation d'entraîneurs étrangers. Qu'il s'agisse des sélections nationales, ou des clubs, toutes disciplines confondues.

Car malgré des salaires souvent très élevés en raison de leur expérience, la plupart des fédérations n'ont jamais vraiment su tirer profit des services de ces entraîneurs. « En 3 ans, la Fédération de basket-ball a nommé 4 entraîneurs étrangers puis un sélectionneur égyptien. Aujourd'hui, la discipline est loin de briller, alors qu'elle devrait être capable d'aller aux JO d'Athènes 2004 », souligne Adel Sabri, expert en basket-ball et ex-sélectionneur de la sélection égyptienne. Un reproche qui peut aussi s'adresser aux Fédérations de football et de volley-ball.

Les fédérations estiment qu'elles ont un besoin crucial de l'expérience et des méthodes modernes d'entraînement. Mais sans posséder les capacités matérielles d'attirer réellement les meilleurs entraîneurs. « Elles signent des contrats avec des entraîneurs qui sont parfois beaucoup moins qualifiés que les entraîneurs égyptiens », relève un responsable au ministère de la Jeunesse, sous couvert d'anonymat. L'autre difficulté est que les entraîneurs arrivent en Egypte avec des idées et des méthodes de jeu qui ne conviennent pas forcément à des joueurs peu professionnalisés. Autrement dit, leur approche psychologique n'est pas toujours adaptée.

Le ministère accordera ainsi désormais plus d'attention à leur qualification, d'autant plus qu'ils présentent souvent de faux documents pour attester leurs compétences. D'autre part, le ministère fixera une période d'essai pour juger la recrue et son habilité à établir une stratégie de développement de l'équipe.

« A mon avis, cette mesure ne va pas nous avantager. D'abord, parce que les entraîneurs refuseront toute période d'essai. Mais aussi parce qu'on sera chargé de conclure des contrats avec des entraîneurs de haut niveau et donc qui demandent des salaires importants. Tout cela nous privera de l'expérience étrangère », prévient Saïd Abdine, président de la Fédération égyptienne de hockey.

Le ministère rétorque que ces mesures inciteront les fédérations à faire appel à des entraîneurs égyptiens. Un entraîneur étranger de 2e catégorie, hors football, demande entre 2 000 et 3 000 dollars par mois, sans compter une prime d'arrivée entre 20 000 et 30 000 dollars. Alors que des entraîneurs égyptiens se monnaient entre 3 000 et 4 000 livres égyptiennes par mois, et une prime de quelque 40 000 L.E.

« Plutôt que de gaspiller de l'argent en finançant des entraîneurs étrangers, le ministère devrait aider les entraîneurs égyptiens à assister à des conférences à l'étranger, ou nous donner l'occasion d'en organiser », estime Adel Chamala, directeur technique de la sélection de water-polo.

Mais dans certains cas, l'application de cette mesure sera difficile. En foot par exemple, la plupart des entraîneurs ont très bonne réputation. « Il sera difficile de leur imposer une période d'essai. Pour le ministère, c'est un gage de réussite. Pourtant, le très célèbre entraîneur portugais, Tony Oliveira , qui a pris en charge l'équipe d'Ahli entre août et décembre 2003 , a échoué dans sa mission. Ce n'est pas son CV qui est en question », relève Ahmad Chobeir, membre du conseil d'administration de la Fédération égyptienne de football.

Les avis divergent, mais il n'en reste pas moins que le principal bienfait de cette mesure est d'offrir une occasion aux entraîneurs égyptiens de faire connaître leurs capacités. « Quels que soient ses résultats, ce nouveau règlement aura le mérite de dissuader les entraîneurs peu motivés, qui ne viennent ici que pour le soleil et le tourisme », lance un membre du conseil d'administration de la Fédération égyptienne de basket-ball. Il rappelle au passage que l'Italien Mario Balsonne, ex-sélectionneur de la sélection nationale, est resté un an en Egypte sans autre performances que de s'être disputé avec les joueurs, et d'avoir visité l'Egypte tout entière !

Chourouq Chimy

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Motus et bouche cousue

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