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Après
25 ans d’études, de négociations et d’opinions controversées,
le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) a enfin pris la
décision la semaine dernière de sauver le Sérapeum, l’une
des merveilles du site de Saqqara qui remonte à la XVIIIe
dynastie (1405-30 av. J.-C.), menacé d’effondrement. Des
égyptologues de différentes missions étrangères opérant
en Egypte, des professeurs en archéologie, à leur tête
Zahi Hawas, secrétaire général du CSA, se sont rendus
sur les lieux situés à 25 km au sud du Caire pour estimer
l’état de ce monument en danger. Visite venue à temps
pour essayer de sauver cette sépulture souterraine .
La dégradation
du Sérapeum n’est pas nouvelle. Il souffre en fait de
détérioration depuis près de 25 ans. Creusé dans une roche
en argile friable sous la forme de tunnel conduisant à
des chambres souterraines, il est actuellement gravement
lézardé et risque même de s’écrouler. « La nature du sol
du Sérapeum est très fragile et a été fortement affectée
non seulement par des facteurs naturels, mais aussi par
les explosions qui se produisaient dans les carrières
proches il y a des années », explique Hawas. En fait,
ces explosions ne sont pas la seule raison, mais ce sont
plutôt l’infiltration et la stagnation de l’eau dans les
parois de la colline qui en sont la cause. « Une cafétéria
avait été construite sur le site au début des années 1980
pour servir les touristes, mais le système d’évacuation
des eaux était mauvais. La cafétéria avait été fermée
au bout de 14 jours, mais ces 14 jours ont été suffisants
pour nuire au site », explique Hassan Fahmi Imam, ingénieur
et conseiller auprès du CSA. Selon lui, la nature du sol
du Sérapeum absorbe fortement l’eau qui se propage et
stagne à l’intérieur de la roche et par conséquent, se
dilate.
Or, il est
connu depuis bien longtemps que ce site est fragile. Il
a été restauré au début des années 1950, mais apparemment
l’opération a été mal faite. « Pour consolider les voûtes
et les arcs et pour combler les fissures, des pierres
et du béton ont été insérés », explique Sabri Abdel-Aziz
directeur du département des antiquités égyptiennes au
CSA. Mais une grande partie de ce béton s’est lézardée
et par la suite s’est écroulée. Mauvaise restauration
qui a fait empirer l’état du site. C’est ainsi que le
CSA a fait appel à une société d’ingénierie qui a construit
de grandes voûtes en fer pour essayer de sauver ce site
exceptionnel. Mais à première vue, la solution proposée
n’a pas été appréciée par les spécialistes qui ont visité
dernièrement le site. « J’ai été choqué de voir de si
grandes voûtes bleues étalées à l’intérieur des chambres
souterraines. On m’a ensuite expliqué que c’était pour
un certain temps et que c’était la seule solution à l’heure
actuelle. Cette sorte de voûte est utilisée à l’étranger
mais en général c’est moins épais », explique l’égyptologue
allemand Reiner Shtadelman. « A long terme, il faut stabiliser
la pierre, ensuite la traiter tout en gardant les voûtes
», reprend-il. En fait, Shtadelman n’est pas le seul à
être choqué de voir des voûtes et des échafaudages en
fer avec de telles dimensions dans un site archéologique.
« Si les
voûtes en fer choquent, il faut bien clarifier que c’est
un projet de sauvetage et non de restauration et que cette
solution est temporaire. Elles peuvent se démonter en
deux, trois jours », répond Hawas. Selon Hassan Imam,
les voûtes en fer sont la seule solution pour éviter l’écroulement
du Sérapeum dans quelques années. « Je ne peux pas utiliser
la pierre pour combler les fissures, puisque son utilisation
était un échec total », souligne l’ingénieur.
En fait,
d’après les critères internationaux de l’Unesco, l’Icom
et l’Icomos ont accepté en cas d’urgence d’utiliser de
telles matières pour éviter tout danger. Entre-temps,
une étude pour la restauration durable doit être engagée
le plus tôt possible. |