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Consommation . La hausse des prix que connaît l'Egypte depuis quelques mois pose un véritable problème social. Les associations de défense des consommateurs demandent une législation pour redéfinir leur rôle, et pouvoir agir dans l'intérêt de la population.

Dans l'attente d'une loi

La libéralisation des taux de change et la chute du cours de la livre par rapport au dollar ont poussé de nombreux commerçants à augmenter leurs prix de manière complètement arbitraire. Face à ce fléau, qui ampute le budget de nombreuses familles égyptiennes, les recours des consommateurs sont limités et un sentiment d'impuissance gagne la population.

Pourtant, l'Egypte ne compte pas moins de 65 associations non gouvernementales de défense des consommateurs. Elles ont été créées pour la plupart à partir de 1994, avec pour premier objectif de sensibiliser la population sur l'importance d'une consommation raisonnée, à l'abri des abus et des arnaques. C'est en poursuivant le même but que le ministère de l'Approvisionnement a créé, la même année, un conseil permanent pour la protection des consommateurs. Quelque 214 agences ministérielles couvrent ainsi l'ensemble des gouvernorats pour recevoir les plaintes des consommateurs.

Ce dispositif n'allège pourtant pas les souffrances quotidiennes de la population égyptienne. Des prix surélevés demeurent pratiqués et les marchandises vendues sont souvent de mauvaise qualité. Les associations de défense des consommateurs s'abstiennent pourtant de blâmer qui que ce soit. « Nous n'avons aucun moyen d'obtenir les prix réels de chaque marchandise, et nous manquons d'études précises sur le marché et les fluctuations des prix », explique Soad Al-Dib, président de l'Association de développement et de protection du consommateur.

Le manque d'information n'est toutefois pas seul responsable de l'impuissance des associations. « Il n'existe aucune loi qui nous permette d'intervenir et de poursuivre les contrevenants. Notre rôle n'est pas clairement défini, seul le consommateur peut intenter un procès. Il n'a souvent ni le temps ni les moyens de le faire ». La coopération entre les instances gouvernementales et les associations n'est pas non plus clarifiée par une loi, ce qui empêche toute action de part et d'autre. Les prix des marchandises de première nécessité sont en théorie déterminés, mais la fin de la parité fixe entre le dollar et la livre égyptienne a entraîné des abus de la part de nombreux commerçants, qui ont augmenté leurs tarifs en toute impunité. Ces multiples obstacles cantonnent les associations à un rôle de sensibilisation, purement informatif.

La promulgation d'une loi est devenue l'objet de toutes les attentes des associations. L'annonce récente d'un projet de loi du ministère de l'Approvisionnement leur redonne espoir. Pour le Dr Sediq Afifi, président de l'Association de protection des consommateurs du Caire, « cette loi sera une bonne base de travail pour les associations comme pour les instances gouvernementales, explique-t-il. Elle contribuera également à faire prendre conscience au citoyen que tout le monde travaille pour que justice soit faite ».

Le projet sera discuté prochainement à l'Assemblée du peuple. Reste à savoir si la loi répondra à toutes les attentes des consommateurs égyptiens qui ne vont bientôt plus pouvoir supporter cette anarchie.

 

Sabah Sabet

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