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. Suite à l'effondrement
d'un immeuble de Madinet Nasr, causant la mort de 14 personnes
la semaine dernière, chacun rejette la responsabilité
sur les autres. La presse souligne, elle, la gravité des
failles juridiques à l'origine de la multiplication de
telles catastrophes. |
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Les immeubles
qui ne sont pas conformes aux normes deviennent en fait
de « vraies tombes à étages multiples »,
alerte l'hebdomadaire Akhbar Al-Yom. En effet,
entre les failles de la loi, les pots-de-vin aux ingénieurs
et la corruption rampante des municipalités, il y a la
mort de beaucoup d'innocents. Mais il va de soi que tout
le monde n'est pas du même avis. « Les experts
refusent catégoriquement que la loi ou les ingénieurs
soient les seuls accusés de ce drame. Pour eux, l'unique
solution aux problèmes de construction dans notre pays
est un changement total du système de responsabilité des
responsables locaux, et aussi la mise en place d'études
géologiques », estime le journaliste Nabil Atta.
Ancien président de la commission de l'habitat à l'Assemblée
du peuple, le Dr Milad Hanna affirme que « le
problème vient d'une crise de société et non d'une personne.
Il s'agit peut-être d'établir un système plus démocratique
pour bien choisir les responsables locaux (gouverneurs
et autres), mais aussi de mettre sur place des comités
d'inspection surprise. L'effondrement des immeubles en
Egypte est semblable aux maladies chroniques ».
Par ailleurs,
des professeurs de droit affirment que les lois portant
sur les constructions sont la cause directe des catastrophes.
Les propriétaires d'immeubles profitent des failles juridiques
pour réaliser d'énormes bénéfices sans prendre en considération
les normes de construction. L'ancienne présidente du comité
législatif, et éminente professeur en droit, le Dr Fawziya
Abdel-Sattar, souligne dans Akhbar Al-Yom « qu'il
est grand temps de mettre en application la loi sur l'organisation
et la gestion des travaux de construction. Les lois sont
là, mais le problème c'est que nous ne les appliquons
pas ». « D'ailleurs, du point de vue
juridique, la responsabilité de l'effondrement d'un immeuble
incombe au propriétaire et à ceux qui délivrent les permis.
Les ingénieurs de la municipalité sont aussi responsables,
car certains ont aussi un rôle d'inspection qu'ils ne
font pas », souligne le Dr Abdel-Sattar.
Pour sa part,
Mohamad Aboul-Einein, président du comité de l'habitat,
estime dans l'hebdomadaire nassérien Al-Ahali qu'il
faut « réviser les dossiers de tous les immeubles ».
L'éditorialiste
du quotidien Al-Wafd, Abbass Al-Tarabili, a pour
sa part demandé « à ce que les esprits corrompus
soient totalement éliminés bien avant les immeubles en
infraction. L'Etat doit bouger le plus vite possible,
et prendre en considération que les constructions sont
une partie intégrante du patrimoine national »,
ajoute l'éditorialiste.
Le gouverneur
du Caire, Abdel-Réhim Chéhata, a pour sa part affirmé
dans la revue hebdomadaire Akher saa « qu'un
comité composé d'experts, d'universitaires et de chercheurs
reconnus est déjà formé afin de revoir tous les dossiers
des immeubles en infraction et de les démolir de suite ».
Certains députés à l'Assemblée du peuple vont jusqu'à
réclamer « une police spécialisée pour les municipalités ».
Le débat
reste ouvert plus que jamais. Qui est responsable de l'effondrement
des immeubles et du gaspillage de tant de milliards dans
des constructions à très courte durée de vie ? Comment
les responsables des municipalités ont-ils permis autant
de violations aux normes ? Qu'est-il donc advenu
de la loi sur la planification des constructions ?
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