Al-Ahram
Hebdo : Vous avez pris la charge des sélections
hommes et dames de natation début février. Seront-elles prêtes
pour les JO d'Athènes d'août prochain ?
Al
Dotsson : Ma mission n'est pas de faire en sorte que ces
sélections accomplissent un exploit lors des prochains JO. C'est
impossible. Il s'agit, à long terme, de développer ce sport
en Egypte. A court terme, mon objectif est d'améliorer les performances
des nageurs lors des prochains championnats du monde et des
Championnats arabes et africains. Il est question pour moi d'en
faire des vedettes lors des JO 2008 de Pékin. Je veux créer
des champions !
— D'après
vous, de quoi les Egyptiens sont-ils exactement capables lors
des prochains JO d'Athènes ?
— A
ce jour, nous n'avons pas choisi les nageurs qui iront à Athènes.
Le seul à être retenu d'office est Ahmad Moustapha Hussein qui
vit actuellement aux Etats-Unis. Lors de la dernière édition
des Championnats du monde à Barcelone, il a terminé 13e. On
espère qu'il améliorera ce classement pour terminer dans le
top 8 au JO, c'est-à-dire au moins demi-finaliste.
Pour
les autres, ils tireront un énorme profit de leur participation
au JO car ce sera pour eux l'occasion d'établir des contacts
avec les meilleurs nageurs du monde. Ce sera aussi l'occasion
de se rendre compte de niveaux élevés et de méthodes innovantes
par rapport à ce qu'ils connaissent. Mais le plus important
pour moi, c'est qu'après un événement d'importance comme celui-ci,
les nageurs soient motivés pour améliorer leur niveau.
— Quel
est votre programme jusqu'aux JO d'Athènes 2004 ?
— Je
compte organiser en Egypte un Open international qui regroupera
de bons nageurs venus du monde entier. Ensuite, j'espère pouvoir
aller en camp à l'étranger. Sans compter le reste du programme
d'entraînement.
— En
combien de temps les nageurs pourront-ils assimiler vos méthodes ?
— Je
ne travaille avec les nageurs égyptiens que depuis 3 semaines.
Lors du Championnat d'Egypte qui s'est achevé samedi dernier,
je me suis rendu compte qu'ils avaient beaucoup progressé. Actuellement,
je travaille à leur inculquer une pratique, un style simple
mais très efficace. Après les JO, je compte travailler leurs
bases. Je pense que dans 6 à 8 mois, nous saurons nous comprendre
pour travailler encore plus efficacement.
— Quels
sont à vos yeux les nageurs les plus prometteurs ?
— Des
nageurs seniors comme Ahmad Salah, Hayssam Mohamad, Ahmad Al-Abadi
et Salma Abdel-Raouf sont très talentueux. Mais celui qui m'intéresse
énormément est le nageur juniors Abdel-Rahmane Abou-Bakr (15
ans). C'est à mon avis celui qui représente l'avenir de la natation
égyptienne. Il est physiquement très solide, mais il manque
encore de maturité.
— Comment
comptez-vous faire en sorte que les Egyptiens deviennent plus
professionnels ?
— Je
suis assez flexible en ce qui concerne les horaires et les obligations
des joueurs. Mais j'essaye de trouver une solution avec le ministère
de la Jeunesse pour que les obligations des nageurs n'interfèrent
plus autant sur les entraînements. Mon entourage me dit que
je peux toujours rêver ! (il rit).
— Vous
êtes américain. En quoi ce sport en Egypte est-il différent
de votre pays ?
— La
proportion de nageurs talentueux est la même en Egypte qu'aux
Etats-Unis. Mais les Américains parviennent à développer leurs
talents car ce sont de vrais professionnels. C'est pourquoi,
il existe là-bas énormément de nageurs de très haut niveau,
même s'ils ne peuvent participer aux grandes compétitions qu'avec
deux nageurs seulement.
— Quel
a été votre parcours professionnel ?
— Je
suis entraîneur de natation depuis 37 ans. J'ai commencé ma
carrière avec les juniors et j'ai entraîné la sélection juniors
des Etats-Unis. Ensuite, j'ai pris en charge la sélection seniors
qui a obtenu de très bons résultats. J'ai été l'entraîneur de
5 nageurs olympiques : Eric Ran, Lisa Dorman, Sugi Saparanadu,
Leigh Metcalf, Laurent Curtis et Brenda Barto. J'espère en faire
autant avec les Egyptiens ! |