Le
28 février à Novi Sad (Serbie-Monténégro) débutera
la saison la plus importante du champion égyptien,
Mohamad Abdel-Fattah (84 kg), surnommé Bougui.
Car c'est dans l'ex-Yougoslavie que se déroulera
le 1er tournoi international qualificatif pour
les Jeux Olympiques (JO) d’Athènes 2004. Absent
du podium international depuis un an, le jeune
lutteur (25 ans) compte rattraper ses coéquipiers
Achraf Al-Gharabli (60 kg) et Karam Gaber (96
kg) déjà qualifiés pour les JO par le biais des
Championnats du monde de Créteil (France) en octobre
2003. A la surprise générale, Bougui, médaillé
de bronze du Mondial 2002 de Moscou, a manqué
l’occasion de se qualifier pour Athènes lors des
Championnats du monde. Dès le premier tour, il
a en effet dû s'incliner face au Suédois Abrahamian
Ara, champion du monde 2002.
Un
résultat décevant qui reflète néanmoins le niveau
affiché par l'Egyptien ces dernières années. Car
depuis sa médaille de bronze aux Championnats
du monde de Moscou en septembre 2002 et sa médaille
d’or en Coupe des Confédérations du Caire en octobre
2002, Bougui est sur la pente descendante. La
Fédération américaine de lutte l’a pourtant invité
à s’entraîner avec sa sélection pendant le mois
de novembre 2002. L’expérience a été enrichissante,
mais c’est aussi aux Etats-Unis que les ennuis
ont vraiment commencé. Il a en effet subi une
première blessure à la jambe. Puis lors d’un stage
de préparation en Biélorussie, en août 2003, il
s’est déboîté une vertèbre de la nuque, et s'est
ensuite fracturé le poignet. Pour enfin être victime
d’un autre déboîtement, cette fois de l’omoplate.
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S’ajoute
à cette série de blessures la forte instabilité
de ses entraînements provoquée par la mort, le 11
juillet 2002, de l’ancien directeur technique de
la sélection nationale, l’Arménien Yéhia Kazarian.
Au cours de cette même année, plusieurs entraîneurs
ont succédé à celui qui a apporté à la lutte égyptienne
ses lettres de noblesse. Le dernier directeur technique,
Achraf Hafez, n’est arrivé aux commandes qu’après
les Championnats du monde de Créteil, après le départ
de l’Allemand Lother Roch, qui n’a dirigé l’équipe
que durant le Mondial de Créteil. « Depuis
mon retour des Championnats du monde, j’ai subi
les tirs croisés du ministère de la Jeunesse et
des médias. Mais ils ne savent pas ce que j’ai enduré »,
déclare le jeune lutteur.
Grâce
à sa 8e place obtenue aux JO de Sydney 2000, le
ministère de la Jeunesse a décidé de l'intégrer
au projet « Champion olympique ».
Le but de cette initiative est d’offrir aux athlètes
une meilleure préparation pour les JO d’Athènes
2004 et une rémunération mensuelle de 2 000
L.E. Mais depuis le début de l’année 2002, le ministère
de la Jeunesse bloque son salaire sous prétexte
qu’il ne réalise pas de bonnes performances. Il
est vrai que depuis la mort de Yéhia Kazarian, le
combattant égyptien, qui entretenait de bonnes relations
avec son ancien directeur technique, n’a pas été
très assidu dans ses entraînements au Centre olympique
de Maadi. « Cet entraînement ne m'est pas
utile. Mon niveau étant supérieur à celui de mes
coéquipiers, et pour que mon entraînement soit efficace,
je dois affronter des lutteurs meilleurs que moi.
Il me faut donc des stages de préparation à l’étranger,
aux côtés des grandes nations de la discipline »,
confie l’espoir égyptien.
Depuis
son élimination dès le premier tour du Mondial de
Créteil, Bougui a cependant pris conscience de sa
situation. Car il se pourrait bien que l'impensable
se produise : manquer de disputer les JO, l'événement
le plus important dans sa carrière sportive. C'est
pourquoi il se trouve depuis un mois en stage de
préparation en Bulgarie. Avec au programme un entraînement
intense face à des combattants de très haut niveau.
Mais
Bougui est un lutteur de talent doté d'un style
de jeu extraordinaire. Son tempérament calme, couplé
à son intelligence, lui permettent de remporter
toutes les rencontres. A quoi s'ajoute son expérience
acquise au fil des combats. Car Mohamad Abdel-Fattah
a déjà battu tous les lutteurs occupant les 8 premières
places du classement mondial de la Fédération internationale.
Et
même si Bougui ne décroche pas sa médaille pour
Athènes à l'issue du tournoi de Novi Sad, il aura
la possibilité de se rattraper avec le second tournoi
international qualificatif pour Athènes qui aura
lieu le 13 et le 14 mars à Tachkent (Ouzbékistan).
« Mon but n’est pas seulement de me qualifier
pour les JO. Il s'agit aussi pour moi de remporter
une médaille olympique », affirme le champion. |