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Grand Proche-Orient, le conflit israélo-palestinien et la question
iraqienne ont été au centre des entretiens effectués cette semaine
par le président Hosni Moubarak avec plusieurs responsables
régionaux et internationaux. Le chef de l’Etat a reçu dimanche
dernier les ministres libanais et libyen des Affaires étrangères,
respectivement Jean Obeid et Abdel-Rahmane Chalgham. Au centre
des discussions : le projet du Grand Proche-Orient élaboré par
les Etats-Unis. Il s’agit d’un plan de réformes politique, économique,
sociale et éducative que Washington propose de mettre en place
dans la région. Alan Larsen, le sous-secrétaire d’Etat américain
chargé des questions économiques, entame cette semaine une tournée
au Proche-Orient pour sonder l’opinion des pays arabes, dont
l’Egypte, sur le projet. Critiquant le projet de réforme américain,
Jean Obeid a déclaré que « les Etats-Unis ne peuvent pas exporter
des régimes démocratiques vers le Proche-Orient ». Le chef de
la diplomatie libanaise s’adressait à la presse à l’issue d’un
entretien avec le président Moubarak, avec lequel il a indiqué
avoir évoqué, outre le projet américain, la situation au Proche-Orient
et la question iraqienne. « Il est impossible d’exporter des
régimes démocratiques préfabriqués vers le Proche-Orient, et
la démocratie est issue de la culture des peuples, sinon il
ne s’agirait pas d’une démocratie saine », a affirmé Obeid.
« Nous ne pouvons pas mener des réformes pour plaire à une partie
déterminée ou nous abstenir de réformes de crainte d’une autre
partie », a-t-il ajouté affirmant que ce plan ne comporte aucune
mention d’une solution globale et juste au conflit israélo-arabe.
C’est pour cette raison que certains pays arabes ont déclaré
leur refus d’un tel projet. Toutefois, l’Egypte n’a pas déclaré
officiellement sa position quant au projet américain. Selon
les observateurs, Le Caire maintient la prudence arguant qu’il
n’a pas été informé de ce projet officiellement par les Etats-Unis.
En outre, l’Egypte ne veut pas critiquer pour le moment le projet
américain pour ne pas accentuer la tension avec l’Administration
américaine. Elle préfère garder le silence au moins jusqu’à
l’arrivée d’Alan Larsen au Caire. Celui-ci doit informer les
responsables égyptiens des détails du projet.
Pour ce qui est
de la question palestinienne, Jean Obeid a souligné avoir mis
l’accent lors de son entretien avec le président Moubarak sur
le droit au retour des Palestiniens, qui ne peut être réalisé
qu’avec l’instauration d’un Etat palestinien souverain, ce qui
est lié à un règlement juste et global au Proche-Orient. « Le
président Moubarak nous a assurés de la position de l’Egypte
soutenant le droit au retour et de son opposition à ce que les
réfugiés palestiniens restent dans les pays où ils résident
», a ajouté Obeid, dont le pays abrite quelque 400 000 réfugiés
palestiniens. Concernant le dossier iraqien, le chef de la diplomatie
libanaise a indiqué avoir évoqué avec le chef de l’Etat la nécessité
que les Iraqiens puissent rapidement gouverner leur pays eux-mêmes
et avoir passé en revue avec lui l’action arabe commune à l’approche
de la tenue du sommet de Tunis fin mars.
Outre
le projet du Grand Proche-Orient, le sommet africain de Syrte
(Libye) prévu les 27 et 28 février a été au centre des discussions
effectuées par le président Moubarak. Le chef de la diplomatie
libyenne, Abdel-Rahmane Chalgham, a déclaré avoir remis au président
Moubarak une invitation à ce sommet. Chalgham a ajouté avoir
évoqué avec le chef de l’Etat « les moyens de développer les
relations entre les deux pays et la situation dans la région,
notamment en Palestine ».
Parallèlement aux
deux responsables libanais et libyen, le président Moubarak
a reçu le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Ban Ki-Moon.
La situation en Iraq a été évoquée où la Corée du Sud va déployer
des troupes. « Le président Moubarak a souligné la position
de l’Egypte estimant nécessaire que les Iraqiens recouvrent
leur souveraineté », a déclaré Ahmad Maher, le ministre des
Affaires étrangères. Pour sa part, le responsable sud-coréen
a assuré que les troupes que son pays va envoyer en Iraq à des
fins humanitaires uniquement aideront à la création d’hôpitaux
ou d’écoles et n’ont aucunement l’intention d’entrer dans des
confrontations ou des batailles. La Corée du Sud a annoncé son
intention d’envoyer 3 000 soldats en Iraq mais a limité leur
rôle à la reconstruction du pays, excluant des opérations militaires,
comme l’aurait voulu Washington l
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