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Réformes démocratiques . Les peines de prison contre les journalistes ont été annulées mais ces derniers exigent plus de liberté.

Nouvel acquis

On peut désormais écrire librement en Egypte. C'est en tout cas l'espoir qu'a suscité la décision du président Moubarak prise lors de la 4° conférence des journalistes qui a eu lieu du 23 au 25 février. Cette décision, tant attendue par le monde de la presse et des intellectuels, indique que les journalistes ne pourront plus faire l'objet de condamnation à des peines de prison à la suite de leurs publications. C'est le président du Syndicat, Galal Aref, qui a fait cette annonce lors d'une allocution prononcée à l'ouverture d'une conférence, expliquant que le président Moubarak l'a appelé lundi matin pour l'informer de sa décision. Il a précisé que le président allait soumettre dans les jours à venir à l'Assemblée du peuple égyptien (Parlement) un projet de loi abrogeant cette disposition.

Les journalistes présents à la conférence ont accueilli cette déclaration par une chaleureuse salve d'applaudissements. Pendant toute la durée du congrès, ils sont allés plus loin en demandant plus de libertés, pour la presse comme pour les journalistes.

« Vers une réforme complète de la situation de la presse et des journalistes », tel était le titre de la 4e conférence des journalistes. Pendant 3 jours, les personnalités présentes ont discuté de 21 thèmes lors de 11 séances concernant la situation de la presse et des journalistes. Les trois précédentes éditions de cette conférence s'étaient tenues en 1964, 1991 et 1995.

Cette conférence vient enfin de parvenir à geler l'application de la loi 93 de 1996, qui autorisait l'emprisonnement des journalistes. En effet, au cours des dix dernières années, 30 peines de prison ont été prononcées contre des journalistes, dans des affaires de diffamation.

Un des participants à la conférence, le journaliste Ragaï Al-Mirghani, a précisé que la préparation de la conférence avait débuté juste après les dernières élections du syndicat, qui avaient eu lieu l'été dernier. « Tous les journalistes étaient d'accord sur la nécessité de tenir une telle conférence, qui a pour but de résoudre les grands problèmes qui entravent le travail du journaliste ». Parmi ces problèmes, la révision des salaires et les conditions de travail des journalistes.

Les journalistes présents à la conférence ont dans l'ensemble exprimé leur satisfaction à propos de la décision du président, en assurant que « cette conférence a réussi à libérer le journaliste d'un très grand poids », tout en soulignant qu'il reste beaucoup à faire pour la liberté de la presse. Hamdine Sabbahi, journaliste et député de tendance nassérienne, a ainsi déclaré : « Je suis satisfait à double titre. En premier lieu parce que je suis journaliste, et en deuxième lieu parce que je me bats depuis longtemps pour obtenir l'annulation de cette loi ». Cette décision est une main tendue vers une réforme concernant tous les problèmes des journalistes, qui n'ont cessé de s'accumuler au fil des ans, prévoit Leïla Abdel-Méguid, professeur de journalisme. Elle ajoute que depuis longtemps, cette décision fait l'objet des principales requêtes des intellectuels.

De son côté, le journaliste Magdi Hussein insiste sur le fait que beaucoup de travail reste à faire concernant la liberté de la presse en Egypte. La libéralisation de la publication de nouveaux journaux est pour lui une autre étape essentielle à franchir. « La liberté de publication de journaux n'est pas moins importante que la liberté des journalistes. On doit respecter la Constitution qui refuse la fermeture arbitraire d'un journal. J'espère que le Syndicat parviendra à faire adopter une décision concernant la réouverture de l'hebdomadaire Al-Chaab ». Celui-ci est suspendu depuis mai 2000, suite à une décision du comité des partis.

La législation en vigueur, tout en garantissant la liberté de création de journaux, rend celle-ci très problématique. Restriction principale et essentielle, le Conseil des ministres doit accepter la création de toute nouvelle publication (loi 93 de 1996). Si le contenu du nouveau média ne convient pas au gouvernement, celui-ci peut tout simplement l'interdire. De nombreux sujets restent à examiner pour le Syndicat des journalistes. Les participants à la conférence ont pour cela émis l'idée de tenir une conférence annuelle afin de résoudre par étapes les nombreux problèmes dont souffre la presse en Egypte.

Sabah Sabet

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