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Kiosque . Le projet du « Grand Moyen-Orient », qui sera présenté au sommet du G8 en juin prochain, n’a pas tardé à susciter de nombreuses interrogations cette semaine dans la presse arabe et égyptienne.

La démocratie par électrochoc

« Comment les Arabes peuvent-ils accepter une réforme venant de l’extérieur ? », « L’équilibre américain comme première étape », « Un projet qui ressemble plus à un traitement par électrochoc », « Un empire américain sur les ruines des Arabes », « Un projet américain pour les Américains et leurs alliés », tels sont les titres de la presse cette semaine.

Un peu partout dans le monde arabe, le projet américain a été profondément critiqué dans sa forme et son contenu. Pour tous les Arabes, ce projet ne sert que les intérêts américains, tout en négligeant profondément les intérêts arabes. « Il est indéniable que ce projet n’intéresse en rien les Arabes et ignore même leurs droits légitimes à se libérer et à libérer leurs terres. Israël est intégré au nouveau Proche-Orient, et les droits des Palestiniens ne sont même pas évoqués », écrit Nader Fergani (principal auteur du rapport sur le développement arabe humain) dans le quotidien arabe Al-Hayat. « Mais n’oublions pas que notre refus arabe ne sera jamais réel tant que tardera le projet de renaissance arabe », ajoute-t-il.

L’écrivain et journaliste libanais Mohamad Qawas a écrit dans Al-Hayat : « Si nous ne traitons pas le sujet avec ses dimensions anthropologiques, alors ce qui est appelé colonisation démocratique ne pourra objectivement réussir sans l’approbation des personnes concernées. D’ailleurs, Washington ne considère pas cela essentiel, tant que son projet est élaboré par des points de vue spécifiquement américains sans consultation des parties concernées ».

L’écrivain Hussein Abdel-Razeq explique dans le quotidien Al-Wafd que « le projet de Grand Moyen-Orient est en réalité une ordonnance américaine destinée à changer les régimes afin de diriger les affaires moyen-orientales d’un point de vue américain ». « Il s’agit en fait d’imposer des mœurs et un modèle américains, de façon paternaliste, sur la région », ajoute-t-il sur un ton grave.

De son côté, Torki Al-Hamed écrit dans le quotidien arabe Al-Charq Al-Awsat : « Bien que les Etats-Unis veuillent l’américanisation du monde, ils parlent cependant du Moyen-Orient comme étant un cas à part, différent du reste du monde. Pour les Américains, c’est aussi le premier foyer du terrorisme, ennemi numéro un des Américains, dont Israël est exclu ». « Le but du projet est entre autres de protéger la sécurité d’Israël comme faisant partie intégrante de la sécurité nationale américaine », affirme Al-Hamed.

Moustapha Al-Fiqi, président de la commission des relations étrangères au Parlement, a déclaré dans l’hebdomadaire Al-Ahram Al-Arabi que « parler du Grand Moyen-Orient n’est pas nouveau, mais les Etats-Unis ne veulent pas avoir à faire avec la question palestinienne et le conflit israélo-arabe de façon séparée. Les Américains veulent un règlement faisant partie d’une transaction dans toute la région ».

Hoda Ghali
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Le casse-tête des constructions

Défendre les citoyens contre les dangers des constructions ! C’est le nom qui a été donné au projet de loi qu’examine actuellement le Conseil des ministres et qui sera ensuite discuté à l’Assemblée du peuple pour être approuvé et promulgué. L’élaboration de ce projet de loi a été entamée à la suite de l’effondrement il y a près d’un mois d’un immeuble dans le quartier résidentiel de Madinet Nasr, au Caire. Pourtant, le nom donné à ce projet de loi est très bizarre. Le paradoxe dans ce nom réside dans le fait que cette loi sera prochainement promulguée pour protéger les gens contre les dangers de leurs propres habitations. Celles-ci étant par définition censées abriter les habitants et les protéger contre toutes sortes de dangers extérieurs.

Promulguer une loi pareille ne serait-il pas une sorte d’aveu de la part du gouvernement de l’existence d’un nombre énorme d’infractions dans le secteur des constructions au point d’élaborer une nouvelle législation pour y remédier ? Qu’importe. Ce qui compte vraiment, c’est qu’il s’agit d’une réaction judicieuse de la part du gouvernement qui veut mettre fin à l’anarchie dans le secteur de l’immobilier. En fait, les statistiques publiées par le ministère de l’Habitat révèlent que 50 % des constructions au Caire et à Guiza ne sont pas conformes aux normes et que 65 000 bâtiments sont menacés d’effondrement au Grand-Caire. Ceci veut dire que la moitié des habitants de la capitale et du gouvernorat de Guiza ont vraiment besoin d’être protégés contre le danger de ce nouveau monstre que sont devenues leurs habitations.

Certains observateurs sont optimistes quant à la promulgation de cette loi. D’autres ont des réserves. En fait, le projet de loi ne garantit pas que la corruption dans les municipalités qui a été à la base de cette anarchie soit éradiquée.

Yolande Youssef

 

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