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Sollicitée tant
par les Américains que par les dirigeants iraqiens pour décider
de la possibilité de tenir des élections rapides en vue d’un
transfert du pouvoir aux Iraqiens, l’Onu a tranché lundi en
indiquant que des mois de travail seront encore nécessaires
pour organiser des élections « crédibles » en Iraq, laissant
entendre qu’elles ne pourront avoir lieu avant 2005. Dans un
rapport adressé au Conseil de sécurité de l’Onu, le secrétaire
général des Nations-Unies, Kofi Annan, a souligné que des problèmes
techniques et légaux sur place doivent d’abord être réglés et
cela prendra au moins huit mois avant que le pays ne soit capable
d’organiser des élections. M. Annan a également souligné que
la sécurité en Iraq devra être « considérablement améliorée
d’une manière qui garantira l’honnêteté des opérations électorales
et la crédibilité du processus ».
M.
Annan a estimé qu’« il serait extrêmement difficile et peut-être
même dangereux » de tenter d’organiser des élections générales
d’ici la fin juin, date de remise du pouvoir aux Iraqiens, et
que le plan des Américains consistant à organiser des caucus
(Assemblées électorales) n’était pas « une option viable ».
Il a souligné que les Iraqiens devaient d’abord trouver des
solutions à des questions en suspens : qui sera autorisé à voter,
comment les votes seront comptabilisés, et comment traduire
ces votes par des sièges au gouvernement. « Si le travail (d’organisation)
devait commencer immédiatement et le consensus politique être
vite atteint, cela serait possible de tenir des élections d’ici
la fin 2004 », a ajouté Annan. Il a souligné que la période
de huit mois sera un minimum pour qu’un cadre institutionnel
et légal soit mis en place et pour trouver les moyens et l’argent
nécessaires afin d’organiser des élections. « En Iraq, aucune
de ces conditions n’existe pour le moment et il y a un profond
désaccord sur ces aspects fondamentaux », a-t-il ajouté.
En effet, le Conseil
de gouvernement provisoire peine à s’entendre sur la loi fondamentale
qui doit régir le pays durant 18 mois à partir de juillet. «
J’ai de sérieux doutes sur le fait que la rédaction de la loi
fondamentale sera achevée le 28 février (date fixée par l’accord
du 15 novembre entre la coalition et l’exécutif iraqien), car
plusieurs problèmes restent en suspens », a déclaré lundi Mouaffak
Al-Roubaï, membre chiite de l’exécutif de 25 membres mis en
place par la coalition. Parmi les problèmes non réglés, il a
cité le fédéralisme, le rôle de l’islam et la place de la femme.
Une fois publiées
les conclusions du rapport de l’Onu, la coalition dirigée par
les Etats-Unis s’en est félicitée, puisqu’elles vont dans le
sens des idées qu’elle défendait. « Ce rapport va aider à accélérer
la dynamique du transfert de la souveraineté le 30 juin et la
tenue d’élections d’ici à la fin de l’année ou au début de l’année
prochaine », a estimé Gareth Bayley, le porte-parole du représentant
spécial de la Grande-Bretagne en Iraq, Jeremy Greenstock.
Pour sa part, le
Conseil de gouvernement transitoire a réagi en préconisant un
rôle primordial de l’Onu dans le transfert du pouvoir et la
préparation des élections. « Il y a plusieurs moyens pour que
l’Onu aide les Iraqiens dans les discussions intensives sur
la mise en place d’un gouvernement provisoire », a affirmé un
membre de cette instance, Adnane Pachachi. « Le moyen idéal
est de demander à l’Onu d’envoyer un représentant dès à présent
et de commencer les discussions pour décider comment choisir
le cabinet provisoire qui restera en place 6 à 7 mois », a-t-il
ajouté.
Conformément à
l’accord du 15 novembre, ce cabinet provisoire doit recevoir
l’autorité le 30 juin et rester en place 18 mois. Mais cet accord
semble désormais dépassé, les Iraqiens voulant tenir des élections
générales le plus tôt possible.
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