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Sud-Soudan .
Une première conférence arabe sur les investissements
et le développement dans cette région s'est tenue vendredi
dernier au Caire. Les participants ont appelé les investisseurs
à se tourner vers cette région, et les dirigeants arabes
à annuler les dettes du pays. |
L'économie
au service de la paix
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« Etant
réunis pour discuter du développement du Sud-Soudan, il
conviendrait donc de soulever le fardeau de la dette du
pays qui lui pèse. Il faut évoquer la question d’annuler
cette dette du Soudan envers les pays arabes, qui s'élèverait
à plus de 20 milliards de dollars lors du prochain sommet
de la Ligue arabe en Tunisie ». Cette demande
a été formulée par le secrétaire général de l'Union des
investisseurs arabes Gamal Bayoumi, à l'ouverture de la
Conférence arabe sur l'investissement au Sud-Soudan qui
s'est tenue vendredi au Caire. Cette conférence, la première
du genre, a été organisée par la Ligue arabe dans le cadre
de ses efforts visant à rendre l'unité attractive pour
les Sudistes et à éviter la partition du pays, alors que
des pourparlers de paix sont en cours.
Mais
cette conférence ne visait en fait qu’à familiariser les
hommes d’affaires arabes avec le potentiel d’investissement
dans cette région marginalisée qui manque jusqu’à l’infrastructure
de base. Quelque 200 hommes d'affaires arabes ont participé
à cette conférence dont des représentants de chambres
de commerce arabes et étrangers, de l’Union des investisseurs
arabes, de l’Union des banques arabes, du Conseil de l’Union
économique arabe, des associations d’hommes d’affaires,
de compagnies privées et d’autres organisations ayant
trait à l’investissement. La réunion s'est également tenue
en présence d'un délégué du gouvernement soudanais mais
sans représentants de l'Armée populaire de libération
du Soudan (SPLA) qui contrôle le sud du pays.
Pour promouvoir les investissements au
Sud-Soudan, l’Union générale des chambres de commerce
et d’industrie arabes et l’Union des investisseurs arabes
organiseront également, dès le mois prochain, en coopération
avec le côté soudanais, des visites sur place pour le
secteur privé intéressé à investir dans la région du Sud.
Ces deux Unions sont également appelées à préparer des
études de faisabilité. L’Association arabe de garantie
de l’investissement est appelée à créer un fonds de garantie
pour les projets d’investissements dans le Sud du Soudan.
Ce fonds sera financé par le gouvernement soudanais, les
pays arabes, les fonds d’investissements et de financement
arabes et il sera géré par l’Association arabe pour garantir
l’investissement.
Un comité de suivi, désigné au terme
de cette conférence, est chargé d’organiser une deuxième
conférence sur les investissements et le développement
dans le Sud du Soudan après la conclusion définitive d'un
accord de paix.
Des efforts plus que nécessaires dans
une région qui, outre la guerre civile, souffre d'un manque
terrible des infrastructures de base. Pas de route, pas
d’eau, pas d’électricité, pas d'hôpitaux, pas d'écoles,
pas de lignes de téléphone, une agriculture très rudimentaire,
bref, le tout est à refaire ou plutôt à faire au Sud-Soudan.
Tous les secteurs sont concernés : agriculture, industrie,
transports, eau, etc. Ce qui rend la tâche plus ardue.
Le secrétaire général du Fonds de développement du Sud
et des régions touchées par la guerre a ainsi élaboré
une liste des projets nécessaires et leur coût. Au cours
de la conférence de vendredi, il a estimé le coût total
nécessaire au développement du Sud à environ 368,4 millions
de dollars.
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De nombreuses questions en suspens |
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La conférence du Caire intervient alors
que des pourparlers de paix entre le gouvernement de Khartoum
et la SPLA ont repris la semaine dernière au Kenya. Et,
un accord de paix devrait être signé avant le 11 mars.
Il devrait mettre fin à 21 ans de conflit et l'on peut,
grâce aux discussions de paix en cours, discuter économie,
même si cela risque de poser problème. « Mettre
de l’argent dans le Sud avant que les questions sécuritaires
et politiques ne soient vraiment réglées comprend certainement
un risque. Mais attendre que les routes et l’infrastructure
soient faites, c’est risqué que le coût augmente. On peut
donc prendre le risque maintenant, mais jamais avant la
stabilité politique », a affirmé Rachad bin Ahmad,
membre du conseil d'administration de la Chambre de commerce
et d’industrie omanaise. Toutefois, plusieurs participants
ont insisté à ce que la paix soit sérieusement instaurée
avant d’investir dans le Sud, et l’absence de l’Armée
populaire de libération (SPLA) qui contrôle le Sud du
pays n’a pas aidé à conforter ces inquiétudes.
« La SPLA, qui contrôle la région,
n’a pas été invitée à cette conférence. Comment donc prendre
des résolutions ? », a fait remarquer Tewfiq
Bayoumi, secrétaire général de la compagnie Wadi Al-Nil
pour la pêche. Ce souci a été partagé par de nombreux
participants. La Ligue arabe « souhaitait inviter
la SPLA à cette conférence mais le gouvernement soudanais
s'y est vivement opposé et a souligné qu'il était le représentant
légal du Soudan à la Ligue arabe », a déclaré
le responsable du dossier du Soudan à la Ligue, Samir
Hosni.
Ainsi, de nombreuses questions restent
en suspens. D’abord, investir sous quelle forme, selon
le système BOOT (Build Own Operate and Transfer),
ou selon le système de joint-venture. La partie soudanaise
opte pour la joint-venture mais les investisseurs privés
préféreraient le système BOOT. Au cours de la conférence,
il a été question des rôles des secteurs privé et public.
« Il faut qu’il y ait une vue générale pour le
développement du Soudan, nord et sud, et que la tâche
soit partagée entre public et privé. Par exemple, il n’y
a qu’un seul port d'une capacité de 500 tonnes par jour.
Si on doit construire un autre port, il faut qu'il y ait
une coopération entre les deux parties. C'est au gouvernement
que revient la construction des routes qui doivent relier
le port à la cité industrielle. Alors que c'est au secteur
privé de construire le port et la cité », explique
un homme d’affaires. Autre entrave : du fait de la
guerre, la région est remplie de mines antipersonnel.
Une société s'est dit prête de se charger du déminage.
Sans parler des lois sur les investissements, de la présence
des banques et autres. Autant de questions qui ont été
soulevés lors de cette conférence. En attendant les mesures
concrètes.
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| Réhab
Moustafa |
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