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Dettes publiques . Depuis deux semaines, un vrai bras de fer est engagé entre le gouvernement et les banques autour des 30 milliards de dettes des 120 entreprises publiques qu'il détient toujours.
Batailles de concessions

Les dettes des entreprises publiques représentent un vrai casse-tête pour le gouvernement qui ne sait plus où donner de la tête. Dernièrement et après plusieurs tentatives de résoudre ce gros problème, le gouvernement Ebeid croit avoir trouvé la solution miracle. Ainsi le ministre du Secteur public des affaires, Mokhtar Khattab, a décidé d'adopter une nouvelle stratégie, à savoir : négocier avec les banques en tant que bloc et non en tant qu'entité à part. L'objectif de la négociation, trois alternatives : rééchelonner les dettes des entreprises du Secteur public des affaires, en annuler une part ou baisser les intérêts.

« C'est une stratégie de nature politique visant à contraindre les banques à se plier aux exigences du gouvernement et leur faire plus de concessions », s'insurge Atef Attiya Hassan, directeur du département de gestion des risques à la Banque Misr. « Mais, nous tenons fermement à notre position. Nous n'accepterons qu'un compromis rentable. Pas d'annulation des dettes, pas de réduction des intérêts, nous n'accepterons qu'un rééchelonnement des dettes. Et encore, sous certaines conditions. Le délai de remboursement ne doit pas dépasser les 10 ans. De même, les entreprises doivent avant nous rembourser une partie des dettes  », ajoute-t-il.

Les banques réclament aux 120 entreprises publiques contrôlées jusqu'à leur privatisation par les Secteur public des affaires 30 milliards de LE.

Avant 1991, la Banque d'investissement national et le ministère des Finances accordaient à ces entreprises les crédits pour les aider à survivre. Mais, depuis 1991, et avec l'application de la loi 203, tous les organismes dépendant du gouvernement se sont transformés en sociétés holding jouissant d'une entité économique indépendante.

Sur cette base, la Banque d'investissement a arrêté les crédits qu'elle leur accordait. Pour procéder par exemple à une restructuration et afin d'obtenir les fonds nécessaires à cet effet, les entreprises ont dû recourir aux banques pour obtenir des crédits à des intérêts élevés. La Banque Misr, à elle seule, s'empare des 25 % du total des dettes. Les banques Ahli et d'Alexandrie 22 %, la Banque d'investissement 12 %¨, la Banque du Caire 5 % et le reste des banques se partagent les 13 %.

En plus des frais de restructuration, la plupart des entreprises ont demandé des prêts à découvert pour pouvoir payer les salaires des employés. Le total des dettes est donc passé de 22 milliards en 1990, à 30 en 2003. 50 % des 22 milliards de L.E. représentent des prêts à découvert et le reste, des crédits à long terme. En 1996, le montant des dettes a augmenté pour atteindre 40 milliards de L.E. dont 4,4 milliards ont été remboursés grâce aux recettes de la privatisation.

« Ce sont ces prêts à découvert dont les intérêts s'élèvent à 18 % ainsi que les intérêts cumulés des dettes non remboursées qui ont gonflé les dettes des entreprises. La valeur réelle de ces dettes ne dépasse pas 20 % du total. Par exemple, la valeur du crédit de la Société égyptienne de Fer et d'acier, la plus endettée, est de 50 millions de L.E. Aujourd'hui, ce montant a atteint 3 milliards de L.E. à cause du cumul des intérêts des dettes. Les banques doivent prendre cela en considération et accepter d'annuler une part des dettes », explique Mohamad Abdel-Chafi Matar, consultant financier auprès du Holding des industries métallurgiques.

« Comment des entreprises, dites productives, sont incapables de payer les salaires de leurs employés ? Comment osent-elles nous réclamer d'annuler leurs dettes ? C'est une demande absolument refusée », lance Atef Attiya Hassan.

En fait, il est à noter que les 2 secteurs textiles et métallurgiques s'emparent à eux seuls de 18 milliards du total de cette dette, respectivement 11 et 7 milliards de L.E. Cependant, malgré cette dette colossale, les deux secteurs ont pu agir dans le bon sens. Par exemple, la société Hassan Allam, dépendante du holding national pour la construction, est un exemple réussi de la bonne gestion du remboursement. A travers cinq règlements, la société Hassan Allam a pu réduire ses dettes de 2 milliards à 0,4 milliard de L.E. « En 1997, nous avons remboursé un montant de 570 millions de L.E., au début des négociations, pour annuler une partie des dettes. Ensuite, 90 millions de L.E. chaque année », déclare Effat Abdel-Alim, responsable auprès du Holding. Elle ajoute qu'en ce qui concerne les 20 entreprises dépendantes du Holding, ce dernier a réussi à conclure 45 règlements, en six ans, pour réduire les intérêts des dettes de 600 millions de L.E. à 200 millions de L.E. « Après le règlement, les entreprises n'ont plus le droit de prendre de nouveaux prêts à découvert », souligne Effat.

Mais beaucoup d'autres entreprises ont échoué à rembourser les dettes comme l'entreprises Arab Contractors. Celle-ci se trouve dans une situation financière délicate car elle n'a toujours pas pu être payée pour les travaux de construction qu'elle a faits pour le gouvernement. Ces sommes atteignent 3,7 milliards de L.E.

Le problème des 30 milliards de dettes de ces entreprises publiques reste donc entier puisque les négociations entre le gouvernement et les banques sont rudes et qu'un vrai bras de fer est engagé.

Dahlia Réda
Névine Kamel

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