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Football . Mohamad Al-Siagui, secrétaire général de la Fédération égyptienne de football et chef de la délégation égyptienne en Tunisie, explique les causes, mais surtout les conséquences de l'élimination des Pharaons de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN).

« L'équipe n'avait pas la rage de vaincre »

Al-Ahram Hebdo : L'Egypte a été éliminée dès le premier tour de la CAN, ce qui ne s'était pas vu depuis 1988. La presse met cet échec sur le dos de l'actuel conseil d'administration de la fédération égyptienne ...

Mohamad Al-Siagui : C'est exagéré. Etre éliminé dès le premier tour d'une importante compétition est une chose qui arrive, même aux plus grandes équipes. Voyez la France : championne du monde en 1998, elle a été éliminée dès le premier tour du Mondial 2002. Mais cela ne signifie pas pour autant que l'on accepte ce résultat. Nous nous sommes réunis (les membres du conseil d'administration de la fédération) afin de discuter des raisons de cette élimination et de la réaction qui doit être la nôtre, d'après le rapport que j'ai présenté à mon retour de Tunisie.

— Quelles ont été les décisions prises lors de cette réunion ?

 Nous avons accepté la démission de Mohsen Saleh et décidé de former un comité avec Hani Abou-Rida, Hamada Imam et moi-même, afin de rechercher un sélectionneur étranger qui prendra la responsabilité de la sélection lors des éliminatoires de la Coupe du monde et pour la CAN 2006 en Egypte. Ce comité a 15 jours pour se décider, et il doit en discuter avec le ministère de la Jeunesse. Il s'agit de voir si ceux qui sont retenus seront à la hauteur de la fonction, et si leurs souhaits correspondent aux moyens financiers de la fédération égyptienne. En sachant que si ces exigences sont réalistes, la fédération et le ministère trouveront les ressources nécessaires. Car s'offrir les services d'un sélectionneur étranger correspond à une véritable demande du public.

— Certains noms ont-ils déjà été proposés ?

— Oui. Nous avons déjà proposé le Hollandais Ruud Krol et l'Allemand Schaefer, s'il quitte la sélection camerounaise. Le premier a déjà travaillé en Egypte plusieurs fois, au niveau de la sélection et des clubs. Il a laissé une impression très positive au football égyptien, et il sait travailler avec nos joueurs. Quant à Schaefer, son travail avec la sélection camerounaise est très efficace.

— La presse a mentionné également les noms de deux Français, Bruno Metsu et Philippe Trousser …

— Ils ont été évoqués ... Mais leurs exigences financières sont exagérées et bien supérieures aux moyens dont peut disposer la fédération égyptienne. Nous avons aussi proposé le Yougoslave Bora Mulotinovic, qui s'est qualifié 5 fois de suite pour la Coupe du monde avec 5 sélections différentes, dont celles de Yougoslavie, du Mexique et celle de Chine. Mais il réclame un million de dollars par an.

— Mais si vous recherchez un bon sélectionneur étranger, votre budget devra être conséquent ...

— Tout à fait. C'est pourquoi, comme je vous l'ai dit, le ministère de la Jeunesse discute avec la fédération égyptienne de la possibilité d'accroître ses ressources financières pour augmenter le budget consacré à un sélectionneur étranger.

— Quand le nouveau sélectionneur sera-t-il désigné ?

— Dans 15 jours, comme je vous l'ai déjà dit. Nous choisirons celui qui convient le mieux. Je sais que cela n'empêchera pas la presse de dire que notre choix n'est pas le meilleur. C'est pourquoi je l'invite dès maintenant à donner son avis pour éviter les critiques futures. Celui qui veut proposer un sélectionneur peut me contacter. Le choix du sélectionneur relève de la responsabilité de tous les Egyptiens, et pas seulement de la fédération.

— D'autres décisions ont-elles été prises lors de la réunion du conseil d'administration de la fédération ?

— Oui. Après l'élimination de la CAN, nous avons accepté la démission de Talaat Fawwaz, membre du conseil. Nous avons aussi appelé Ahmad Chobeir, membre actif du conseil d'administration de la fédération, qui avait démissionné il y a 3 mois. Après de longues discussions, il a décidé de revenir, convaincu qu'il faut actuellement travailler à surmonter la crise.

— Le football égyptien est donc en crise ?

— Oui, sans aucun doute. L'Egypte est une grande nation du football africain. Se faire éliminer du premier tour de la CAN est sans aucun doute inacceptable. C'est un événement révélateur de la crise.

— D'autant plus que l'équipe olympique sera absente des JO 2004 et que l'équipe des moins de 19 ans a aussi été éliminée, en quarts de finale, de la Coupe du monde aux Emirats arabes unis …

— Non, non et non. Je refuse de concevoir le parcours de l'équipe des moins de 19 ans dans le Mondial comme un échec. Se faire éliminer par l'Argentine sur un but en or n'est pas pour moi un échec.

— Et en ce qui concerne la défaite de l'équipe olympique lors des éliminatoires des JO d'Athènes 2004 ...

— Là, vous avez raison. C'est un échec et nous avons réagi. Nous avons déjà accepté la démission de l'entraîneur Chawqi Gharib et celle de son cadre technique. Nous avons dissous l'équipe et demandé à Hassan Chéhata d'en former une nouvelle pour poursuivre les matchs des éliminatoires des JO.

— On s'attendait à ce que le conseil d'administration de la fédération démissionne dès son retour de Tunisie …

— Si nous l'avions fait, cela aurait été un refus d'affronter nos responsabilités. On ne devait pas fuir. Nous devions affronter les difficultés et rechercher une solution. C'est ce que nous faisons actuellement.

— Vous avez dit que les décisions prises lors de cette réunion l'ont été d'après votre rapport sur la performance de l'équipe en CAN. Pouvez-vous nous donner une idée des grands points abordés par ce rapport ?

— Sans citer de noms, ce que je peux dire c'est que la motivation de l'équipe n'a pas été suffisante. Il lui a manqué la rage de vaincre. La faute revient à tous les joueurs, sans exception.

— Mido est-il plus fautif que les autres ?

— Vous me posez cette question en référence à ce que la presse a dit de lui. A savoir qu'il se comporte comme un entraîneur qui donne des consignes tactiques à ses coéquipiers. Mido est un joueur de grande qualité. Il a fait de son mieux avec l'équipe et doit recevoir un traitement de faveur. A 20 ans, Mido est une vedette du football mondial. Supporters, défenseurs des équipes adverses et journalistes attendent beaucoup de lui. Mido aime son pays et voulait jouer un rôle décisif dans son équipe, c'est pourquoi il a cherché à diriger ses coéquipiers sur le terrain. Il ne faut pas le blâmer pour quelque chose qu'il a fait par amour de son pays.

— Les Egyptiens rêvent de voir leur équipe qualifiée pour la Coupe du monde. L'actuel conseil d'administration de la Fédération égyptienne de football est-il à la hauteur de cette attente ?

— Mohsen Saleh avait été demandé par le public, nous avons tout accordé à cet entraîneur : les camps de d’entraînement, les matchs préparatifs et l'arrêt du Championnat national pendant plus de 2 mois et demi. Aujourd'hui, nous voulons apporter à la sélection un cadre technique étranger de haut niveau pour concrétiser le rêve de tous les Egyptiens. Nous ferons de notre mieux et je souhaite récolter les fruits de ce travail très prochainement.

Propos recueillis par Amr Moheb

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