| Al-Ahram
Hebdo : Quelles sont les récentes publications
de votre secteur ?
Christian
Vélud : Nous avons deux grandes collections :
Les Cahiers des Annales Islamologiques (CAI), une
collection qui renvoie des monographies, des actes de
colloques. Nous publions chaque année entre trois et quatre
titres. A côté des cahiers, nous avons la plus ancienne
et prestigieuse collection : Les Textes Arabes
et Etudes Islamiques (TAEI). Il existe dans cette
collection de grands ouvrages classiques, notamment en
langue arabe, publiés à l'IFAO. Nous avons trois titres
qui vont sortir bientôt dans cette collection. Il faut
noter aussi que l'IFAO publie en arabe, les gens ne le
savent pas. On ne publie pas uniquement en français et
en anglais mais on publie aussi en arabe. On a énormément
de titres, par exemple, l'ouvrage de Mohamad Afifi et
André Raymond sur le divan du Caire (lire encadré). En
gros, l'IFAO publie entre 25 et 30 ouvrages par an dont
un tiers de ces publications relève de notre secteur.
Ainsi, à l'occasion de la toute récente Foire du livre,
on vient de publier les nouveaux numéros des études arabes
de l'IFAO : les Annales islamologiques et le Bulletin
des annales islamologiques (lire encadré).
— Vous
avez donc été présent lors de la Foire du livre ?
— A
l'occasion de la Foire, l'IFAO a fait aux visiteurs une
présentation de ces activités. Il y a eu également une
conférence donnée par le Dr Aymane Fouad Sayed, qui est
chercheur à l'IFAO et très grand spécialiste de toutes
nos publications littéraires arabes du Moyen-Age. Il vient
de publier le quatrième et le cinquième volumes de son
œuvre monumentale sur la nouvelle édition de Khitat
Al-Maqrizi. Lors de la conférence, il a fait une présentation
de son chef-d'œuvre.
— Votre
secteur effectue-t-il des fouilles ?
— Cette
section a toujours existé depuis la création de l’Institut
français d’archéologie orientale du Caire. L’un de nos
domaines est l’archéologie islamique, puisque encore une
fois l’IFAO est un institut d’archéologie. C'est depuis
le début sa vocation première. L’essentiel des fouilles
de notre secteur se tient au Caire avec deux grands programmes.
L’un, qui existe depuis une vingtaine d’années :
ce sont les site de Fostat et d'Istable Antar. C’est un
site très important parce qu'il s'agit d'une recherche
et des travaux de fouilles qui sont effectués sur la première
capitale de l'Egypte islamique. Ici, on retrouve vraiment
l’origine de l'islam en Egypte. C'est naturellement aussi
un site qui a connu des périodes importantes, notamment
sous le règne des Fatimides puisque c’était une nécropole
royale très importante. On continue à travailler, à fouiller
chaque année dans ce site important.
Il y a eu
plusieurs gros articles qui ont été publiés dans les Annales
islamologiques Actuellement, on est dans la phase de la
publication de grands domaines sur les verres, la céramique
et les tissus. En plus, il y a un manuscrit, qui j’espère
sortira bientôt, qui est une présentation générale du
site historique d’Istable Antar.
— Est
le second chantier ?
— Le
deuxième grand domaine d’archéologie islamique au Caire
est le secteur de la muraille médiévale du Caire sous
la direction d’un des membres scientifiques de l’IFAO,
Stéphane Bradine. Le programme de fouille dans ce site
se fait depuis trois ans et demi en collaboration avec
la Fondation Agha khan. Il s'agit de la muraille derrière
la mosquée Al-Azhar : c'est la muraille médiévale
des époques fatimide, ayyoubide et mamelouke. Donc, historiquement
c'est très important parce que ce sont vraiment les premières
enceintes de la ville du Caire. Il y a quantité de problématiques
soulevées et que Stéphabe Pradine prépare sous forme d'une
grosse monographie sous le titre général de la muraille
médiévale du Caire. Nous souhaitons justement prolonger
les fouilles de l'autre côté de la rue Al-Azhar.
Nous avons
d'autres secteurs de fouilles, notamment ceux qui se font
au Sinaï sur le site de la forteresse Al-Guindi, sous
la direction de Jean-Michel Mouton.
— Quels
sont vos projets de fouilles pour le futur ?
— Ces
chantiers vont se poursuivre puisqu'ils sont des chantiers
importants. Ce que nous aimerions aussi c'est peut-être
développer quelque chose dans le Delta. Pour l'instant,
c'est un projet. L'IFAO s'intéresse évidemment à un site
comme celui de Tanis, là où il y aurait des perspectives
intéressantes. Rien n'est encore décidé. Il y a des prospections
qui vont se faire mais nous aimerons bien participer actuellement
à tout ce qui se fait à la zone du Delta, qui est en fait
une zone très riche.
— Qu'en
est-il des études coptes ?
— En
archéologie copte, on a un chantier important, celui de
Baouit, au sud du Fayoum en Moyenne-Egypte. C'est une
ancienne fouille de l'IFAO qui se fait en partenariat
avec le musée de Louvre et qui fonctionne dans les années
1950 et 1960 et même au début du siècle, il y a eu des
interruptions. Ce chantier est à nouveau redémarré depuis
deux ans maintenant. On a également plusieurs programmes
développés, notamment sur les peintures coptes des grands
monastères de Sainte-Antoine et de Saint-Paul. Là, se
fait ce programme en partenariat avec notre institution
et l'institut hollandais avec lequel nous avons une longue
collaboration depuis de nombreuses années.
Autre chose
toujours pour le domaine copte, ce sont l'étude et la
publication des fonds documentaires coptes de l'IFAO.
Certes, nous avons une quantité d'ostracas, de manuscrits
qui sont à l'IFAO et qui sont en cours d'études pour publication.
C'est une documentation très riche, immense, qui demande
un travail énorme parce que ce sont très souvent de petits
fragments et qui permettent bien donc de donner un nouveau
regard sur l'histoire de l'Egypte durant la période médiévale.
Ce travail existe plus ou moins à l'IFAO mais là, il est
en réels renouvellement et développement depuis deux ou
trois ans. D'ailleurs, le renouvellement de ces études
correspond aussi au renouveau d'une de nos collections
d'éditions, la Bibliothèque des études coptes. Dans cette
bibliothèque, depuis de nombreuses années, plus rien n'était
publié. Et là, nous avons à nouveau de nombreux titres
qui se préparent. |